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Europe des nations et des libertés

Europe des nations et des libertés

Sources : https://enl-france.eu/

Un groupe parlementaire récent répondant au développement contemporain de l’euro-scepticisme.

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Siégeant au début de la législature 2014/2017 en tant que « non inscrits », refusant de s’allier à aucun des groupes parlementaires pré-existants, les membres du parti qui se nommait alors l’Alliance européenne pour la liberté, avec à sa tête Marine Le Pen(Front National), Geert Wilders(PVV) et Matteo Salvini(Ligue du Nord), ont finalement été rassemblés en juin 2015 au sein du groupe parlementaire de L’Europe des nations et des libertés (ENL).

Presque concomitamment, Nigel Farage leader de l’UKIP ayant refusé de s’allier au parti d’extreme droite français, forme quant à lui le second pilier euro-sceptique du Parlement : l’Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD).

Une présidence bicéphale.

Depuis son émergence en 2015, le groupe parlementaire a toujours été co-présidé. Aujourd’hui, la mission de diriger le groupe le plus à droite de l’échiquier politique au sein de l’institution strasbourgeoise, revient au néerlandais Marcel de Graaff appartenant au Parti pour la liberté aux Pays-Bas, ainsi qu’au français Nicolas Bay du Rassemblement National en France.

Des présidents en charge de maintenir une certaine constance dans leurs décisions afin rester dans la lignée des idéaux du parti :

« Aujourd’hui, nous défendons, pour l’Europe, un fonctionnement plus démocratique, avec la réelle mise en œuvre du principe de subsidiarité ; une Europe qui protège l’économie de nos nations, c’est-à-dire par des coopérations, faire en sorte que nous ne subissions pas la concurrence déloyale ; sortir de cette logique du libre-échange débridé ; et, bien sûr, nous protéger contre l’immigration massive, qui est aujourd’hui le grand défi des nations européennes. Et l’Union européenne a non seulement permis, mais elle a organisé et accéléré cette submersion migratoire. »

Sources :

Nicolas Bay ( à gauche ) : http://nicolasbay.fr/

Marcel de Graaf : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/125025/MARCEL_DE+GRAAFF/home

Un parti en expansion au service du groupe parlementaire.

En octobre 2014, l’Alliance européenne pour la liberté, disparait au profit du Mouvement pour une Europe des Nations et des Libertés. Par conséquent, c’est ce nouveau parti politique européen qui servira de point d’ancrage depuis son siège à Paris au groupe parlementaire à Strasbourg.

En effet, sous la houlette de son président l’euro-député flamand Gerolf Annemans, celui-ci fédère l’ensemble des membres du Front national de l’époque ainsi que ses alliés : les italiens de la Ligue du Nord, les Autrichiens du FPÖ, et les Flamands du Vlaams Belang.

Mais comme l’explique Nicolas Bay « le MENL comprend également des partis qui ont été créés récemment et ne sont pas encore représentés à Bruxelles. C’est le cas de Volya, parti bulgare fondé par Veselin Mareshki en 2016 et qui a obtenu l’année suivante 12 députés au parlement national. À l’heure actuelle, tous partis confondus, pas moins de 333 parlementaires sont membres du MENL, donnant à nos formations respectives une force de frappe inédite. »

Un groupe d’extrême droite hétéroclite.

À l’instar de bon nombre d’autres groupes parlementaires européens, l’ENL est composé de députés issus de pléthore de différents partis nationaux. Par conséquent, le consensus parfait étant impossible à trouver entre eux tous, le groupe repose néanmoins sur un socle commun d’idéologies rassemblant la grande majorité des euro-députés.

En effet à en croire l’historien Nicolas Lebourg « leur minima idéologique commun est l’islamophobie, le rejet de l’immigration extra-européenne, la revendication d’une démocratie plus directe ». À l’inverse par exemple l’historien souligne que « seul le FN adopte une conception économiquement interventionniste de l’État ». À l’étude de cette base commune, il ressort que le projet défendu par l’Europe des nations et des libertés est empreint de nationalisme plus ou moins poussé, prenant à certains égards la teinte de l’euro-scepticisme promouvant tant que possible le retour à une souveraineté nationale prépondérante plus ou moins marquée dans certains cas par une volonté isolationniste.

« Face à l’Union européenne aveugle et sourde aux aspirations des peuples et qui a trahi tous ses principes fondateurs, nous rappellerons les actions menées pour protéger nos économies et nos emplois, assurer la sécurité de nos concitoyens, lutter contre l’immigration massive, afin de construire une Union des nations européennes fondée sur la libre coopération entre les États et le respect de la volonté des peuples »

colloque des députés européens ENL France : « Pour un nouveau projet européen : construire une union des nations européennes »

Un positionnement très appuyé contre l’immigration extra-européenne.

Attribuant aux institutions européennes avec en premier chef la Commission, non pas toute la responsabilité de la mauvaise gestion de la crise migratoire, mais l’accusant de l’avoir aggravée en la favorisant par les prérogatives qui étaient à sa disposition, l’ENL reproche aux décideurs de l’Union de ne pas avoir attaché d’importance aux conséquences économico-sociales, qu’allait avoir un tel événement sur les ressortissants européens. En effet, ce serait selon eux, la mise en place d’ « une législation, une jurisprudence et des mécanismes favorables » à ce phénomène qui aurait mené à un tel résultat.

« À ceux qui prétendent que l’homme serait un Homo migrans, les frontières des obstacles à abattre, les nations des vestiges du passé appelés à disparaître dans un avenir proche, nous répondons que l’Humanité n’est pas vouée à devenir un agrégat d’individus interchangeables, déracinés, déculturés. C’est en faisant preuve de solidarité avec les dirigeants et intellectuels actuels qui luttent pour la protection de leur peuple et en dénonçant sans relâche les trahisons dont les Européens sont victimes que nous saurons retrouver la voie menant à une identité, une prospérité et une sécurité retrouvées. »

Une position qui se veut radicale, une tendance aux réactions acerbes sur les sujets les plus controversés, des mots qui frappent et un discours désarçonnant qui dénote comme à l’accoutumée de l’ensemble des opinions défendues par les autres groupes. Telle est, à supposer que cette citation n’en soit qu’une démonstration concrète, la stratégie la plus souvent adoptée par ce groupe parlementaire, bien décidé à faire remarquer autant que possible, sa différence.

La plus faible représentation au sein du Parlement européen.

L’ENL est à ce jour le parti comptant le moins de sièges au Parlement européen. En effet, on dénombre seulement 37 députés européens au sein de l’institution strasbourgeoise soit à peine 4,5% de la population de l’hémicycle.

Ainsi à l’intérieur du groupe de L’Europe des nations et des libertés, certains partis

nationaux sont majoritaires à commencer par la France avec le Rassemblement national représenté par 15 sièges, l’Italie comptant 6 sièges au total dont 5 appartenant à la Ligue du Nord et un Indépendant et enfin les Pays-Bas avec 4 siègesrelevant du Parti pour la liberté. Un faible nombre qui devrait pourtant augmenté à l’issue du mois de mai 2019, selon les sondages (cf : graphique prévisions au 25 février 2019).

Source : Parlement européen

Un avenir prometteur à l’issue des élections de mai 2019.

Les prévisions nationales, servant les sondages relatifs aux élections de mai 2019 ont laissé supposer que l’ENL puisse considérablement évoluer vers une hausse de sa représentativité. En effet, au vue des scores pronostiqués concernant le Rassemblement national qui rassemblerait 21% des voix en France selon les derniers sondages et de la Liga en Italie qui verrait le nombre de ses euro-députés presque multiplié par cinq. À cette échelle, « l’ENL passerait de 4,5 à près de 9% des sièges au Parlement européen, soit l’équivalent d’une soixantaine de sièges »

Alors qu’ils ne constituent pour l’instant que 10% des députés dans l’hémicycle européen, les deux partis d’extreme droite (ELDD et ENL) devraient selon les sondages représenter près de 15% de l’ensemble des euro-députés durant la prochaine législature. En effet, c’est donc une évolution florissante de l’euro-scepticisme qui est présagée, faisant craindre pour la continuité du projet européen et l’amoindrissement des possibilités d’intégration plus poussée dans un futur plus ou moins proche.

Sources : Agrégats de sondages nationaux – Avril 2019 in touteleurope.eu


Europe of Nations and Freedom

A recent parliamentary group responding to the contemporary development of Euroscepticism.

Sitting at the beginning of the 2014/2017 legislature as « unregistered », refusing to ally with any of the pre-existing parliamentary groups, the members of the party which was named the European Freedom Alliance, with leaders Marine Le Pen (National Front), Geert Wilders (PVV) and Matteo Salvini (Northern League), were finally gathered in June 2015 within the parliamentary group of Europe of Nations and Freedoms (ENL)

Almost simultaneously, UKIP leader Nigel Farage, who refused to ally the French extreme party, formed the second euro-skeptical pillar of the Parliament: the Europe of freedom and direct democracy (EFDD).

Sources : https://enl-france.eu/

A two-headed presidency.

Since its emerging in 2015, the parliamentary group has always been co-chaired. Today, the mission to lead the group on the far right of the political spectrum in the institution of Strasbourg, returns to Marcel de Graaff belonging to the Party for Freedom in the Netherlands, as well as French Nicolas Bayfromthe National Rally in France.

These presidents are in charge of maintaining a certain consistency in their decisions to stay in line with the ideals of the party: « Today, we defend, for Europe, a more democratic functioning, with the real implementation of the principle of subsidiarity ; a Europe that protects the economy of our nations,that is, through cooperation, to ensure that we do not suffer unfair competition; to get out of this logic of unbridled free trade; and, of course, protect us from massive immigration, which is today the great challenge of the European nations. And the European Union has not only allowed, but it has organized and accelerated this migratory submersion. »Le Point

Sources :

Nicolas Bay ( left ) : http://nicolasbay.fr/

Marcel de Graaf : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/125025/MARCEL_DE+GRAAFF/home

An expanding party serving the parliamentary group.

In October 2014, the European Alliance for Freedom, disappears in favor of the Movement for a Europe of Nations and Freedoms. Therefore, it is this new European political party that will serve as an anchor point from its Paris headquarters to the parliamentary group in Strasbourg.

Indeed, under the leadership of its president the Flemish Euro-Deputy Gerolf Annemans, it federates all the members as well as its allies : the Italians of the Northern League, the Austrians of the FPÖ, and the Flemish of the Vlaams Belang.

But as Nicolas Bay explains, « the MENL also includes parties that were recently created and are not yet represented in Brussels. This is the case of Volya, a Bulgarian party founded by Veselin Mareshki in 2016 and which won the following year 12 deputies in the national parliament. At present all parties combined, no less than 333 parliamentarians, are members of the MENL, giving our respective formations a new strike force. « 

A heteroclite far right group.

Like many other European parliamentary groups, the ENL is composed of MPs from many different national parties. As a result, since the perfect consensus is impossible to find among them all, the group nevertheless rests on a common base of ideologies bringing together the vast majority of Euro-deputies.

In fact, according to the historian Nicolas Lebourg,« their common ideological minimum is Islamophobia, the rejection of extra-European immigration, the demand for a more direct democracy ». Conversely, for example, the historian emphasizes that « only the FN adopts an economically interventionist conception of the state ». The study of this common basis shows that the project defended by the Europe of nations and freedoms is marked by more or less advanced nationalism, taking in some aspects the tinge of Euro-scepticism, promoting as much as possible the return to a preponderant national sovereignty more or less marked in some cases by an isolationist will.

« In the face of the blind and deaf European Union, which has betrayed all its founding principles, we will recall the actions taken to protect our economies and our jobs, ensure the safety of our fellow citizens, fight against mass immigration, in order to build a Union of European Nations based on the free cooperation between the States and the respect of the will of the peoples « conference of the European deputies ENL France: » For a new European project: to build a union of the European nations « 

A very strong position against non-European immigration.

Attributing to the European institutions with first of all the Commission, not all responsibility for the mismanagement of the migration crisis, but accusing herof having aggravated it by favoring it by the prerogatives that were at its disposal, the ENFcriticizes Union decision-makers not to attach importance to the economic and social consequences that such an event would have on European nationals. According to them, it would be the introduction of « legislation, case law and favorable mechanisms » for this phenomenon that would have led to such a result.

« To those who claim that man is a Homo migrans, the frontiers of the obstacles to be brought down, the nations of the remnants of the past destined to disappear in the near future, we answer that humanity is not destined to become an aggregate interchangeable individuals, uprooted, deculturated. It is by showing solidarity with the current leaders and intellectuals who fight for the protection of their people and tirelessly denouncing the betrayals of which Europeans are victims that we will find the way to an identity, prosperity and security. found. « 

A radical position, a tendency to harsh reactions on the most controversial topics, words that strike and a disconnected speech that denotes as usual from all other opinions defended by other groups. Such is, if this quotation is only a concrete demonstration, the strategy most often adopted by this parliamentary group, determined to point out as much as possible, its difference.

The lowest representation in the European Parliament.

ENL is currently the party with the fewest seats in the European Parliament. Indeed, there are only 37 MEPs in the Strasbourg institution or just 4.5% of the population of the hemicycle.

Thus within the group of the Europe of Nations and Freedom, certain national partiesare the majority, starting with France with the Rassemblement National represented by 15 seats, Italy having 6 seats in total including 5 belonging to the Northern League and one Independent and finally the Netherlands with 4 seats under the Party for the freedom. A small number that should yet increased at the end of the monthof May.

Source : European Parliament

A promising future after the elections of May 2019.

National forecasts, serving as polls for the May 2019 elections, have suggested that the ENL can significantly evolve towards an increase in its representativeness. Indeed, in view of the predicted scores on the National Gathering that would gather 21% of votes in France according to the latest polls and the Liga in Italy that would see the number of its euro-deputies almost multiplied by five. At this scale, « the ENL would rise from 4.5 to almost 9% of the seats in the European Parliament, equivalent to about 60 seats ».

While they constitute for the moment only 10% of the deputies in the European hemicycle, the two parties of extreme right (ELDD and ENL) should according to the polls represent nearly 15% of all the euro-deputies during the next legislature. Indeed, it is a thriving evolution of euro-skepticism that is presaged, raising fears for the continuity of the European project and the reduction of the possibilities of further integration in a more or less near future.

Sources : National Survey Aggregates – April 2019 in touteleurope.eu

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