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Revue de presse du 29/04 au 5/05

Revue de presse du 29/04 au 5/05

Diplomatie :la relation Serbie-Kosovo au cœur du Sommet des Balkans

Le lundi 29 avril, les sept dirigeants des états issus de l’éclatement de la Yougoslavie et l’Albanie se sont réunis lors du Sommet des Balkans à l’initiative d’Emmanuel Macron et Angela Merkel. Cette rencontre avait pour but de marquer le «réengagement» de la France dans la région. (LesEchos) La chancelière allemande a précisé que le but de la rencontre est « d’accompagner le rapprochement entre la Serbie et le Kosovo, surtout pour empêcher que les problèmes n’apparaissent plus insolubles qu’ils ne le sont déjà». Faisant référence à la décision du Kosovo d’augmenter de 100% les taxes douanières pour les produits importés de Serbie et Bosnie-Herzégovine. (le courrier desBalkans) Également, ce sommet intervient alors que la Serbie est en phase de négociations en vue de son adhésion à l’Union Européenne dans le cadre de la Stratégie pour les Balkans occidentaux lancée en 2018 par l’UE. (Euractiv) Ainsi, alors que la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo a été définie comme une condition impérative à leur adhésion, le dialogue est rare depuis des mois entre les deux pays et la Serbie refuse de reprendre les négociations si le Kosovo ne revient pas sur son changement de politique douanière envers les produits d’importation Serbe. Le sommet apparaît donc comme une « initiative commune» qui démontre « l’attachement[de l’Allemagne et la France] à la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux». (LePoint) Le journal Slovène Večer juge la position des pays de l’UE relativement ambiguë en affirmant que «si l’Europe s’est réveillée, c’est pour que la Russie et les Etats-Unis ne prennent pas les devants». Il rappelle également que « l’espace balkanique est un îlot important sur les plans stratégiques et économiques » contre lequel l’UE « redoute une déstabilisation» en provenance de la Russie ou la Chine. (Večer) Ainsi, alors que la Commission perçoit dans l’adhésion Serbe et Kosovare un moyen de régler les différends entre les deux pays, les chefs d’Etats Allemands et Français ont décidés de prendre le contrepied de cette politique en organisant le sommet. Car, comme l’a affirmé E. Macron : « l’actualité n’est pas […] à la politique d’élargissement de l’UE mais bien à une politique de stabilité régionale». 

Crédits photo: Emmanuel Macron et Angela Merkel, ODD ANDERSEN AFP

Politique / Arrivée de l’extrême droite au parlement Estonien

Le 3 mars dernier, le Parti conservateur d’Estonie « EKRE », à l’extrême droite de l’échiquier politique présidé par Mart Helme obtenait aux élections législatives le score de 17,8 %. Cela lui permis d’entrer au gouvernement estonien et de s’installer à certains ministères majeurs tels que l’environnement, l’intérieur, le commerce, les finances mais aussi les affaires rurales (Le Monde).  Lundi 29 avril 2019, devant le « Riigikogu » Parlement monocaméral estonien, Kersti Kaljulaid, présidente de la République du pays depuis 2016, a fait une intervention remarquée, vêtue d’un habit blanc affichant le slogan « Sona on vaba »signifiant « la parole est libre ». Un sous entendu, très peu dissimulé à l’encontre de la nouvelle arrivée de l’extrême droite au sommet de l’Etat, parti qui depuis sa création en 2015 montrait une position marquée par l’euroscepticisme et contre l’immigration et «a fait campagne sur le rejet des élites et du multiculturalisme, du droit à l’avortement, des droits des homosexuels et ceux de la minorité russophone» (Le Monde). La montée de l’extrême droite que le pays connaît n’est pas un cas isolé, bien au contraire. Cette montée est visible dans de plus en plus de pays européens, à l’instar de l’Italie où le gouvernement est formé par une alliance entre la Ligue du Nord, et le mouvement populiste « 5 étoiles ». « Le 8 avril, le parti ultra nationaliste Jobbik s’est adjugé un cinquième des voix aux législatives hongroises, remportées à près de 50 % par une droite (Fidesz) de plus en plus proche de l’extrême droite.» (Le Monde). Alors qu’en France Marine Le Pen leader du Rassemblement National avait réussi à atteindre le second tour des élections présidentielles, l’extrême droite gagne également du terrain en Finlande ou en Autriche et également au Bundestag allemand.                       

Crédits photo: Pixabay

Diplomatie : Visite du président Italien en France, une réconciliation possible ?

Emmanuel Macron a reçu ce jeudi son homologue italien Sergio Mattarella lors d’une visite des châteaux de la Loire afin de commémorer le cinquième centenaire de la mort de Léonard de Vinci. Les deux pays ont profité de cette rencontre afin d’afficher leur réconciliation. En effet, depuis l’accession au pouvoir italien de la coalition Mouvement 5 étoiles et la Ligue, les relations entre les deux pays se sont tendues.Cet anniversaire était alors l’occasion d’apaiser les tensions dans un contexteparticulier. Le sujet de Léonard de Vinci est un enjeu diplomatique entre la France et l’Italie. En effet, en novembre, la secrétaire d’Etat italienne à la culture avait remis en cause un accord de prêt entre l’Etat italien et le musée du Louvre à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Leonard de Vinci. (Le JDD). Le gouvernement italien a même utilisé ce sujet comme un argument dans la presse et dans les meetings pour en faire un enjeu diplomatique. La Ligue, le parti du ministre de l’intérieur italien Mattéo Salvini avait même considéré que prêter la quasi-totalité des œuvres de Léonard de Vinci à la France revenait à léser les Italiens. (Europe 1) Des fortes tensions sont présentes entre Paris et Rome notamment d’un point de vue politique avec le soutien du gouvernement italien au mouvement des gilets jaunes, et d’un point de vue migratoire : l’affaire de l’Aquarius dans laquelle Mattéo Salvini refusait d’accueillir le navire humanitaire avec à son bord 629 migrants. Cette décision avait été fortement critiquée par le monde politique français et notamment par Emmanuel Macron qui avait dénoncé un « cynisme » et une « irresponsabilité»(LeJDD) Ainsi cette visite, qui semble s’apparenter à une réconciliation n’est en fait qu’une nouvelle épreuve à l’arrivé des élections européennes, le ministre de l’intérieur italien ne s’est pas arrêté là pour alimenter le sentiment anti-Français, en mars dernier il à demander que la Joconde revienne à l’Italie estimant qu’elle avait été volée par la France. (Europe 1)

Economie :le consortium franco-allemand pour la batterie officialisé

Ce jeudi 2 mai 2019, la France et l’Allemagne ont décidé de lancer une incursion à hauteur de 6 milliards d’euros dans le domaine de la construction de batterie (Euractiv). 

L’Union Européenne tente de gagner en importance dans ce domaine industriel très prometteur grâce à la popularité montante des véhicules électriques, au point d’entedre parler d’« Airbus de la batterie » (Le Point). Cependant, Euractiv rappelle que le projet reste plus de l’ordre d’une plateforme de coopération qu’un réel -et massif- investissement des secteurs publics et privés dans une opération industrielle comme Airbus. Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire et son homologue allemand Peter Altmaier, ainsi que le vice-président de la Commission Européenne Maroš Šefčovic se sont retrouvés pour discuter de l’avenir de ce consortium et des clauses d’applicabilités d’aides d’État (estimées à 1,2 milliards d’euros). Une usine-pilote devrait ouvrir en 2020 en France, accompagnée de 200 emplois, tandis que d’autres chaines de production suivront le rythme des deux côtés du Rhin (France info). Ce consortium franco-allemand, sous l’égide de l’UE, ne fera pas vraiment d’ombre à la Chine, qui produit environ des 60% des batteries électriques, mais il pourrait jouer sur les avancées et innovations technologiques pour rester compétitif. 35 acteurs auraient manifesté leur intérêts (Saft, filière de Total, se dit prêt à se lancer pour fournir PSA-Opel) (Atlantico). 

crédits photo: Peter Altmaier, Bruno Le Maire, moteur nature