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Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique

Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique

En cette période de campagne des élections européennes, European Horizons vous propose de revenir sur les partis politiques du Parlement européen.

En effet, les députés du Parlement européen siègent en fonction de leurs affinités politiques, au sein de huit groupes différents. Pour former un groupe, un minimum de 25 députés est nécessaire, et les députés doivent représenter au moins un quart des États membres.

Aujourd’hui, EuH vous propose de se pencher sur le parti du GUE, qui est la Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique.

Dear reader, European Horizons also offers a version written entirely in English. You can find it just after the French version.

Le Groupe confédéral de la Gauche Unitaire Européenne-Gauche Verte Nordique (GUE/NGL), est né en le 14 juillet 1994 sous le nom de GUE. Il devient GUE/NGL en janvier 1995 suite à l’entrée dans l’UE de la Suède et de la Finlande, qui intègrent les partis de la gauche verte nordique dans la GUE.

Le GUE/NGL regroupe des partis de gauche aux affinités socialistes, antilibérales voire parfois communistes, tels que le Parti de la gauche européenne (PGE), la Gauche anticapitaliste européenne ou encore l’Alliance de la Gauche Verte nordique.

Depuis les élections européennes de 2014, ce groupe regroupe 52 députés européens, ce qui fait de lui la sixième force politique du Parlement européen actuel.

Un parti alter-européen, réformiste ou révolutionnaire ?

« Le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne est profondément attaché à la construction européenne encore que d’un type différent de celle actuellement en place: une construction basée sur des institutions pleinement démocratiques.»Cela est affirmé par ladéclaration constitutionnelle du GUE/NGL, signée le 14 juillet 1994, établissant sa position politique, une position opposée à la construction européenne actuelle et pourtant « profondément attachée à la construction européenne », que l’on qualifie d’alter-européenne. Pour mettre en œuvre cette politique, la déclaration propose trois principes en faveur de la construction d’une Europe différente.

Elle propose d’une part un nouveau modèle de développement écologique et social afin de « créer un espace social commun qui offrirait des droits égaux au plus haut niveau à tous les citoyens ». Cette valeur promise par la déclaration est d’autant plus probante aujourd’hui que l’année 2019 est marquée par un réveil citoyen quant à l’urgence écologique, réveil incarné par des Marches pour le Climat suite à l’appel de la jeuneGreta Thunberg.

D’autre part, la déclaration promeut une évolution catégorique des institutions pour les rendre plus démocratiques et répondre ainsi au déficit démocratique reproché aux institutions de l’UE, « faire table rase du déficit démocratique tel qu’il est confirmé par le traité de Maastricht et des politiques monétaristes et néolibérales qui l’accompagnent ». L’UE est confrontée depuis les premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct en 1979 à un déficit démocratique que lui reprochent les citoyens et les politiciens les moins favorables à l’Union actuelle.

Enfin, la déclaration avance une politique de codéveloppement et de coopération équitable entre les États membres« Soucieuse d’approfondir ses liens de solidarité et de coopération avec les autres pays européens ». Elle promet par cette affirmation un rééquilibrage des pouvoirs au sein des institutions afin que les plus petits États membres aient aussi leur mot à dire.

Le GUE/NGL n’a pas une position très claire sur les moyens à utiliser pour réaliser ses projets, les groupes le composant sont parfois en désaccord, certains souhaitent une réforme institutionnelle de l’Union et d’autres une véritable « révolution » pour« faire table rase avec Maastricht »et réinventer l’UE.

Quelles propositions du GUE pour 2019 ?

A l’occasion de différentes conférences de presse, le groupe a eu l’occasion de donner les grandes lignes de ses propositions pour les élections de mai 2019.

D’un point de vue économique, le groupe promet d’établir une taxe sur les transactions financières, il entend ainsi lutter contre une libéralisation trop importante, et rejoint ainsi son objectif de lutte contre les «politiques monétaristes et néolibérales ».

D’un point de vue environnemental, le GUE/NGL propose un programme non pas seulement européen, mais mondial, d’aide à l’adaptation au réchauffement climatique dans les pays les plus pauvres. Il souhaite ainsi assurer un respect effectif des engagements pris par l’Union à Kyoto le 11 décembre 1997 et instaurer le principe du « pollueur payeur ». Le protocole Kyoto est régulièrement étendu, l’Union étant sur le devant de la scène pour proposer de nouvelles mesures contre le réchauffement climatique, lors du Sommet de Doha en décembre 2012, puis de la COP21 en 2015, le protocole s’est étendu jusqu’en 2020. Les États signataires, dont les EM de l’UE, se sont engagés à respecter de nouveaux objectifs en vue de la limitation du réchauffement climatique.

Sur le plan de la politique migratoire, le GUE/NGL prévoit de faire fermer tous les centres de rétention. Il souhaite mettre en œuvre une politique de migration légale et faire participer les migrants à la vie politique du pays d’accueil, afin de favoriser une meilleure intégration de ceux-ci au sein de l’UE.

Sur le plan sociétal, le GUE/NGL souhaite rompre avec la flexibilité des conditions de travail actuelles et instaurer une politique de l’emploi axée sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Il met ainsi en avant l’importance de l’équilibre de vie des citoyens européens et souhaite lutter contre des conditions de travail trop difficiles.

En ce qui concerne la politique extérieure, le GUE/NGL adopte une position pacifiste et refuse la création d’une armée européenne, même de forces d’intervention européennes, ce refus n’a d’ailleurs pas évolué depuis 1994, car il était affirmé dans la déclaration constitutionnelle « Des instruments militaires ne sauraient être le garant d’une paix solide ». Le groupe, cependant, « demande à l’Union européenne de prendre une part politique active à la résolution des conflits ».Le groupe propose en effet un renforcement des relations avec les pays du Sud en vue d’une mondialisation plus équitable.

Le groupe s’est par exemple prononcé sur la possible adhésion de la Turquie en soulignant que celle-ci implique le respect des droits de la population Kurde.

Un horizon stagnant pour le GUE/ NGL en 2019

De nombreux États membres tels que dans les pays du Visegrad ( Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie) connaissent depuis quelques années une montée de partis populistes d’extrême droite en réaction à l’inaction des partis classiques de droite/ gauche qui ne trouvaient que difficilement des solutions aux crises traversées par l’Union ( crise des PECO à partir de 2004, puis crise des Subprimes en 2008 et de la Grèce, puis crise migratoire dans les années 2010).

Cette extrême droite menace le GUE/NGL, en raison de son programme migratoire et environnemental totalement opposé.

Cette montée de « populisme » existe aussi dans des partis d’extrême-gauches, tels que Podemos en Espagne ou La France Insoumise en France, pour les mêmes raisons, les citoyens se tournent vers de nouvelles propositions, déçus par les partis au pouvoir. En 2014, l’essor de Podemos et d’un autre parti espagnol, la Gauche Unie avait apporté 18 nouveaux députés au GUE/NGL.

En mai 2019, le parti de La France Insoumise devrait apporter quelques nouveaux sièges au GUE/NGL, les sondages prévoient en effet pour ce parti environ 9,5 % des intentions de vote en France. Cette poussée serait cependant limitée par la perte des trois eurodéputés italiens, qui ferait que, selon différents sondages, le GUE/NGL stagnerait à environ 7% des sièges du futur Parlement européen, soit une cinquantaine de sièges.

Le groupe d’extrême gauche pourrait aussi profiter d’un climat social délétère dans de nombreux États membres et ainsi empiéter sur le score de l’alliance des Socialistes et Démocrates, mais il ne faut pas s’attendre à une grande évolution des sièges du parti.


European United Left – Nordic Green Left

During this time of European Parliament elections campaign, European Horizons offers to introduce the political parties of the European Parliament.

Indeed, the MEPs are sitting with their political affinities, within eight different groups. To constitute a group, a minimum of 25 deputies is needed, and these deputies must represent at least a quarter of the Member States.

Today, EuH offers to focus on the EUL/ NGL, which is the European United Left/ Nordic Green Left.

The European United Left/ Nordic Green Left was created on July 14th1994, known as the European United Left. In January 1995, it became the EUL/ NGL as Finland and Sweden join the EU and incorporate the Nordic Green Left parties to the EUL.

The EUL/ NGL gathers left-side parties with socialist, anti liberal, and even communist affinities, such as the European Left Party, the European Anti-Capitalist Left or else the Nordic Green Left Alliance.

Since the 2014 EP elections, the EUL has 52 MEPs and is therefore the sixth political strength of the current European Parliament.

An alter-European party, reformist or revolutionary ?

«The Confederal Group of the European United Left is firmly committed to European integration, although in a different form from the existing model. We want to see integration based on fully democratic institutions. »This is affirmed by the EUL Constituent Declaration, signed on July 14th1994. This declaration sets the EUL political stance, an alter-European position which is opposed to the current European construction and yet “firmly committed to European integration”. In order to implement this policy and to build a new Europe, the declaration suggests three guidelines.

The declaration puts forward a new pattern of environmental and social development so as to “create a common social area that provides equal rights at the highest level for all citizens ». This promise is even more compelling today as 2019 is characterized by a citizen awakening regarding the climate emergency after Greta Thunberg call for Climate Marches.

Moreover, the Constituent Declaration promotes an outright evolution of the institutions thanks to which they would become more democratic and answer the democratic deficit they are facing,“we want to see a different Europe, without the democratic deficit which the Treaty of Maastricht served to confirm and free from the neo-liberal monetarist policies that go with it”. Indeed, since the first direct elections of the European Parliament in 1979, some citizens and politicians skeptic about the current EU are blaming Brussels of a democratic deficit.

Finally, the Constituent Declaration suggests a policy of codevelopment and fair cooperation between the Member States « In order to deepen its ties of friendship, solidarity and cooperation with the other countries of Europe ». With this sentence, the EUL/ NGL means to rebalance the powers within the institutions so that the smaller Member States have a voice.

The political group doesn’t have a very clear stance on the means to achieve its plans, as its different member groups don’t always agree, some would like an institutional reform whereas others want a true “revolution” to reinvent the EU, they want an Union “without the democratic deficit which the Treaty of Maastricht served to confirm.”

What does the EUL/NGL proposes for the 2019 EP elections ?

During some press conferences, the EUL/NGL gave the main guidelines of its proposals for the 2019 EP elections.

Economically, the Group means to establish a new tax on financial transactions in order to tackle too much liberalization, and therefore complete its goal of fight against “the neo-liberal monetarist policies”.

Environnementally, the EUL/NGL wants to set a wordwide, and not only european, adjustement aid program to face the global warming in the weakest States. This program is due to ensure an efficient compliance of the Union commitments taken in Kyoto on December 11th1997, and to initiate the polluter-pay principle. The Kyoto agreement is often extended, the EU is forefront to suggest new measures to tackle the global warming, during the Doha Summit in December 2012, then the COP21 in 2015, the Protocol has been expanded to 2020. The signatory countries, including the EU Member States, are committed to respect new goals in order to limit the climate warning.

On the migration policy front, the group foresees to shut down every detention centers. It wishes to set a legal migration policy and to involve the migrants into the polical life of their host country, so as to encourage a better intergration for them within the EU.

On the societal level, the EUL/NGL wants to break up with the flexibility of the current working conditions and to start an employement policy focused on the balance between working life and personal life. The Group puts forward the utmost importance for european citizens to have a well-balanced life, and wants to tackle too difficult work-conditions.

Concerning the foreign policy, the alter-European party endorses a pacific position and refuses the creation of an European army, even of european intervention forces, this refusal has not evolved since 1994, it was asserted by the Constituent Declaration “A secure peace cannot be guaranteed by military instruments”. The political group does however ask the EU to take an active role in resolving conflicts. The EUL/ NGL suggests to strengthen relations with southern countries in order to have a fairer globalization. For instance, the group spoke out on the possible adherence of Turkey, emphasising that this implicates the respect of the Kurdish population rights.

A stagnating horizon for the EUL/NGL in 2019

For some years, many Member States such as the Visegrad countries (Hungary, Poland, Czech Republic and Slovakia) are facing a rise of far-right populism in response to the inaction of more classic right/left parties struggling to find solutions to the EU recent crisis (the CEECs crisis in 2004, the Subprimes crisis in 2008, the migratory crisis in the years 2010).

This far-right is threathening the EUL/NGL mainly because of its migratory and environmentally stances totally opposed.

The rise of populism also exists in far-left parties, such as Podemos in Spain or La France Insoumise in France, for the very same reasons, citizens are disappointed by the ruling parties, they turn to new proposals. In 2014, the boost of Podemos and of another spanish party, the United Left, had brought 18 new MEPs to the EUL/NGL.

In May 2019, La France Insoumise should bring some new seats to the EUL/NGL, the surveys predict around 9,5% of French voting intentions for this party. This growth would be limited by the loss of the three italians MEPs that would cause a stagnation of the EUL/NGL with 7% of the seats of the European Parliament, which represent around fifty seats.

The EUL/NGL might also take advantage of a a deleterious social climate in many Member States and therefore intrude on the score of the Socialists and Democrats Alliance, but we shouldn’t expect a major evolution of the EUL/NGL seats.

Mathilde Flamant

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