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Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe

Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe

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L’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE) est l’un des huit groupes siégeant actuellement au Parlement européen. En terme d’importance il est 4ème selon le nombre de député.e.s, derrière le PPE (Parti Populaire Européen), le S&D (Alliance progressiste des socialistes et démocrates) et le CRE (Conservateurs et Réformistes Européens), puisqu’il dispose de 68 sièges sur les 751.

Si l’ALDE tire ses origines en 1953 avec la création du groupe des Libéraux et apparentés (LIB), ce n’est qu’en 2004 qu’il prend sa forme et nom actuels. En effet, le 13 juillet 2004 le Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs (ELDR), évolution du LIB, fusionne avec le Parti démocrate européen (PDE) pour former l’ALDE telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Un groupe libéral résolument europhile

L’ALDE se définit comme un parti basé sur un socle de principes fondamentaux que sont la liberté, la démocratie, l’Etat de droit, les droits de l’homme, la tolérance et la solidarité. Profondément pro-européen, ce parti croit en l’Union européenne et désire se “battre pour réformer l’Europe, plutôt que d’assister à sa destruction. La réalité est que, si l’UE n’existait pas, nous devrions l’inventer.” (Guy Verhofstadt, président de l’ALDE). Ils exposent d’ailleurs sur leur site la volonté d’établir une Constitution européenne et de continuer l’élargissement de l’UE en accueillant de nouveaux Etats membres. L’ALDE regroupe majoritairement des partis centristes, défendant les valeurs libérales.

Elle joue ainsi régulièrement le rôle de pivot dans le système d’alliance pour créer ou défaire une majorité en se rapprochant soit des partis de gauche ou de droite que ce soit au sein du Parlement européen mais aussi aux échelles nationales pour former un gouvernement par exemple.

Composé de 67 partis politiques européens issus de pays membres comme extérieurs à l’Union européenne, l’ALDE est implanté dans la quasi-totalité des pays membres de l’UE à l’exception de la Grèce. On retrouve des partis comme Ciudadanos en Espagne, le Parti libéral démocrate (FDP) en Allemagne ou encore l’UDI et le Mouvement Radical en France.

Si l’ALDE peut paraître en retrait et faible face aux deux géants que sont le PPE et SD au niveau du Parlement européen, ce n’est pas le cas au niveau national. En effet, actuellement huit pays membres de l’Union européenne sont dirigés par un dirigeant appartenant à un parti politique membre de l’ALDE (sans compter LREM en France qui n’en fait pas partie). On retrouve ainsi les dirigeants de la République Tchèque, du Luxembourg, de Belgique, du Danemark, d’Estonie, des Pays-Bas, de la Slovénie et de la Finlande. On retrouve également certains de leurs membres au sein de gouvernements de coalitions comme c’est le cas en Roumanie, en Croatie, en Lettonie, en Suisse et au Kosovo.

Des élections prometteuse ?

Les élections européennes, qui se tiendront du 23 au 26 mai, sont d’une importance cruciale pour ce parti et pourraient marquer un important gain de sièges au Parlement européen en sa faveur. En effet, le contexte politique européen semble propice à ce que les partis de l’ALDE tirent leur épingle du jeu. L’Europe connaît une importante vague d’euroscepticisme, symbolisée par la recrudescence des partis populistes d’extrême droite qui composent les groupes Europe des nations et des libertés (ENL) et Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFD). Toutefois, cet euroscepticisme est également plus ou moins marqué chez de nombreux partis membres du PPE. Ainsi, l’ALDE essaye, et pourrait réussir, à s’imposer comme l’unique parti à la droite de l’échiquier pro-européen.

On retrouve cette attitude notamment en France avec Emmanuel Macron et la République en Marche (qui devrait vraisemblablement intégrer l’ALDE après les élections) qui s’auto-proclame chef de fil des “progressistes” face aux “nationalistes” ou “populistes”. Essayant ainsi de polariser l’échiquier politique autour de ce clivage en décrédibilisant les alternatives à gauche, elles-aussi pro-européennes.

L’ALDE pourrait ainsi gagner de nombreuses voix si les pro-européens concentrent leurs votes sur elle de peur des eurosceptiques. L’autre opportunité que pourrait connaître l’ALDE est un possible désagrégement du PPE. En effet, s’il est aujourd’hui le parti majoritaire au sein du Parlement européen, la cristallisation du clivage “progressiste-nationaliste” en Europe a démontré l’hétérogénéité des membres de ce parti et principalement leurs divergences profondes qui peuvent exister entre eux.

Bien que le Fidesz hongrois d’Orban ait été suspendu le 20 mars dernier, il semble toujours difficile d’énoncer une ligne claire pour ce parti comportant de nombreuses divergences internes. Ainsi, un affaiblissement voire une scission de ce parti pourrait être à prévoir avec des défections de ses électeur.rice.s mais aussi de ses partis membres soit vers l’ALDE si l’on penche côté pro-européen soit vers le CRE, l’EFD et l’ENL du côté eurosceptique.

Cet affaiblissement probable du PPE et qui sera certainement ressenti également au SD pourrait marquer l’augmentation exponentielle de l’importance de l’ALDE au Parlement européen. En effet, comme le souligne Yves Bertoncini “Pour la première fois depuis 1979, les deux groupes principaux n’auront sans doute pas la majorité à eux tous seuls”. Sans majorité détenue par un parti, une coalition sera nécessaire et en tant que groupe au centre de l’échiquier et d’autant plus très certainement en position renforcée au niveau du nombre de sièges, l’ALDE pourrait être le groupe politique central de la mandature 2019-2024 et des coalitions qui verront alors le jour.

Toutefois, ces succès ne sont que possibles et non certains. En effet, si l’ALDE dispose d’une fenêtre d’opportunité lors de ces élections, elle peut compter également sur un certain nombre de défis à relever. Premièrement, ses partis membres doivent essuyer le récent scandale survenu en début d’année avec le financement de ses congrès par des multinationales telles que Bayer, Google, Uber.

Si le groupe a annoncé le 12 mars dernier qu’il renonçait au sponsoring d’entreprises privées pour ses financements, ses adversaires s’en donnent à cœur joie d’attaquer les partis membres de l’ALDE sur ce sujet.

Deuxièmement, malgré les efforts pour le dissimuler, il existe d’autres groupes et partis politiques pro-européens qu’ils soient à droite ou à gauche de l’échiquier. Et parmi ces partis, un autre ensemble idéologique semble émerger et former un troisième pôle au sein de ce “clivage progressistes-nationalistes” : les écologistes. En effet, bien qu’intégré récemment au sein des programmes libéraux (comme dans tous les autres partis d’ailleurs), l’écologie reste majoritairement l’apanage des partis de gauche. Au moment où les citoyen.ne.s européens battent le pavé lors des marches pour le Climat, le vote écologiste, lui aussi pro-européen, peut paraître plus attrayant que le vote libéral.

Rendez-vous le 26 mai pour vérifier tout cela !


Alliance of Liberals and Democrats for Europe group

The Alliance of Liberals and Democrats for Europe (ALDE) is one of the eight groups currently sitting in the European Parliament. In terms of importance it is 4th according to the number of deputies, behind the EPP (European People’s Party), the S&D (Progressive Alliance of Socialists and Democrats) and the CRE (European Conservatives and Reformists), since it has 68 seats out of 751.

While the ALDE originated in 1953 with the creation of the Liberal and Related Group (LIB), it was not until 2004 that it took its current form and name. Indeed, on 13 July 2004, the European Liberal, Democratic and Reform Party (ELDR), an evolution of the LIB, merged with the European Democratic Party (EDP) to form the ALDE as we know it today.

A resolutely European liberal group

The ALDE is defined as a party based on a foundation of fundamental principles such as freedom, democracy, the rule of law, human rights, tolerance and solidarity. Deeply pro-European, this party believes in the European Union and wants to « fight to reform Europe, rather than witness its destruction. The reality is, if the EU did not exist, we would have to invent it. » (Guy Verhofstadt, President of the ALDE). They also set out on their website the desire to establish a European Constitution and to continue the enlargement of the EU by welcoming new Member States. The ALDE is mainly made up of centrist parties, defending liberal values.

It thus regularly plays the role of pivot in the alliance system to create or defeat a majority by getting closer to either left-wing or right-wing parties, whether within the European Parliament or at national level to form a government for example.

Composed of 67 European political parties from both Member States and outside the European Union, the ALDE is present in almost all EU Member States with the exception of Greece. There are parties such as Ciudadanos in Spain, the Liberal Democratic Party (FDP) in Germany and the UDI and the Radical Movement in France.

While the ALDE may appear to be left behind and weak in comparison to the two giants, the EPP and SD, at the European Parliament level, this is not the case at the national level. Indeed, currently eight European Union member countries are led by a leader belonging to an ALDE member political party (not to mention LREM in France, which is not part of it). This includes the leaders of the Czech Republic, Luxembourg, Belgium, Denmark, Estonia, the Netherlands, Slovenia and Finland. Some of their members are also members of coalition governments such as Romania, Croatia, Latvia, Switzerland and Kosovo.

Promising elections?

The European elections, which will be held from 23 to 26 May, are of crucial importance for this party and could mark an important gain in seats in the European Parliament in its favor. Indeed, the European political context seems favorable for the ALDE parties to make their mark. Europe is experiencing a significant wave of Euroscepticism, symbolized by the resurgence of far-right populist parties that make up the Europe of Nations and Freedoms (ENL) and Europe of Freedom and Direct Democracy (EFD) groups. However, this Euroscepticism is also more or less pronounced among many EPP member parties. Thus, the ALDE is trying, and could succeed, in establishing itself as the only party to the right of the pro-European chessboard.

This attitude can be found in France, in particular with Emmanuel Macron and the Republic in March (which should probably join the ALDE after the elections), which claims to be the leader of the « progressives » against the « nationalists » or « populists ». In this way, they try to polarize the political chessboard around this cleavage by undermining the credibility of the left-wing alternatives, which are also pro-European.

The ALDE could thus win many votes if the pro-Europeans concentrate their votes on it for fear of the Eurosceptics. The other opportunity that the ALDE could have is a possible disintegration of the EPP. Indeed, if it is now the majority party in the European Parliament, the crystallization of the « progressive-nationalist » cleavage in Europe has demonstrated the heterogeneity of the members of this party and mainly their profound differences that may exist between them.

Although Orban’s Hungarian Fidesz was suspended on the 20thMarch 2019, it still seems difficult to formulate a clear line for this party with many internal differences. Thus, a weakening or even a split of this party could be expected with defections of its voters but also of its member parties either towards the ALDE if we lean towards the pro-European side or towards the CRE, the EFD and the ENL on the eurosceptic side.

This probable weakening of the EPP, which will certainly also be felt in the SD, could mark the exponential increase in the importance of ALDE in the European Parliament. Indeed, as Yves Bertoncini points out, « For the first time since 1979, the two main groups will probably not have the majority on their own ». Without a majority held by a party, a coalition will be necessary and as a group at the core of the chessboard and certainly no longer in a strengthened position in terms of number of seats, the ALDE could be the central political group of the 2019-2024 mandate and the coalitions that will then emerge.

However, these successes are only possible and not certain. Indeed, while the ALDE has a window of opportunity during these elections, it can also count on a number of challenges to be met. First, its member parties must face the recent scandal at the beginning of the year with the financing of its congresses by multinationals such as Bayer, Google and Uber.

Although the group announced on 12 March that it was renouncing sponsorship of private companies for its financing, its opponents are having a great time attacking the ALDE member parties on this subject.

Secondly, despite efforts to conceal it, there are other pro-European political groups and parties on the right or left of the chessboard. And among these parties, another ideological group seems to be emerging and forming a third pole within this « progressive-nationalist cleavage »: the ecologists. Indeed, although recently integrated into liberal programs (as in all other parties), ecology remains largely the preserve of left-wing parties. At a time when European citizens are beating the pavement during the climate marches, the ecological vote, which is also pro-European, may seem more attractive than the liberal vote.

See you on May 26th to check all this out!

Antoine Picard

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