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Revue de presse 11/03 au 17/03

Revue de presse 11/03 au 17/03

Commerce international / Pas d’ouverture du parlement européen à la reprise des échanges avec les États-Unis

L’Union Européenne dispose de sa propre politique commerciale. Depuis l’union douanière, les États ont abandonné leur souveraineté en matière de commerce international et laissent le soin à la Commission Européenne de signer des contrats avec des pays tiers, c’est à dire non-membre.

L’UE dispose de partenaires très divers et nombreux, et choisi parfois de renforcer ses relations commerciales avec certains pays dans le cadre de traité de libre-échange, qui promeut la disparition des barrières économiques entre les deux parties. Le Canada, le Japonsont les nouveaux partenaires les plus récents, tandis que Singapour semble se destiner à être le prochain. Très clivant pour des raisons aussi diverses que nombreuses, certains accords sont parfois très sulfureux, à l’image du TTIP, accord de libre-échange potentiel avec les États-Unis. Si cet accord est lourdement critiqué de part et d’autre depuis plus de 5 ans, le climat délétère qui règne entre les deux puissances a mis au point mort les négociations.

Ce jeudi 14 mars, le Parlement Européen (qui ne participe pas aux négociations mais dispose d’un droit de veto pour empêcher sa ratification), était invité à se prononcer sur des nouveaux pourparlers commerciaux entre l’UE et les Etats-Unis. Dans un refus de « négocier avec le pistolet américain sur la tempe », les eurodéputés ont refusé à 223 voix le texte final (198 pour, 37 abstentions), dans un mouvement qui ne se limite pas à la gauche, mais aussi à droite, et notamment la délégation française du PPE.

Crédit photo : parlement européen,wiktionary

Environnement / Fridays for future : la lutte contre « une société aliénante et basée sur la destruction de l’environnement »

Un appel à la« grève mondiale pour l’avenir »a été lancé ce vendredi 15 mars, et partout dans le monde lycéens, collégiens et étudiants ont manifestés.

Ce mouvement de grèves scolaires a été inspiré par la jeune suédoise Greta Thunberg qui proteste tous les vendredis depuis le mois d’août, son objectif originel étant que la Suède respecte ses engagements pris par l’accord de Paris de 2015 qui prévoit de limiter les effets de l’anthropocène.

En réaction aux ambitions de cette nouvelle égérie du climat, pas moins de mille rassemblements ont eu lieu ce vendredi dans plus de 120 pays. En France, des« dizaines de milliers de jeunes »ont défilés, dont 40.000 au sein de la capitale selon les organisateurs. De nombreux ralliements ont également eu lieu dans les grandes villes de provinces mais également partout dans le monde.

Ainsi, tant à Bruxelles qu’en Suisse, les forces de police dénombrent pas moins de trente mille personnes. De l’autre côté de l’Atlantique, les jeunes se sont également réunis et ainsi une cinquantaine d’entre eux ont fait les morts devant le siège de l’ONU.

Crédits photo :Le bien public

Elections européennes: quelle stratégie pour le Fidesz ?

Un éditorial du Magyar Nemzet, journal hongrois proche du pouvoir, affirmait la semaine passée qu’il était temps pour le Fidesz d’Orban de changer de stratégie en vue des européennes. Il prônait une sortie volontaire du PPE censée permettre la création d’une alliance transnationale avec le FPÖ autrichien, le PIS polonais et la Ligue du Nord de Matteo Salvini afin de « sauver l’Europe des nations ».

Cette manœuvre aurait pour but de devancer le PPE dont les membres s’interrogent actuellement sur le comportement à adopter vis-à-vis du Fidesz et qui doivent traiter du sujet en réunion mercredi 20 mars. Orban, quant à lui, avait toujours affirmé vouloir rester dans le Parti populaire européen, du moins, jusqu’à mardi dernier. En effet, pour la première fois, le Premier Ministre hongrois a évoqué clairement un possible avenir du Fidesz en dehors du PPE. De leur côté, plusieurs eurodéputés membres du groupe politique le plus puissant du Parlement européen ont plaidé en faveur de l’exclusion du Fidesz.

Pourtant, il semble que ce soit une minorité qui souhaite une telle exclusion (12 partis membres sur environ 60 qui composent le PPE). C’est peu.

Ainsi, la marge de manœuvre d’Orban paraît plus importante que celle du PPE qui reste divisé sur cette question. Pourtant, son attitude est loin d’être univoque. Le Premier Ministre hongrois a, par ailleurs, d’ores et déjà affirmé qu’en cas de départ du PPE, c’est du côté du PIS qu’il chercherait à faire alliance, c’est-à-dire avec le groupe « Conservateurs et réformistes européens »,(CRE), tandis que les députés européens du PIS ont entamé des négociations avec la Lega de Salvini. La théorie de la constitution d’un axe Rome-Budapest-Varsovie est donc loin d’être dénuée de sens.

Toujours est-il que le 20 mars, le PPE prendra sa décision quant au Fidesz. D’ici là, les négociations iront bon train, au sein du PPE comme entre les partis plus à droite qui ont devant eux la possibilité historique de s’unir et de représenter (à travers le groupe CRE par exemple) l’une des principales forces du Parlement.Dans cette optique, la stratégie d’Orban dans les jours à venir pourrait être décisive. Cela, Manfred Weber, le chef de file du PPE, semble l’avoir très bien compris et anticipé. En effet, celui-ci s’est rendu en personne à Budapest, mercredi 13 mars, dans le but avoué d’aller chercher Orban, l’enfant prodige du PPE pour le ramener à la vieille maison. Cette entrevue n’a, à première vue, pas été fructueuse en dépit du fait que Weber a bien rappelé à Orban qu’il était « en voie de sortir du PPE » (TV5 Monde). En somme, malgré des tensions qui vont crescendo et le fait qu’Orban ait évoqué une possible sortie du PPE, la situation n’est pas claire. Un vaste jeu de dupes, en fait, qui a trouvé son apogée jeudi 14 mars, quand Orban a présenté ses excuses dans une lettre adressée au PPE alors même que la veille, sa campagne publicitaire anti-bruxelloise battait son plein dans son pays.

En cette fin de semaine tourmentée, à Bruxelles comme à Budapest, les lignes semblent brouillées entre un PPE en mal d’unité idéologique et un Orban tiraillé entre la volonté de rester au sein du groupe parlementaire le plus puissant et l’appel du pied de forces plus à droite encore secondaires mais dont il partage davantage les valeurs et qui pourraient se montrer capables de rassembler largement en vue des élections du mois de mai.

Politique :Semaine clé pour le Brexit

À l’aube d’une semaine cruciale pour le Brexit, la première ministre britannique a rencontré lundi 11 mars le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker.

Dont l’entrevue a donné lieu à une « déclaration interprétative commune» dotant d’un poids juridique la promesse d’une mise en place temporaire du backstop (the Telegraph).

Le lendemain, malgré les garanties concédées par Bruxelles, le parlement britannique a rejeté à 391 voix contre l’accord sur le brexit (Le Monde). Le mercredi, les députés ont cette fois voté contre l’idée d’un brexit sans « deal » (Le Monde) à propos duquel T. May a averti « qu’une courte extension technique ne sera offerte que si nous avons un accord en place ». Finalement, le jeudi 14 mars les députés britanniques ont approuvé à 413 voix pour un amendement en faveur d’un report de la sortie de l’Union européenne et un nouveau vote parlementaire sur l’accord de départ (Politico).

L’amendement implique que si un accord est trouvé avant le 20 mars, alors le Brexit ne subirait qu’un report technique jusqu’au 30 juin (The Guardian). Il s’agit en réalité d’une première réussite de la stratégie de T. May « destinée à forcer la main» aux députés afin qu’ils votent favorablement à l’accord en début de semaine prochaine (Le Monde). Le président du Conseil Européen, Donald Tusk s’est montré favorable au report en affirmant sur twitter qu’il inviterait « les Vingt-sept à accorder une longue prolongation si le Royaume-Uni accepte de repenser sa stratégie pour le brexit et parvient à dégager un consensus autour de celle-ci» (The Guardian). Le report du Brexit doit également être approuvé à l’unanimité par le Conseil Européen dont le prochain sommet est prévu pour les 21 et 22 mars à Bruxelles. S’il était accepté, celui-ci impliquerait que la Grande-Bretagne participera normalement aux élections européennes du mois de mai comme le souligne Pieter Cleppe, directeur du think tank Open Europe (the Daily Telegraph). Il remarque que « pour peu que le gouvernement britannique ait une once de bon sens, il exploiterait cette influence comme un levier dans les négociations sur le Brexit».

A présent, pour la Première Ministre la « seule stratégie »est de « refaire voter les députés jusqu’à ce qu’ils plient» (Le Monde) si elle ne veut pas être forcée de solliciter un report d’un an, ou davantage ; qui maintiendrait le Brexit dans une perspective incertaine.

Crédits photo : (AFP)

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