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Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe

Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe

L’Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe, plus connu sous son acronyme anglophone d’EFDD fait partie des huit groupes politiques que l’on peut aujourd’hui retrouver au sein du parlement européen. Son président à l’heure actuelle est le britannique Nigel Farage du parti Brexit.

Un rapide historique 

L’origine de l’EFDD peut être retracée à la création d’un autre groupe parlementaire, le groupe Indépendance/Démocratie. Ce dernier a été créé lors de la 6èmelégislature en 2004. Rassemblant une quarantaine d’eurodéputés de droite eurosceptiques, Indépendance/Démocratieavait pour programme de s’opposer à la mise en place de la constitution européenne, cette dernière se soldant par ailleurs par un échec en 2005, ainsi que de défendre le respect de l’identité culturelle et des traditions propres à chaque Etat membre. Ne disposant que de 23 sièges en fin de mandat, le groupe rencontra donc de grandes difficultés après les élections parlementaires et disparut faute de membres suffisants. Un nouveau groupe embrassant les valeurs souverainistes d’Indépendance/Démocratiefut alors formé le 1erjuillet 2009, composé essentiellement d’éléments issus de ce dernier ainsi que du groupe eurosceptique Union pour l’Europe des Nations(UEN). Baptisé l’Europe de la Liberté et de la Démocratie(EFD), ce groupe rassemble pas moins de dix partis nationaux et 34 eurodéputés au long de la 7èmelégislature. Ses Co-présidents Nigel Farage (RU) et Francesco Speroni (ITA) lui fixent une ligne directrice souverainiste, illustrée par exemple le 12 décembre 2013 par un vote contre une disposition visant à permettre qu’un nouveau traité européen s’applique à tous les Etats membres malgré un vote à la majorité qualifiée de ces derniers. A l’instar cependant de son groupe prédécesseur Indépendance/Démocratie,l’EFD connut des difficultés à se reformer suite aux élections européennes de 2014. Des défections vers d’autres groupes voient le groupe nouvellement renommé le 24 juillet 2014 Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe(EFDD) tel que nous le connaissons aujourd’hui disparaitre en octobre 2014, faute d’eurodéputés provenant d’au moins 7 Etats membres différents. Il est reconstitué dans la foulée grâce à l’adhésion de l’eurodéputé polonais Robert Iwaskiewics du parti d’extrême droite Congrès de la Nouvelle Droite.

Mandat 2014-2019 

Le début du mandat des eurodéputés groupe lors de la 8èmelégislature a été marqué par l’adhésion du parti italien mouvement cinq étoiles, au pouvoir aujourd’hui en Italie. L’alliance entre le parti italien et le parti britannique pro-Brexit UKIP, les deux partis ayant le plus de poids au sein du groupe a été lourdement mise en cause en janvier 2017 en raison du Brexit que le mouvement cinq étoiles ne soutient pas. La volonté du parti italien de faire sécession pour rejoindre le groupe centriste ADLE a échoué cependant après que ce dernier ait refusé leur adhésion. Si ces tensions témoignent bien d’un manque de cohérence certain au sein du groupe, l’EFDD comprend à ce jour 41 eurodéputés issus de sept Etats membres et n’a pas connu de défection réussie de partis politiques depuis sa reconstitution en octobre 2014.

Nigel Farage, président du groupe depuis 2009 a pu coordonner une certaine continuité dans la position défendue par le groupe au long de la 8èmelégislature. C’est ainsi que la dimension souverainiste de l’EFDD par ailleurs accentuée par l’adhésion du mouvement cinq étoiles a pu être démontrée par ses eurodéputés par une prise de position contre l’Espagne lors du référendum de l’indépendance de la Catalogne en 2017, soutenant par ailleurs toute initiative référendaire populaire, même illégale. Le rejet du traité de Lisbonne, la défense de la coopération libre entre Etats ainsi que de l’identité culturelle propre à chaque Etat membre sont par ailleurs au centre des préoccupations du groupe. Sous la 8èmelégislature, l’EFDD a également pris une position encore plus radicale envers l’immigration notamment dans le contexte de la crise migratoire de 2015. C’est ainsi que le groupe a publiquement dénoncé les actions du président de la commission Jean-Claude Juncker qui selon eux avait « ouvert la porte aux réfugiés », à l’instar de l’eurodéputé italien membre de l’EFDD Ignacio Corrao en 2017 : « L’Italie est devenue le camp de réfugiés de l’Europe. ».

Membres proéminents du groupe lors du mandat 2014/2019

Nigel Farage

Créateur et chef du parti politique du Brexit UKIP de 2004 à 2016, Farage est une des figures du Brexit et du rejet de l’Union Européenne au Royaume Uni. Economiquement critique de l’euro, le britannique s’est également montré par le passé en opposition avec la politique de mise en place d’éoliennes par le premier ministre James Cameron. A l’instar de l’EFDD, Farage s’est également opposé aux politiques d’immigration au sein de l’UE lors de la crise migratoire, dénonçant la majorité des migrants d’être des migrants économiques et non des réfugiés. Si la tenue des élections européennes a longtemps été incertaine au vu de la sortie prochaine du RU, la campagne a finalement été lancée le 12 avril après qu’un report du Brexit jusqu’au 31 octobre ait été accordé par l’Union Européenne. Aujourd’hui membre du parti politique du Brexit après avoir quitté UKIP, Farage et son nouveau parti sont en tête des sondages d’intention de vote.

Beatrix Von Storch 

Vice-présidente du parti allemand d’extrême droite Alternative für Dutschland, Von Storch a quitté le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) pour rejoindre l’EFDD en 2016. Originellement critique de l’euro, l’eurodéputée a développé une position davantage anti-immigration suite à la crise migratoire de 2015, ayant notamment explicité dans une interview qu’elle pourrait laisser tirer des gardes-frontières sur des immigrés illégaux. Elue au Bundestag, le parlement allemand, en septembre 2017, la vice-présidente de l’AFD a quitté ses fonctions d’eurodéputée en suivant et a été remplacée Jorg Meuthen.

Florian Philippot 

Ancien Vice-président du FN, Philippot a créé son propre parti Les Patriotes en 2017. Partisan du « souverainisme intégral » selon ses propres dires, il milite pour un « Frexit » depuis l’annonce du retrait des britanniques en juin 2016. Tête de liste de son parti pour les élections du 26 mai, Philippot restera à nouveau dans un progamme d’euroscepticisme et d’opposition aux institutions en cas de rééelection au sein de la 9ème législature.

Des élections bénéfiques pour le Groupe ?

Selon une prévision faite par l’institut Kantar en février 2019, les effectifs de l’ensemble des groupes d’extrême droit et de droite populiste devraient rester stables avec l’EFDD qui est prévu de remporter à nouveau une quarantaine de sièges. Cette prévision a néanmoins été faite avant le report du Brexit, ce dernier implique donc que les élections seront également tenues au Royaume Uni où les sondages mi-avril donnent le parti du Brexit en large favori, regroupant 27% des intentions de vote. Ce nouveau tournant dans les tumultueuses négociations du Brexit mènent donc à penser que l’EFDD pourrait voir ses rangs se renforcer de manière prononcée avec des eurodéputés britanniques le 26 mai prochain.

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