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Parti Populaire Européen

Parti Populaire Européen

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Aquelques jours des élections européennes du 26 mai, les sondages prédisent la première place au Parti Populaire Européen. Manfred Weber – dirigeant du groupe au parlement et spitzenkandidaten – a affiché l’optimisme du groupe en affirmant avoir « un projet clair pour l’avenir de ce continent […] c’est le succès du PPE ».

Si le PPE obtenait 174 sièges, le bloc social-démocrate arriverait non loin derrière avec 141 sièges, suivi de l’ALDE avec 101 sièges. Ainsi, l’orientation « centriste » du Parlement devrait demeurer dans la mesure où l’alliance des trois partis leur permettrait d’obtenir la majorité.

Cependant, un débat opposant les six candidats à la présidence de la future Commission Européenne s’est tenu le 15 mai dernier à Bruxelles et laisse penser que le jeu des alliances entre groupes politiques au Parlement pourrait être redistribué.

Durant cette rencontre, le premier vice-président de la Commission et socialiste Frans Timmermans a en effet fait une proposition d’alliance aux Verts, à la gauche européenne et aux libéraux, excluant le PPE.

Les socialistes, revigorés par l’actualité sur le Brexit et la participation des Britanniques aux élections européennes, veulent croire que cette alliance leur permettrait d’obtenir une majorité sans le PPE. En outre même si les projections laissent à penser que l’alliance ne suffira pas pour obtenir une majorité, elle pourrait nuire au PPE.

Néanmoins, la domination du PPE sur les institutions européennes est un fait indéniable d’abord : sur les 751 députés actuels, 218 sont membres du PPE. En plus de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission Européenne, le groupe détient aussi la présidence du Parlement grâce à Antonio Tajani. Même le Conseil Européen est dominé par le PPE car dirigé par Donald Tusk. Également, la domination du PPE est une vérité historique depuis la fin des années 1990.

Une histoire ancrée dans la coopération internationale démocrate-chrétienne

Comme le remarque R. Papini – historien italien – le développement de la coopération des forces démocrates-chrétiennes en Europe a été freiné par « leurs diversités nationales, par leur interclassicisme, par le fait de ne pas être l’expression d’un groupe social déterminé […] et par la conception de leur internationalisme en particulier [1]» au contraire des groupes communistes par exemple.

L’échec d’une des premières tentatives d’association internationale des partis démocrates-chrétiens, le SPIDIC[2]en 1939 est révélateur des difficultés pour ces partis à concilier leur vision politique sur l’Europe. Mais, après la seconde guerre mondiale se constitue le réseau des Nouvelles équipes internationales (NEI) en 1947 ainsi que la mise en place des rencontres de Genève à partir de 1948. Ces dernières ont pour but l’organisation contre le monde Soviétique, le communisme et ses volontés d’expansion en Europe.

A cet égard, Jean-Marie Mayeur souligne que « l’anticommunisme devient une composante majeure de l’idée européenne […] il découle de la doctrine même de l’Eglise ». La promotion de l’unification européenne par le rejet du communisme consiste également en la promotion d’une Europe unie comme condition du salut de la civilisation chrétienne et occidentale.

Dès lors, les démocrates-chrétiens Européens perçoivent l’intégration de l’Allemagne de l’Ouest à l’Europe comme un objectif prioritaire. Durant cette période, l’activité politique des démocrates-chrétiens est puissante et motrice de l’intégration européenne dans les pas de Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi et Robert Schuman. L’Europe voit émerger des partis démocrates-chrétiens puissants qui s’imposent comme la formation dominante de leur paysage politique national à l’image de la CDU-CSU en Allemagne. L’influence de ces groupes ne se limite pas au cadre politique mais touche également de puissants réseaux syndicaux et associatifs.

Par conséquent, fondé en juillet 1976 à l’initiative de Jean Seitlinger et Leo Tindemans, le PPE est l’héritier d’une précédente association de groupes politiques d’idéologie démocrate-chrétienne. En effet, l’Union Européenne des Démocrates Chrétiens (UEDC) réunit à partir de 1965 des partis politiques démocrates chrétiens issus de toute l’Europe afin d’établir une politique commune plus élaborée dans ses objectifs que les NEI. Le groupe offre son soutien aux partis démocrates chrétiens engagés dans les institutions européennes en créant en 1971 un Comité politique des partis démocrates-chrétiens des Communautés européennes. Au Parlement Européen notamment, ce groupe démocrate-chrétien s’est imposé comme un vecteur d’impulsion de la politique européenne grâce à ses présidents H. Lücker et A. Bertrand. C’est la réflexion du Comité en juillet 1976 qui a donné naissance au Parti Populaire Européen.

Ce dernier s’est défini au sein de l’article 1 de son statut comme une « fédération des partis démocrates-chrétiens de la communauté Européenne ». Il est constitué à l’origine de douze partis issus de sept pays membres : la Christlich-Demokratische Union (CDU) et la Christlich-Soziale Union (CSU) pour l’Allemagne, la Democrazia Cristiana (DCI) et le Südtiroler Volkspartei (SVP) pour l’Italie, le Christelijke Volkspartij (CVP) flamand et le Parti social-chrétien (PSC) francophone pour la Belgique, le Katholieke Volkspartij (KVP), l’Anti-revolutionaire partij et la Christelijk Historische Unie pour les Pays-Bas (ces partis fusionnant dans le Christen Democratisch Appèl, CDA), le Christlich-Soziale Volkspartei (CSV) pour le Luxembourg, le Centre des démocrates sociaux (CDS) pour la France, enfin, le Fine Gael pour l’Irlande.

Au sein de ce jeune PPE, les idéologies politiques des partis convergent vers une vision fédéraliste de l’Europe et ont pour ambition de « faire évoluer les structures en place vers ce qui a toujours été [leur] objectif et [leur] idéal : l’avènement des Etats-Unis d’Europe. »

Une trajectoire politique qui se détache de l’idéologie démocrate-chrétienne

Dès 1976, l’opposition des aspirations des partis du groupe s’est cristallisée sur le choix du nom de leur fédération. Les partis démocrates-chrétiens Belges, Luxembourgeois, Néerlandais et Italien voulaient une référence explicite à l’idéologie démocrate-chrétienne dans le titre de la fédération tandis que les démocrates-chrétiens Allemands s’y opposaient.

Selon la vision de ces derniers, l’intégration à l’Europe en 1973 de la Grande-Bretagne, du Danemark et de l’Irlande ainsi que la perspective des élargissements futurs impliquait que l’évolution du PPE dépasse le cadre démocrate-chrétien pour s’allier à des formations d’idéologie conservatrice ou libérale.

Cependant, le rapport de force étant favorable aux formations démocrates-chrétiennes du Benelux et de l’Italie, la mention de « démocrates-chrétiens » fut faite au sein des statuts du PPE de 1976. En opposition sur la perspective politique attachée au choix du nom, les démocrates-chrétiens de la CDU-CSU instituèrent une organisation parallèle au PPE : l’Union démocratique européenne (UDE) avec le parti conservateur britannique. Ainsi, à l’issu de son congrès en 1978, le PPE se trouve dans une phase difficile.

Z. Ward remarque à cet égard que « l’Union européenne des démocrates-chrétiens était établie, mais ses congrès sont irréguliers » ou encore « qu’aucune de ces larges alliances ne présage le transfert éventuel du pouvoir des partis nationaux à l’échelle supranationale ». En bref, il s’agit donc de minimiser le rôle des démocrates-chrétiens au sein des institutions européennes à travers le PPE en tant que préexiste encore à cette période le maintien de l’espace d’action historique des partis. Également, les oppositions trop fortes entre les partis nationaux ont conduit à leur désunion au niveau européen, laissant le PPE avec nettement moins de poids politique.

L’ouverture aux conservateurs

Après la Conférence des chefs de gouvernement et de partis du PPE en avril 1991, il fut décidé que le groupe politique mettra en place une coopération plus importante avec des partis populaires qui « dans leur pays, poursuivent un projet social comparable et les mêmes objectifs de la politique européenne du PPE ». Le premier à bénéficier de cette décision est le Partido Popular espagnol de José Maria Aznar qui intègre le PPE la même année.

L’année suivante, en 1992, c’est au tour des députés conservateurs britanniques de faire leur entrée au Parti Populaire Européen après le retrait de Margaret Thatcher de la direction du parti conservateur britannique. Dans une dynamique d’expansion, le PPE intègre également les partis conservateurs Suédois, Norvégien et Finlandais en tant qu’observateurs permanents en 1993.

L’ouverture du PPE aux formations conservatrices s’explique notamment en raison d’un recentrage des partis conservateurs vers des sensibilités idéologiques du centre droit, comprendre libérales et démocrates-chrétiennes. En réaction à cette ouverture, le PPE connu une période de forte croissance au début des années 90, lui permettant de concurrencer le Parti des Socialistes Européens (PSE) obtenant 233 députés sur 626 au terme du scrutin de 1999. Cette dynamique s’est confirmée en 1999 avec la dissolution de l’UEDC au sein du PPE.

Ainsi, la décennie 90 s’est révélée cruciale dans la définition de la trajectoire politique du PPE car il a abandonné son identité de famille politique confinée à la démocratie-chrétienne afin d’endosser le rôle de fédération européenne de partis marqués par une idéologie de centre-droit. De plus, cette période est l’occasion de la définition des socles de valeur du PPE au cœur du programme d’Athènes de 1992 : le personnalisme social, une économie sociale de marché et le soutien d’une Europe fédérale.

Néanmoins, l’ouverture du groupe aux conservateurs a accru l’écart entre les stratégies politiques des partis membres. La coopération entre le PPE et l’ÖVP Autrichien est particulièrement révélatrice de la tension interne qui s’exerce alors au sein du groupe. Une crise a éclaté en 2000 lorsque certains membres du PPE ont demandé l’exclusion du parti ÖVP en raison de l’accession au pouvoir en Autriche du parti populiste et xénophobe de Jörg Haider. Cette crise a permis de mettre en lumière un élément de disruption au sein du groupe PPE : la perception subjective des partis sur leur relation au PPE. En effet, dans une dynamique d’accélération des interdépendances dans le domaine politique, les partis nationaux sont de plus en plus contraints par la trajectoire et les choix politiques de leur famille européenne. Or, la cohabitation avec les partis conservateurs ou libéraux ne correspond pas toujours à la ligne empruntée nationalement par les partis membres du PPE ce qui conduit certains partis à se désunir de certaines décisions et par là donc à flouter la ligne politique du PPE.

Mise à jour du programme politique et domination sur les institutions européennes

C’est en effet lors du congrès de Bucarest en 2012 que le PPE a remis à son jour son programme de 1992 et adopté un manifeste qui synthétise ses principales aspirations politiques.

On retrouve parmi les objectifs du manifeste le respect de la liberté des hommes, des traditions, des associations, la solidarité par l’assurance de finances publiques solides, la préservation d’un environnement sain et le maintien d’une démocratie pluraliste, d’économie sociale de marché et respectant le principe de subsidiarité.

La redéfinition des statuts est d’abord une réponse au grand écart idéologique opéré par le groupe depuis l’ouverture aux partis conservateurs. En effet, cette dimension se renforce avec l’intégration en 2004 du Fidesz Hongrois de Viktor Orban dont l’idéologie est nationaliste, conservatrice, populiste, anti-immigration voire même eurosceptique bien que s’appuyant sur un socle démocrate-chrétien.

Également, la redéfinition des statuts est une adaptation idéologique nécessaire en raison du succès du PPE aux élections de 1999, 2004 et 2009. Le succès du groupe s’explique en raison d’un contexte d’élections nationales plus généralement favorable aux droites modérées et au maintien de gouvernements de droite, soit 18 pays sur 27 à la veille des élections européennes de 2009.

Selon A. Alexandre-Collier et X. Jardin la domination électorale du PPE peut également s’expliquer par l’évolution démographique de l’Europe. En outre, le vieillissement global de la population européenne contribuerait à transformer les systèmes de valeurs qui définissent les choix électoraux en faveur des partis de droite. Emportée dans une dynamique de changements structurels, la population européenne a alors tendance à se rattacher aux valeurs conservatrices qui limitent les risques de délitement des valeurs traditionnelles.

Cependant, certaines enquêtes contredisent ce point de vue en avançant que la mutation du système de valeur n’est pas celle d’un retour au conservatisme mais bien celle d’une plus grande individualisation des valeurs politiques, mettant en exergue les principes de respect de la liberté individuelle. Ainsi, le succès du PPE consiste en ce qu’il a su adapter son discours aux mutations sociétales en cours en Europe. Le groupe s’est saisit de thèmes comme l’écologie, la représentation des minorités et la lutte contre l’exclusion tout en faisant du respect de la liberté individuelle des individus un principe constitutif de son socle idéologique.

La stratégie consiste alors concrètement pour le PPE à saisir des valeurs et idées de gauche pour assurer électoralement une assise large et solide, au prix d’une cohésion entre les partis souvent délicate à assumer. Cette stratégie électorale a finalement porté ses fruits permettant au PPE d’obtenir 221 sièges de députés au sein du Parlement lors des élections de 2014.

Au cours de ces mêmes élections, le groupe a également conquis la présidence de la Commission, du Parlement et du Conseil Européen confirmant son emprise sur le jeu politique européen.

Cependant, la stratégie de « grand écart » idéologique conduite par le PPE depuis 1992 a mis le groupe au centre de l’actualité ces derniers mois. En effet, depuis le 20 mai 2019 et suite à de nombreux dérapages le Parti Populaire Européen a décidé de mettre à l’écart le Fidesz de Viktor Orban pour une durée indéterminée. La campagne politique anti-Bruxelles, de V. Orban, qui ciblait le président de la Commission a été taxée de dérive illibérale et a donc conduit à l’éviction du parti Hongrois du PPE. La suspension, à défaut d’être une exclusion définitive, permettra au PPE d’éviter de subir une coupe dans son effectif lui faisant manquer la majorité. La situation du Fidesz à l’égard du PPE ne semble pas remettre en cause la position hégémonique du groupe au sein du Parlement mais montre que le parti a la capacité de clarifier sa ligne idéologique lorsqu’elle se trouve menacée en son sein. Ainsi, l’hégémonie du PPE sur le Parlement devrait se confirmer au cours du scrutin de ce week-end car sa stratégie n’est pas celle d’une ouverture aveugle et irréversible à tous les conservatismes nationaux mais au contraire d’opérer une synthèse entre les idéologies démocrates-chrétiennes et libérales sans perdre de vue ses valeurs d’origine.

[1]Robert Papini, l’Internationale démocrate-chrétienne. La coopération internationale entre les partis démocrates-chrétiens de 1925 à 1986, Paris, les éditions du Cerf. 1988, P. 20-21.

[2]Secrétariat International des partis démocratiques d’inspiration chrétienne.


European People’s Party

A few days before the European elections on 26 May, polls predict the European People’s Party will take first place. Manfred Weber – leader of the group in parliament and spitzenkandidaten – expressed the group’s optimism by affirming that he had « a clear project for the future of this continent […] it is the success of the EPP ».

If the EPP would get 174 seats, the Social Democratic bloc would come close behind with 141 seats, followed by the ALDE with 101 seats. Thus, the « centrist » orientation of Parliament should remain to the extent that the alliance of the three parties would allow them to obtain a majority.

However, a debate between the six candidates for the presidency of the future European Commission was held on 15 May in Brussels and suggests that the interplay of alliances between political groups in Parliament could be redistributed. During this meeting, the first Vice-President of the Commission and Socialist Frans Timmermans made a proposal for an alliance with the Greens, the European left and the Liberals, excluding the EPP.

The Socialists, invigorated by the news on Brexit and the British participation in the European elections, want to believe that this alliance would allow them to obtain a majority without the EPP. Moreover, even if projections suggest that the alliance will not be enough to obtain a majority, it could harm the EPP.

Nevertheless, the EPP’s domination over the European institutions is an undeniable fact: of the current 751 Members of Parliament, 218 are members of the EPP. In addition to Jean-Claude Juncker at the head of the European Commission, the group also holds the presidency of the Parliament thanks to Antonio Tajani. Even the European Council is dominated by the EPP because it is led by Donald Tusk. Also, the domination of the EPP has been a historical truth since the late 1990s.

A history rooted in Christian-Democratic international cooperation

As R. Papini, an Italian historian, points out, the development of the cooperation of Christian-democratic forces in Europe has been hampered by « their national diversities, their interclassicism, the fact that they do not express a specific social group […] and by the conception of their internationalism in particular », unlike communist groups for example. The failure of one of the first attempts at an international association of Christian Democratic parties, SPIDIC, in 1939 revealed the difficulties for these parties to reconcile their political vision on Europe.

But after the Second World War, the network of New International Teams (NIS) was formed in 1947 and the Geneva meetings were set up in 1948. The purpose of the latter is to organize against the Soviet world, communism and its desire to expand in Europe. In this respect, Jean-Marie Mayeur stresses that « anti-communism is becoming a major component of the European idea […] it derives from the very doctrine of the Church ».

The promotion of European unification through the rejection of communism also consists in the promotion of a united Europe as a condition for the salvation of Christian and Western civilisation. Therefore, the European Christian Democrats see the integration of West Germany into Europe as a priority objective. During this period, the political activity of the Christian Democrats was powerful and driving force behind European integration in the footsteps of Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi and Robert Schuman.

Europe is witnessing the emergence of powerful Christian Democratic parties that are emerging as the dominant formation in their national political landscape, such as the CDU-CSU in Germany. The influence of these groups is not limited to the political framework but also affects powerful trade union and association networks.

Consequently, founded in July 1976 on the initiative of Jean Seitlinger and Leo Tindemans, the EPP is the heir to a previous association of political groups of Christian-Democratic ideology. Indeed, the European Union of Christian Democrats (EUCD) has been bringing together Christian Democratic political parties from all over Europe since 1965 in order to establish a common policy that is more elaborate in its objectives than the NIS.

The group offers its support to Christian Democratic parties involved in the European institutions by setting up a Political Committee of the Christian Democratic Parties of the European Communities in 1971. In the European Parliament in particular, this Christian-Democrat group has established itself as a driving force for European politics thanks to its presidents H. Lücker and A. Bertrand. It was the Committee’s reflection in July 1976 that gave rise to the European People’s Party. The latter has defined itself in Article 1 of its Statute as a « federation of the Christian Democratic Parties of the European Community ».

It was originally composed of twelve parties from seven member countries : the Christlich-Demokratische Union (CDU) and the Christlich-Soziale Union (CSU) for Germany, the Democrazia Cristiana (DCI) and the Südtiroler Volkspartei (SVP) for Italy, the Flemish Christelijke Volkspartij (CVP) and the French-speaking Parti social-chrétien (PSC) for Belgium, the Katholieke Volkspartij (KVP), the Anti-revolutionary Party and the Christelijk Historische Unie for the Netherlands (these parties merging into the Christen Democratisch Appèl, CDA), the Christlich-Soziale Volkspartei (CSV) for Luxembourg, the Centre of Social Democrats (CDS) for France and finally the Fine Gael for Ireland.

Within this young EPP, the political ideologies of the parties converge towards a federalist vision of Europe and aim to « change the structures in place towards what has always been[their] objective and[their] ideal: the advent of the United States of Europe. »

A political trajectory that differs from Christian-Democratic ideology

As early as 1976, opposition to the aspirations of the group’s parties crystallized around the choice of the name of their federation. The Belgian, Luxembourg, Dutch and Italian Christian Democratic parties wanted an explicit reference to Christian-Democratic ideology in the title of the federation, while the German Christian Democrats opposed it.

According to the latter’s vision, the integration into Europe in 1973 of Great Britain, Denmark and Ireland, as well as the prospect of future enlargements, meant that the evolution of the EPP went beyond the Christian-Democratic framework to ally itself with conservative or liberal ideological formations. However, as the balance of power was in favor of the Christian Democratic parties in Benelux and Italy, the mention of « Christian Democrats » was made in the EPP’s 1976 statutes.

In opposition to the political perspective attached to the choice of name, the Christian Democrats of the CDU-CSU set up an organisation parallel to the EPP: the European Democratic Union (EDU) with the British Conservative Party. Thus, at the end of its congress in 1978, the EPP was in a difficult phase.

Z. Ward notes in this regard that « the European Union of Christian Democrats was established, but its congresses are irregular » or that « none of these broad alliances bodes well for the possible transfer of power from national parties to supranational levels ».

In short, it is therefore a question of minimizing the role of Christian Democrats in the European institutions through the EPP as there is still a need to maintain the historical space for party action at this time. Also, the excessive opposition between national parties has led to their disunity at European level, leaving the EPP with much less political weight.

The opening to the Conservatives

After the Conference of EPP Heads of Government and Party in April 1991, it was decided that the political group would establish greater cooperation with popular parties which « in their countries, pursue a comparable social project and the same objectives of the EPP European policy ». The first to benefit from this decision is José Maria Aznar’s Spanish Partido Popular, which joined the EPP in the same year. The following year, in 1992, it was the turn of the British Conservative deputies to join the EPP after Margaret Thatcher’s withdrawal from the British Conservative Party leadership.

In a dynamic of expansion, the EPP also includes the conservative parties Sweden, Norway and Finland as permanent observers in 1993. The EPP’s openness to conservative parties can be explained in particular by a refocusing of conservative parties on ideological sensitivities of the center-right, including liberals and Christian democrats.

In response to this opening, the EPP experienced a period of strong numerical growth in the early 1990s, allowing it to compete with the Party of European Socialists (PES), winning 233 out of 626 deputies in the 1999 election. This dynamic was confirmed in 1999 with the dissolution of the UNDE into the EPP.

Thus, the 1990s proved crucial in defining the EPP’s political trajectory as it abandoned its identity as a political family confined to Christian democracy in order to assume the role of a European federation of parties marked by a center-right ideology. Moreover, this period is the opportunity to define the EPP’s valuable foundations at the heart of the 1992 Athens program: social personality, a social market economy and the support of a federal Europe.

Nevertheless, the group’s openness to the Conservatives has increased the gap between the member parties’ political strategies. The cooperation between the EPP and the Austrian ÖVP is particularly revealing of the internal tension that then exists within the group. A crisis erupted in 2000 when some EPP members requested the exclusion of Wolfgang’s ÖVP party due to the accession to power in Austria of Jörg Haider’s populist and xenophobic party. This crisis has highlighted an element of disruption within the EPP group: the parties’ subjective perception of their relationship with the EPP. Indeed, in a dynamic of accelerating interdependence in the political sphere, national parties are increasingly constrained by the political trajectory and choices of their European families. However, cohabitation with conservative or liberal parties does not always correspond to the line taken nationally by EPP member parties, which leads some parties to disunite themselves from certain decisions and thus to blur the EPP’s political line.

Updating the political agenda and domination over the European institutions

It was at the Bucharest Congress in 2012 that the EPP updated its 1992 program and adopted a manifesto summarizing its main political aspirations. The objectives of the manifesto include respect for human freedom, traditions, associations, solidarity through the assurance of solid public finances, the preservation of a healthy environment and the maintenance of a pluralist democracy, a social market economy and respect for the principle of subsidiarity. The redefinition of the statutes is first and foremost a response to the great ideological gap that the group has created since the opening to conservative parties.

Indeed, this dimension is reinforced with the integration in 2004 of Viktor Orban’s Hungarian Fidesz, whose ideology is nationalist, conservative, populist, anti-immigration and even Eurosceptic, although based on a Christian Democratic base. Also, the redefinition of the statutes is a necessary ideological adaptation due to the success of the EPP in the 1999, 2004 and 2009 elections. The group’s success is due to a context of national elections that are more generally favorable to moderate rights and the maintenance of right-wing governments, i.e. 18 countries out of 27 on the eve of the 2009 European elections.

According to A. Alexandre-Collier and X. Garden the electoral domination of the EPP can also be explained by the demographic evolution of Europe. In addition, the overall ageing of the European population would contribute to transforming the value systems that define electoral choices in favor of right-wing parties. Driven by a dynamic of structural change, the European population tends to attach itself to conservative values that limit the risks of disintegration of traditional values. However, some surveys contradict this view by arguing that the transformation of the value system is not a return to conservatism but rather a greater individualization of political values, highlighting the principles of respect for individual freedom.

Thus, the success of the EPP is that it has been able to adapt its discourse to the social changes taking place in Europe. The group addressed themes such as ecology, minority representation and the fight against exclusion, while making respect for the individual freedom of individuals a principle that is part of its ideological foundation.

The strategy then consists in concretely for the EPP to grasp left-wing values and ideas in order to ensure a broad and solid electoral base, at the cost of cohesion between the parties, which is often difficult to assume. This electoral strategy finally paid off, allowing the EPP to win 221 seats in Parliament in the 2014 elections. During these same elections, the group also won the presidency of the Commission, Parliament and the European Council, confirming its hold on the European political game.

However, the ideological « big gap » strategy led by the EPP since 1992 has put the group at the center of attention in recent months. Indeed, since 20 May 2019 and following numerous slip-ups, the EPP has decided to put Viktor Orban’s Fidesz aside for an indefinite period. V. Orban’s anti-Brussels political campaign, which targeted the President of the Commission, was accused of being illiberal and therefore led to the ousting of the party from the European political group.

The suspension, while not a permanent exclusion, will allow the EPP to avoid a cut in its membership that would cause it to miss the majority. The Fidesz’s situation with regard to the EPP does not seem to call into question the group’s hegemonic position in Parliament, but shows that the party has the capacity to clarify its ideological line when it is threatened within it. Thus, the EPP’s strategy is not that of a blind and irreversible opening to all national conservatisms but on the contrary to make a synthesis between Christian Democratic and liberal ideologies without losing sight of its original values.

Anne-Laure Choblet