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Groupe Conservateurs et réformistes européens

Groupe Conservateurs et réformistes européens

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Les élections européennes du dimanche 26 mai prochain semblent bien être celles d’un changement majeur au sein du Parlement européen à en croire les plus récents sondages. Celui-ci pourrait venir de la droite de l’échiquier politique européen.

En effet la gauche traditionnelle est morcelée, affaiblie, en France, en Italie, en Hongrie, parfois même quasi inexistante, comme en Pologne. Dans le cas français, la Gauche traditionnelle se trouve vampirisée à la fois par la gauche radicale et par le centre. Dans ce contexte, c’est à droite que les concepts d’unité et d’alliance semblent les moins ubuesques. Pour le moment, hormis le PPE, premier groupe du parlement et logiquement le plus puissant, on compte trois formations à droite : les Conservateurs et réformistes européens (77 sièges), l’Europe des nations et des libertés (37 sièges) et l’Europe des nations et de la démocratie directe (41 sièges).

De ces trois groupes politiques situés à droite du PPE, le plus nombreux et donc le plus influent est, depuis 2014, celui des Conservateurs et Réformistes européens (CRE). Pour ce groupe, l’élection européenne à venir peut soit lui donner encore plus de poids européen s’il parvient à rassembler les droites nationalistes et antifédéralistes, soit être le théâtre d’une hémorragie électorale au profit de l’ENL, plus radical mais moins représenté pour le moment.

Leur vision de l’Europe : un euroscepticisme modéré

Ce groupe, souvent qualifié d’eurosceptique, prône les valeurs de souveraineté politique nationale, de protectionnisme économique et du conservatisme culturel et sociétal. A bien des égards, l’élection européenne du 26 mai apparaît comme un enjeu majeur pour cette force politique. En fait, la question qui se pose pour eux en perspective des élections, c’est de continuer à incarner une alternative crédible à droite et de ne pas se voir contourner par la force montante quoiqu’ isolée de l’Europe des nations et des libertés (ENL). Pour ce faire, ils souhaitent pouvoir maintenir un large réseau international. Pour le moment, les partis politiques du groupe représentent 19 Etats membres de l’UE sur les 28 dont le parti conservateur britannique et le parti « Droit et Justice » (PIS) polonais qui sont les deux principaux partis du groupe que représente le britannique Syed Kamall.

Trois fondamentaux idéologiques caractérisent ce groupe politique : le nationalisme, l’euroscepticisme et le conservatisme. Ces idées maîtresses se déclinent ensuite en divers objectifs qui en découlent logiquement. Le site web du groupe évoque les points-clés suivants : « protéger et respecter les Etats membres » en mettant des « restrictions à l’immigration de masse » ; sortir de l’UE politique, fédéraliste et supranationale, ce qui passe par une débureaucratisation de l’UE; l’idée d’une Europe économique avant tout et enfin pratiquer le « bon sens » en relocalisant les entreprises, les emplois et donc la production. Une ambiguïté se créé si l’on considère que les valeurs portées par l’ENL ne sont pas étrangères à celles portées par les CRE.

Pourtant, si l’existence d’un socle idéologique commun est indéniable, il semble que les deux groupes soient rivaux et réticents à toute idée de rapprochement. Tandis que l’ENL souhaitait un moment une action de fusion-acquisition à son avantage, les CRE ont toujours, à l’instar des députés polonais du PIS, refusé d’avoir maille à partir avec l’ENL, à l’exception notable de Dupont-Aignan qui a appelé à voter pour Le Pen au second tour de la dernière présidentielle. Ces différences de positions internes au groupe politique du CRE introduit déjà une faille dans la vision facilement monolithique que la plupart des médias dressent de ce groupe. L’autre grande limite est celle qui circonscrit la cohérence d’idées et d’action des droites.

L’impossible union des droites 

Bien que dans plusieurs pays européens, à commencer par la France, la droite semble idéologiquement plus cohérente que la gauche, les rivalités et autres stratégies des différents acteurs de ce bord politique vont bon train. En réalité, c’est précisément cette relative cohérence qui met les partis situés « à droite de la droite » dans la nécessité de se distinguer les uns des autres surtout dans le cas des pays où il existe plusieurs forces de droite rivales pour les européennes. La France en est l’exemple emblématique avec le Rassemblement national de Le Pen qui incarne une force d’opposition pérenne et « anti-establishment », le parti « Debout la France » de Dupont-Aignan qui présente une alternative similaire mais sans se présenter comme antinomique par rapport au parti de gouvernement actuel et qui, de surcroît, a intégré le CRE et enfin Les Républicains de Wauquiez qui incarnent la droite libérale classique issue de l’UMP et qui fait partie du PPE au Parlement de Strasbourg.

Ainsi, l’opposition entre PPE, CRE et ENL se retrouve, pour la première fois, transposée au niveau national avec une opposition entre LR, DLF et le RN. L’opposition sans concession de ces trois forces politiques présente au moins le mérite d’évacuer pour les élections du 26 mai la notion, d’ailleurs discrètement évoquée, d’union des droites. Celle-ci était vue l’an passé comme une possible digue à l’émergence de la vague macroniste qui semblait se diriger de plus en plus vers les rivages de la droite.

L’idée fondamentale des partisans d’une union des droites était faite d’une conception gaulliste de l’Europe alliée à un certain conservatisme culturel et social ainsi qu’à un important nationalisme. C’est cette vision que défendent, au niveau européen, les Conservateurs et Réformistes européens et l’unification politique des mouvements politiques de droite semblait ne pouvoir venir que de ce groupe, l’ENL étant trop isolé et le PPE trop discrédité. Pourtant, force est de constater que cette internationale nationaliste unissant les droites dans toute leur diversité est à quelques jours des élections de l’ordre de la mythologie.

Deux processus inhérents aux droites sont à distinguer : d’une part, il est vrai que le socle idéologique des formations situées à droite du PPE semble plus robuste que celui de la gauche mais, d’autre part, les stratégies adoptées par les groupes politiques de droite sont différentes et les querelles de position persistantes. Quel est donc ce socle et quelles sont les failles de la droite ? Le lien idéologique de toutes ces formations repose sur un double pilier : le rejet de l’immigration et une remise en cause de l’UE supranationale.

Toutefois, des nuances existent et, malgré les apparences, il peut exister autant de formes de nationalismes différents que de degré d’europhilie ou d’europhobie. Ainsi, un principe de division émerge entre des partis qui se revendiquent du populisme et « du bon sens » (RN, Lega) et ceux qui prônent un retour à la souveraineté nationale mais dont la stratégie reprend moins la référence directe à toute forme de populisme, privilégiant un nationalisme unificateur (PIS polonais, « Vrais finlandais », DLF en France). En outre, un autre facteur de différenciation est le rapport que ces différents entretiennent ou souhaitent entretenir avec la Russie de Poutine. Le Pen et Salvini sont favorables à un rapprochement avec Moscou, le Parti populaire danois, le PIS polonais et les « Vrais Finlandais » y sont totalement hostiles. Cependant, excepté cette problématique, la frontière est bien tenue entre les deux ensembles et ce qui les différencie le plus, c’est surtout leur stratégie électorale et politique.

La stratégie politique du CRE en vue des européennes

La stratégie du CRE est différenciée selon les pays et les réalités politiques. D’une certaine façon, le cas français est plus complexe que celui des autres pays où se trouvent des partis politiques membres du CRE. En effet, alors que Dupont-Aignan doit lutter pour se faire une place dans une interstice politique, entre un RN idéologiquement très proche et LR qui « droitise » son discours avant les élections, la situation est souvent pus binaire dans les autres réalités nationales. En Pologne par exemple, le PIS est au pouvoir et incarne de toute façon le seul parti de droite capable de rassembler. Par ailleurs, son principal rival, la Plateforme civique (PO), a une ligne ouvertement fédéraliste et libérale. L’opposition est donc frontale et claire. Ensuite, dans la plupart des autres pays, les partis membres du CRE incarnent la principale offre politique de droite nationaliste et conservatrice (Lettonie, Suède, Roumanie…). Seul le cas de la Belgique ressemble à celui de la France mais en négatif. En effet, le parti « Nieuw-Vlaamse-Alliantie » (NVA)qui fait partie des CRE, lutte au niveau national avec le « Vlaams Belang »pour porter la voix nationaliste belge. Mais c’est à son avantage à l’inverse de l’opposition entre DLF et le RN en France.

En termes stratégiques, il s’agit aussi de tirer parti du scrutin proportionnel. Les élections européennes sont toujours un enjeu particulièrement important pour les partis de droite radicale. Les alliances restent souvent difficiles à l’échelle nationale pour ce genre de partis. C’est ainsi que « l’Europe leur sert de base arrière » selon Emmanuelle Reungoat, maîtresse de conférence à l’université de Montpellier, interrogée par France 24.

Il est à noter qu’on compte des partis de 19 pays européens, ce qui est loin d’être négligeable, mais presque jamais plus de deux formations politiques par pays, exception faite de l’Italie et de la Slovaquie qui en comptent trois ayant intégré les CRE. Ces derniers constituent donc une force réelle mais encore assez éparse. Dans ce cadre, quelle peut être la stratégie pour le CRE ? D’abord, l’ajournement sine diedu Brexit peut vraisemblablement profiter au groupe politique du CRE puisque 18 élus britanniques du parti conservateur ont siégé au sein du CRE. D’un point de vue électoral, on peut dire que l’absence de concrétisation du Brexit peut paradoxalement servir les intérêts du principal groupe souverainiste du Parlement : ironie du sort.

Outre cette conséquence inespérée de l’absence d’accord entre Bruxelles et Londres, les CRE se sont montrés actifs pendant leur campagne, à l’échelle européenne. Nicolas Dupont-Aignan a rassemblé au moins en début d’année 2019 les représentants de 23 partis politiques issus de 23 pays européens. Cette rencontre, très peu médiatisée, s’est présentée à la fois comme l’acte de baptême de DLF au sein du groupe CRE et comme une tentative réussie de NDA de s’assurer le concours de ses alliés européens autour d’un projet commun accepté et partagé par tous.

C’est ainsi que le CRE est plus nombreux que l’ENL mais, par ailleurs, il peut comporter le 26 mai les représentants de la quasi-totalité des Etats membres de l’UE à la différence d’une ENL qui est souvent considérée, et non sans raison, comme une arrière-boutique européenne du RN, très isolé à droite de l’hémicycle parlementaire. Cette rencontre inédite à Paris a permis la production et la signature par tous les chefs de partis présents d’une charte en faveur d’une « Europe des nations et des projets » qui peut être l’élément fédérateur des CRE et peut-être même des nationalistes qui hésitaient encore entre ENL et CRE ou qui ne s’étaient tout simplement pas prononcé (les nationalistes estoniens par exemple). Si les CRE représentent une force plus importante et plus crédible à droite que l’ENL, le danger de la montée en puissance de ce groupe est bien réel pour les CRE. En effet, le RN a su s’allier avec des partis qui gouvernent, en Italie et en Autriche, et qui donc ont une légitimité démocratique réelle. Ceci scinde les rend le combat électoral entre les deux forces d’autant plus âpres que leurs idées sont pratiquement similaires. Ce que les CRE craignent, c’est que le vent nationaliste qui se lève partout au sein de l’UE ne gonfle davantage les voiles de l’ENL que les leurs. En fait, les élections qui viennent vont soit confirmer les CRE dans leur rôle d’opposition nationaliste soit diviser les nationalismes en les opposant les uns aux autres. Une seule chose est sûre, la vieille idée d’internationale nationaliste n’a pas encore trouvé de fenêtre d’opportunité politique.

European Conservatives and Reformists

The European elections on sunday 26th May seem to be a major change in the European Parliament according to the most recent polls. This could come from the right of the European political spectrum.

Indeed, the traditional left is fragmented, weakened, in France, Italy, Hungary, sometimes even almost non-existent, as in Poland. In the French case, the traditional Left is weakened by both the radical left and the center. In this context, it is to the right that the concepts of unity and alliance seem the least impossible. For the moment, apart from the EPP, the first group in parliament and logically the most powerful, there are three groups on the right: the European Conservatives and Reformists (77 seats), the Europe of Nations and Freedoms (37 seats) and the Europe of Nations and Direct Democracy (41 seats).

Of these three political groups to the right of the EPP, the most numerous and therefore the most influential is, since 2014, the European Conservatives and Reformists (ECR). For this group, the upcoming European elections can either give it even more European weight if it succeeds in bringing together nationalist and anti-federalist rights, or be the scene of an electoral hemorrhage in favor of the ENF, which is more radical but less represented at the moment.

Their vision of Europe: moderate Euroscepticism

This group, often referred to as Eurosceptic, promotes the values of national political sovereignty, economic protectionism and cultural and societal conservatism. In many respects, the European election of 26 May appears to be a major challenge for this political force. In fact, the question for them in the run-up to the elections is to continue to embody a credible alternative to the right and not to be bypassed by the rising, albeit isolated, force of the Europe of Nations and Freedoms (ENF). To do this, they want to be able to maintain a broad international network. At the moment, the group’s political parties represent 19 of the 28 EU Member States, including the British Conservative Party and the Polish Law and Justice Party (PIS), which are the two main parties in the group represented by the British Syed Kamall.

Three ideological fundamentals characterize this political group: nationalism, euroscepticism and conservatism. These key ideas are then translated into various objectives that flow logically from them. The group’s website refers to the following key points: « protecting and respecting Member States » by putting « restrictions on mass immigration »; leaving the political, federalist and supranational EU, which means reducing the bureaucracy of the EU; the idea of an economic Europe above all and finally practicing « common sense » by relocating companies, jobs and therefore production. An ambiguity arises if we consider that the values carried by the ENF are not foreign to those carried by the ECR. Yet, while the existence of a common ideological foundation is undeniable, it seems that the two groups are rival and reluctant to any idea of rapprochement. While the ENF wanted for a moment a merger-acquisition action to its advantage, the ECR have always, like the Polish PIS deputies, refused to have any problems with the ENF, with the notable exception of Dupont-Aignan who called for a vote for Le Pen in the second round of the last presidential election. These differences in positions within the ECR’s political group already introduce a flaw in the easily monolithic view that most media draw of this group. The other major limitation is the one that circumscribes the coherence of ideas and action of right’s parties.

The impossible union of rights

Although in several European countries, starting with France, the right seems ideologically more coherent than the left, the rivalries and other strategies of the various actors on this political edge are well underway. In reality, it is precisely this relative coherence that makes it necessary for parties located « on the right of the right » to distinguish themselves from each other, especially in the case of countries where there are several rival right-wing forces for Europeans. France is the emblematic example with the Rassemblement national of Ms. Le Pen, which embodies a lasting and so-called « anti-establishment » opposition force, Dupont-Aignan’s « Debout la France » party, which offers a similar alternative but without presenting itself as antinomic to the current government party and which, moreover, has integrated the ECR, and finally Les Républicains of Laurent Wauquiez, which embody the classical liberal right-wing and is part of the EPP in the Strasbourg Parliament.

Thus, the opposition between PPE, ECR and ENF is, for the first time, transposed at national level with an opposition between LR, DLF and RN. The uncompromising opposition of these three political forces has at least the merit of evacuating for the elections of 26 May the notion, which has been discreetly mentioned, of union of the rights. Last year, this was seen as a possible dam at the emergence of the macronist wave that seemed to be moving more and more towards the shores of the right.

The fundamental idea of the supporters of a union of the right was based on a Gaullist conception of Europe combined with a certain cultural and social conservatism and an important nationalism. It is this vision that European Conservatives and Reformists defend at European level and the political unification of right-wing political movements seemed to come only from this group, the ENF being too isolated and the EPP too discredited. However, it must be said that this nationalist international uniting the rights in all their diversity is a few days away from the elections of the mythological order. Two processes inherent to the rights are to be distinguished: on the one hand, it is true that the ideological base of the formations to the right of the EPP seems more robust than that of the left, but on the other hand, the strategies adopted by the right-wing political groups are different and position disputes persist. So what is this foundation and what are the flaws of the right? The ideological link of all these formations is based on a double pillar: the rejection of immigration and a questioning of the supranational EU.

However, there are nuances and, despite appearances, there can be as many different forms of nationalism as there are degrees of europhilia or europhobia. Thus, a principle of division emerges between parties that claim to be populist and « common sense » (RN, Lega) and those that advocate a return to national sovereignty but whose strategy takes less direct reference to any form of populism, favoring a unifying nationalism (Polish PIS, « True Finnish », DLF in France). In addition, another differentiating factor is the relationship that these different countries have or wish to have with Putin’s Russia. Le Pen and Salvini are in favor of a rapprochement with Moscow, the Danish People’s Party, the Polish PIS and the « True Finns » are totally hostile. However, apart from this problem, the border is well maintained between the two groups and what differentiates them most is their electoral and political strategy.

The ECR’s political strategy for the European Union

The strategy of the ECR is differentiated according to countries and political realities. In a way, the French case is more complex than that of other countries where there are political parties that are members of the ECR. Indeed, while Dupont-Aignan has to struggle to find a place in a political interstice, between an ideologically very close RN and LR who « right-handed » his speech before the elections, the situation is often more binary in other national realities.

In Poland, for example, the PIS is in power and in any case embodies the only right-wing party capable of uniting. Moreover, its main rival, the Civic Platform (PO), has an openly federalist and liberal line. The opposition is therefore frontal and clear. Then, in most other countries, the member parties of the REC embody the main political offer of the nationalist and conservative right (Latvia, Sweden, Romania…). Only the case of Belgium is similar to that of France, but in a negative way. Indeed, the « Nieuw-Vlaamse-Alliantie » (NVA) party, which is part of the ECR, is fighting at national level with the « Vlaams Belang » to carry the Belgian nationalist voice. But it is to its advantage, unlike the opposition between DLF and the RN in France.

In strategic terms, it is also a question of taking advantage of the proportional representation system. The European elections are still a particularly important issue for radical right-wing parties. Alliances often remain difficult at the national level for these types of parties. This is how « Europe serves as their backbone » according to Emmanuelle Reungoat, lecturer at the University of Montpellier, interviewed by France 24.

It should be noted that there are parties from 19 European countries, which is far from negligible, but almost never more than two political parties per country, except in Italy and Slovakia, where three have joined the ECR.

The latter therefore constitute a real but still quite scattered force. In this context, what can be the strategy for the ECR? First, the adjournment sine die of Brexit can probably benefit the ECR’s political group since 18 British Conservative Party elected officials sat on the ECR. From an electoral point of view, it can be said that the failure to implement Brexit can paradoxically serve the interests of Parliament’s main sovereignist group: irony of fate.

In addition to this unexpected consequence of the lack of an agreement between Brussels and London, the ECR were active during their campaign, at European level. Nicolas Dupont-Aignan brought together at least in early 2019 representatives of 23 political parties from 23 European countries. This meeting, which received very little media coverage, presented itself both as DLF’s baptismal certificate within the ECR group and as a successful attempt by NDA to secure the support of its European allies around a common project accepted and shared by all. Thus, the ECR is more numerous than the ENF but, on 26 May, it can include representatives from almost all EU Member States, unlike an ENF which is often considered, and not without reason, as a European back shop of the RN, very isolated to the right of the parliamentary hemicycle. This unprecedented meeting in Paris made it possible for all the party leaders present to produce and sign a charter in favour of a « Europe of nations and projects » which can be the unifying element of the ECR and perhaps even of the nationalists who were still hesitating between ENF and ECR or who had simply not spoken out (the Estonian nationalists for example). While ECRs represent a larger and more credible force on the right than ENF, the danger of the rise of this group is very real for ECR. Indeed, the RN has been able to ally itself with governing parties in Italy and Austria, which therefore have real democratic legitimacy. This splits them up, making the electoral battle between the two forces all the more difficult as their ideas are practically similar. What the ECR fear is that the nationalist wind that is blowing up all over the EU will inflate the ENF sails more than their own.

In fact, the upcoming elections will either confirm the ECR in their role as nationalist opposition or divide nationalisms by opposing them to each other. One thing is certain, the old idea of a nationalist international has not yet found a window of political opportunity.

Vincent Houpin

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