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Les nouvelles routes de la soie : symbole de l’ambition Chinoise

Comprendre, confronter, concrétiser

Les nouvelles routes de la soie : symbole de l’ambition Chinoise

Marco Polo et les premières routes de la soie

CREDIT PHOTO : @NOVASTAN.org.

Cet article a pour but de présenter la stratégie chinoise des nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative), en abordant ses principaux aspects, à la fois économiques, géopolitiques et militaires.

Vendredi 27 septembre 2019 : l’Union Européenne et le Japon signent un partenariat pour « une connectivité durable et des infrastructures de qualité ». (Europa.eu

Avec cette collaboration, Jean Claude Juncker et Shinzo Abe entendent « travailler ensemble, sur le plan tant bilatéral que multilatéral, sur toutes les dimensions de la connectivité, et notamment le numérique, les transports, l’énergie et les échanges entre personnes ». Cette coopération apparait comme une tentative timide de contrer l’expansion rapide du pouvoir et de l’influence chinoise dans toutes les provinces de l’ex-URSS, causée par la mise en œuvre du projet pharaonique des nouvelles routes de la Soie. (La Croix)

Les nouvelles routes de la soie, c’est l’histoire d’un projet tentaculaire porté par un pays, mais avant tout par un homme : Xi Jinping. En 2013, Xi dévoile sa stratégie de nouvelles routes de la soie (Silk Roads Strategy) qui changera par la suite de nom pour devenir « One belt, one road » puis enfin « Belt and Road Initiative » (BRI). Belt pour les routes terrestres et Road pour les routes maritimes. Un projet si important aux yeux du dirigeant chinois, qu’en 2017 il est inscrit dans la constitution du Parti Communiste Chinois (PCC).

L’objectif est clair : Créer de nouvelles routes avec l’Asie centrale, l’Europe et l’Afrique afin d’étendre l’influence de la Chine. Pour mettre en œuvre cet ambitieux chantier Pékin veut développer des autoroutes, des lignes ferroviaires ou encore des ports maritimes afin de répondre aux besoins en infrastructures de plus de 60 pays en développement situés principalement sur le continent Eurasiatique, et ainsi assurer le développement commercial de la deuxième puissance mondiale. Elle est l’un des piliers de « la communauté de destin partagé pour l’humanité » que le PCC s’est donné pour objectif de construire. (Trésor-Eco)

“A country’s opening-up is like the creation of butterfly from cocoon. It brings rebirth with short-term pain. We must orient the construction of Belt and Road Initiative on opening-up and try to solve problems concerning economic growth and balance.

Xi Jinping at the Belt and Road Forum, 2017

Fin 2018, la China Export & Credit Insurance Corporation avait approuvé l’octroi de 600 milliards de USD d’investissement dans les pays participants. Il s’agit le plus souvent de financer des projets d’infrastructures d’énergie ou de transport, mais également dans les secteurs de l’immobilier et des métaux.

En avril 2019, la Chine avait signé 174 documents de coopération avec 134 pays et 29 organisations internationales, couvrant à la fois l’Asie, l’Europe, l’Afrique, l’Océanie et l’Amérique latine. (PWC Data)

En Europe, l’Italie est devenue le premier pays du G7 à s’engager dans les nouvelles routes de la soie en signant plusieurs milliards d’euros de contrats ou de protocole d’accord stratégique avec des investissements chinois prévue dans les ports de Gênes et de Triestre, 10 ans après que Cosco, le premier armateur chinois, ai jeté son dévolu sur le Pirée, en Grèce.

S’il n’existe pas de carte officielle de la BRI, on peut distinguer six corridors terrestres ainsi qu’un réseau portuaire reliant la façade maritime chinoise à l’Europe en passant par l’Océan indien et les côtes africaines. (Voir carte ci-dessous)

CREDIT PHOTO : @Crédit : CEPII

La Banque asiatique de développement (BAD) estime le coût d’investissement entre 22 550 et 26 000 Mds USD pour la période 2016-2030. Ces besoins nécessiteraient, pour être comblés, un investissement annuel de 1 500 à 1 700 Mds USD, soit deux fois plus qu’aujourd’hui, selon le rapport du Ministère de l’Economie et des Finances français.

Pourquoi la Chine dépense t’elle autant d’argent ?

  • Croissance économique :

La première dimension qui justifie un tel projet est la sécurisation des routes commerciales internationales, qui furent essentielles dans l’ascension de la Chine au rang de grande puissance économique mondiale, et qui ont assuré sa croissance économique depuis les années 90. Le renforcement des échanges commerciaux avec ses voisins est une étape clé dans sa course pour rattraper les Etats-Unis en termes de PIB.

Cependant, si l’ambition de la Chine se devine dans ses nouvelles routes de la soie, elles révèlent aussi ses besoins indispensables, en particulier ses besoins en matières premières. La sécurisation de ses approvisionnements constitue un élément stratégique majeur pour la Chine. De plus, son besoin d’exporter est motivé par une surcapacité de production dans plusieurs secteurs (comme l’acier ou l’aluminium par exemple).

Enfin, il faut également regarder l’échelle nationale pour compléter l’analyse. Les nouvelles routes de la soie ont également pour objectif de réduire le déséquilibre économique entre les zones côtières très riches avec des villes comme Shanghai, Hong-Kong ou Pékin, et l’Ouest du pays beaucoup moins développé, comme les provinces du Xinjang, de Gansu ou encore le Qinghai.

CREDIT PHOTO @THEATLANTIC

La BRI devrait contribuer au développement de ces zones rurales en les ouvrant aux routes commerciales. La croissance effrénée de Chongqing, ville clé du projet et située loin de la côte, en est un parfait exemple.

Cependant le développement de ce projet pose la question de la soutenabilité des financements accordés par la Chine. Les nouvelles routes de la soie pourraient être porteuses d’une altération significative des équilibres macro-économiques des Etats concernés provoquant, en premier lieu, une augmentation sensible du poids de la Chine dans leurs dettes extérieures.

Le rapport du Ministère de l’Economie et des Finances souligne le fait que cette évolution témoigne du rôle central aujourd’hui joué par la Chine en tant que créancier public international. Les principes de financement soutenable adoptés par le G20, qui visent à s‘assurer que les financements pour le développement ne viennent pas mettre en péril la soutenabilité de la dette des pays qui en bénéficient, apparaissent donc comme primordiales.  Le rapport prévient : « L’ampleur des financements accordés par la Chine accroît en effet le risque que soient financés des projets économiquement non viables qui pourraient notamment entrainer les États concernés dans des dérives d’endettement insoutenables en l’absence de gains de productivité ou d’activité suffisants. »

  • Influence géopolitique :

La deuxième clé de lecture, ainsi que la seconde source de préoccupation, est l’ambition géopolitique des nouvelles routes de la soie. On constate que de plus en plus de pays occidentaux prennent conscience de cet aspect. Cette initiative est donc bien l’expression d’une stratégie globale, et non seulement économique, ayant pour but d’accroitre la capacité de projection de la puissance chinoise notamment par la promotion d’un nouvel ordre mondial « aux caractéristiques chinoises ».

La Chine veut se servir de ses investissements à l’étranger pour établir de nouvelles normes et règles. Cette volonté se traduit par l’organisation de sommets internationaux, comme par exemple le second Forum de l’Initiative Belt & Road en avril 2019 à Pekin, avec la participation d’une trentaine de pays. Un autre élément démontrant l’enjeu géopolitique est la création de l’Asian Inverstment Bank for Infrastructure. Rejoint par cinquante pays lors de sa création en 2016, dont la France et le Royaume-Uni, certains le voient comme un concurrent de la Banque mondiale.

Aujourd’hui, la présence chinoise est visible en Méditerranée (du Pirée à Valence, en Espagne, en passant par Marseille, Malte ou Thessalonique), sur la côte Atlantique (Bilbao, Nantes), dans la Manche (Le Havre), et en mer du Nord (Dunkerque, Zeebruges, Anvers, Rotterdam). Sans compter des vues sur la mer Baltique. Il s’agit d’une stratégie de maillage méthodique, aux allures d’encerclement, qui commence à faire réagir Bruxelles.

L’élément déclencheur à été lorsque la Grèce, en juin 2017, a utilisé son veto pour empêcher une déclaration de l’Union européenne à l’ONU, critiquant les agissements de la Chine en matière de droits de l’homme. L’émotion n’en était que plus forte dans un contexte ou les Européens venaient de s’entendre avec le FMI pour débloquer des financements à l’égard du plus endetté des pays de la zone euro. Son choix de cajoler Pékin plutôt que ses partenaires européens était aussi clair que brutal pour les 28. (Les Echos)

En réponse à ces préoccupations, le Parlement européen a réagi en donnant son feu vert à un mécanisme de suivi des investissements étrangers en Europe dans les secteurs sensibles. L’objectif principal de l’Union européenne étant d’exiger la réciprocité.

  • Projection militaire :

Certains pays s’interrogent également sur le rôle futur des nouvelles routes de la soie sur le plan militaire et ainsi d’une possible utilisation duale de sa projection. 

Cette interrogation s’est intensifiée lorsque la Chine a ouvert sa première base militaire à l’étranger il y a près de deux ans à Djibouti. S’il n’y a pas d’ambition militaire de la BRI dans la manière dont la Chine la présente, cette base militaire navale de Djibouti a soulevé la question de la puissance militaire potentielle qui pourrait être associée aux nouvelles routes de la soie.

Certains analystes parlent de la stratégie de « String of Pearls » menée par Pékin. Il s’agit d’une ligne de mer théorique allant de la Chine à la corne de l’Afrique, qui fournirait une puissance militaire stratégique à la Chine dans cette région.

CREDIT PHOTO : @QUORA

Les autres acteurs mondiaux s’organisent pour tenter de réduire la projection du géant asiatique : notamment l’Inde et le Japon, particulièrement attentifs au volet militaire que pourrait cacher la BRI. Ils ont lancé un projet alternatif pour contrer les nouvelles routes de la soie. Les États-Unis se sont également saisit de cette question et ne sont évidemment pas en faveur des nouvelles routes de la soie. Ils la considèrent comme une stratégie géopolitique de conquête et d’implantation à travers une diplomatie des infrastructures. En ce sens, les Etats-Unis investissent donc d’avantage dans la stratégie indopacifique.

La Belt and Road Initiative est un projet en constante évolution. Au-delà de l’infrastructure, la BRI semble être l’un des principaux moteurs de la croissance économique et de l’influence géopolitique de la Chine. 

Enfin, la Chine voit déjà beaucoup plus loin. Au rythme effréné des fontes de glace, son prochain champ de bataille pourrait être l’Arctique, avec une route polaire de la soie. A long terme, l’objectif est de renforcer la Chine en tant que puissance mondiale. Et la Chine a un avantage conséquent sur ses voisins, elle a le temps. Et la date de fin de ce chantier géant, annoncé par Pékin pour 2049, n’a rien d’une coïncidence, elle correspond au 100e anniversaire de la République Populaire de Chine.

Les retombées économiques pour l’Europe dépendront grandement de l’ouverture réelle de l’initiative chinoise. Le vieux contient est face à une corde tendue entre effet d’entrainement économique et danger de vassalisation. De plus, le risque de division des Etats membres reste fort. La réponse Européenne semble pour l’heure insuffisante. Que les nouvelles routes de la soie soient vues sous l’angle des opportunités ou bien de ses dangers inhérents, dans les deux cas l’Europe ne peut se contenter de regarder passer ce train.

Maxime MAINGREAUD


English translation :

The Belt and Road Initiative: a symbol of Chinese ambition

Marco Polo and the first silk roads

CREDIT PHOTO: @NOVASTAN.org

The purpose of this article is to present the Chinese strategy for the new silk routes (Belt and Road Initiative), addressing its main aspects, including economic, geopolitical and military.

Friday 27 September 2019: The European Union and Japan signed an agreement for « sustainable connectivity and quality infrastructure ». (Europa.eu)

With this collaboration, Jean Claude Juncker and Shinzo Abe intend to « work together, both bilaterally and multilaterally, on all dimensions of connectivity, including digital, transport, energy and people-to-people exchanges ». This cooperation appears to be a timid attempt to counter the rapid expansion of Chinese power and influence in all provinces of the former USSR, caused by the implementation of the pharaonic project of the Belt and Road Initiative (BRI). (La Croix)

The Belt and Road Initiative is the story of a sprawling project led by a country, but above all by a man: Xi Jinping. In 2013, Xi revealed its “Silk Roads Strategy”, which later changed its name to « One belt, one road » and finally to « Belt and Road Initiative » (BRI). The belt for the terrestrial routes and Road for the marine routes. This project is a priority for the Chinese leader, in 2017 it was included in the constitution of the Chinese Communist Party (CCP).

The objective is crystal clear: To create new routes with Central Asia, Europe, and Africa to extend China’s influence. To implement this ambitious project, Beijing is willing to develop highways, railways, and seaports to meet the infrastructure needs of more than 60 developing countries located mainly on the Eurasian continent, and thus ensure the commercial development of the world’s second-largest power. It is one of the pillars of the « community of shared destiny for humanity » that the CCP has set itself the objective of building. (Trésor-Eco)

“A country’s opening-up is like the creation of butterfly from cocoon. It brings rebirth with short-term pain. We must orient the construction of Belt and Road Initiative on opening-up and try to solve problems concerning economic growth and balance.”

Xi Jinping at the Belt and Road Forum, 2017

By the end of 2018, China Export & Credit Insurance Corporation had approved USD 600 billion to be invested in the participating countries. This usually involves financing energy or transport infrastructure projects, but also in the real estate and metals sectors.

By April 2019, China had signed 174 cooperation documents with 134 countries and 29 international organizations, covering Asia, Europe, Africa, Oceania, and Latin America. (PWC Data)

In Europe, Italy became the first G7 country to embark on the new silk routes by signing several billion euros in contracts or strategic memoranda of understanding with Chinese investments planned for the ports of Genoa and Trieste, 10 years after Cosco, the first Chinese shipowner, set its sights on Piraeus, Greece.

Even if there is no official BRI map, six land corridors and a port network linking the Chinese seaboard to Europe via the Indian Ocean and African coasts can be distinguished. (See map below)

CREDIT PHOTO @CEPI

The Asian Development Bank (ADB) estimates that the investment cost will be between USD 22,550 and 26,000 billion for the period 2016-2030. To meet these needs, an annual investment of USD 1,500 to 1,700 billion would be required, twice as much as today, according to the report of the French Ministry of Economy and Finance.

Why is China spending so much money?

  • Economic growth :

The first dimension that justifies this giant project is the securing of international trade routes, which were essential in China’s rise to the status of a major world economic power, and which has ensured its economic growth since the 1990s. Enhancing trade with these neighbors is a key step in its drive to catch up with the United States in terms of GDP.

However, while China’s ambition can be seen in its news initiative, it also reveals its essential needs, in particular its needs for raw materials. Securing its supplies is a major strategic requirement for China. In addition, its need to export is motivated by an overcapacity of production in several sectors (such as steel or aluminum for example).

Finally, it is also at a domestic scale that things are played out. The new Silk Roads should also help to reduce the economic imbalance between the very rich coastal areas with cities like Shanghai, Hong Kong or Beijing, and the much less developed western part of the country, such as the provinces of Xinjang, Gansu or Qinghai.

CREDIT PHOTO @THEATLANTIC

BRI should contribute to the development of these rural areas by opening them to trade routes. The unbridled growth of Chongqing, known as a key city in the project and located far from the coast, is a perfect example.

However, the development of this project raises the question of the sustainability of the financing granted by China. The BRI could lead to a significant alteration of the macroeconomic balances of the States concerned, causing, in the first place, a significant increase in China’s share of their external debts.

The report of the French Ministry of Economy and Finance highlights the fact that this development reflects China’s central role as a public international creditor today. The principles of sustainable financing adopted by the G20, which aim to ensure that development financing does not jeopardize the debt sustainability of the countries that benefit from it, therefore appear to be of primary importance.  The report warns: « The scale of China’s financing increases the risk of financing economically unviable projects that could lead to unsustainable debt drifts in the absence of sufficient productivity or activity gains. »

  • Geopolitical influence :

The second key, and a second source of concern, is the geopolitical ambition of the BRI. We can see that more and more Western countries are becoming aware of this aspect. This initiative is, therefore, the expression of a global strategy, and not only an economic one, aimed at increasing the projection capacity of Chinese power, in particular by promoting a new world order « with Chinese characteristics ».

China wants to use its foreign investments to set new standards and rules. This commitment is reflected in the organization of international summits, such as the second Belt & Road Initiative Forum in Beijing in April 2019, with the participation of some 30 countries. Another element demonstrating the geopolitical challenge is the creation of the Asian Investment Bank for Infrastructure. Joined by fifty countries when it was created in 2016, including France and the United Kingdom, some see it as a competitor of the World Bank.

Today, China’s presence is visible in the Mediterranean (from Piraeus to Valencia, Spain, via Marseille, Malta or Thessaloniki), on the Atlantic coast (Bilbao, Nantes), in the English Channel (Le Havre), and in the North Sea (Dunkirk, Zeebrugge, Antwerp, Rotterdam). Not to mention the views of the Baltic Sea. It is a methodical networking strategy, that is beginning to make Brussels react.

The trigger occurred when Greece, in June 2017, used its veto to prevent an EU declaration at the UN, criticizing China’s human rights record. The emotion even more intense in a context where Europeans had just reached an agreement with the IMF to release financing for the most indebted countries in the eurozone. His choice to follow Beijing rather than his European partners was as clear as it was brutal for the 28. (Les Echos)

In response to these concerns, the European Parliament has responded by giving the green light to a mechanism for monitoring foreign investment in Europe in sensitive sectors. The main objective of the European Union is to demand reciprocity.

  • Military projection :

Some countries are also wondering about the future role of the BRI at a military level 

This question was intensified when China opened its first military base abroad almost two years ago in Djibouti. While there is no BRI military ambition in the way China presents it, this Djibouti naval military base has raised the question of the potential military power that could be associated with the new silk routes.

Some analysts are talking about Beijing’s « String of Pearls » strategy. This is a theoretical sea line from China to the Horn of Africa, which would provide strategic military power for China in this region.

CREDIT PHOTO @QUORA

The other world key players are organizing to thwart the omnipotence of Beijing: especially India and Japan, which are particularly concerned about the military aspect that the BRI could hide. They have launched an alternative project to counter it. The United States has also taken up this issue and is obviously not in favour of the new silk routes. They consider it as a geopolitical strategy of conquest through infrastructure diplomacy. In this sense, the United States is, therefore, investing more in the indopacific strategy.

The Belt and Road Initiative is a constantly evolving project. Beyond infrastructure, the BRI seems to be one of the main drivers of China’s economic growth and geopolitical influence. 

Finally, China is already seeing much further ahead. At the frenetic pace of ice melting, its next battlefield could be the Arctic, with a polar silk road. In the long term, the objective is to strengthen China as a global power. And China has a significant advantage over its neighbours: time. And the end date of this giant project, announced by Beijing for 2049, is no coincidence, it corresponds to the 100th anniversary of the People’s Republic of China.

The economic benefits for Europe will depend on the real openness of the Chinese initiative. The old continent is facing a rope stretched between the effect of economic entrainment and the danger of vassalization. Moreover, the risk of the division of Member States remains high. The European response seems to be insufficient at the moment. Whether the new silk routes are seen in terms of opportunities or its inherent dangers, in both cases Europe cannot be satisfied with just watching this train pass by.

Maxime MAINGREAUD

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