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Revue de presse du 11 au 17 Novembre 2019

Revue de presse du 11 au 17 Novembre 2019

Brexit : sous la robe du speaker se cachait un « remainer » !

« Oooooorder : Le speaker fait ses adieux à la Chambre des communes britannique »,
CREDIT PHOTO : @BFM, 31/10/19

Le 31 octobre 2019 devait marquer le dernier jour d’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne (UE). Pourtant cette date qui s’annonçait historique n’a pas eu l’effet escomptée dans la mesure où le Premier Ministre britannique a, une nouvelle fois, été forcé de demander un délai à Bruxelles. Seul véritable départ, celui de John Bercow, emblématique speaker de la House of Commons, célèbre pour ses cravates fantaisistes et son tonitruant « ooooorder » qui tire sa révérence après plus de 22 ans passés sur les sièges verts de Westminster.  

Celui-ci, à peine un jour après la dissolution du Parlement – suite à la conclusion d’un accord relatif à la tenue d’élections anticipées – n’a pas hésité à sortir de son silence pour évoquer sa vision du Brexit. Dans une interview accordée à la presse internationale le jeune retraité politique qualifie le vote du 23 juin 2016 comme étant « la plus grande erreur du Royaume-Uni en matière de politique étrangère depuis la seconde guerre mondiale ». Une position qu’il justifie en considérant que le monde d’aujourd’hui est composé de « blocs de pouvoirs et d’échanges » auxquels il vaut mieux appartenir. 

Une déclaration qui fait du bruit outre-manche, notamment du côté de la presse eurosceptique qui l’accuse d’avoir fait preuve de partialité tout au long de son mandat. En effet, le speaker est tenu, conventionnellement, à la neutralité, mais dispose en contrepartie d’importantes prérogatives. Les Brexiter reprochent à l’ancien représentant conservateur du Buckinghamshire d’avoir parfois freiné le travail du gouvernement en sélectionnant des amendements anti-Brexit. L’intéressé quant à lui réfute ces allégations et met en avant la défense des intérêts du Parlement : « Je suis toujours resté impartial dans mon fauteuil de président, mais je n’étais pas impartial quand il s’agissait de défendre le Parlement »


English translation :

Brexit : Under the robe of the speaker was actually hiding a remainer  !

The speaker of the house’s farewell
CREDIT PHOTO : @BFM 31/10/19

October 31, 2019 was to mark the last day of the United Kingdom’s membership of the European Union (EU). However, this historic date did not have the expected outcome, as the British Prime Minister was once again forced to ask Brussels for delay. The only real start was that of John Bercow, the emblematic speaker of the House of Commons, famous for his whimsical ties and his thundering ooooorder, which is retiring after more than 22 years in Westminster’s green seats.

Barely a day after the dissolution of Parliament – following the conclusion of an agreement on the holding of early elections – the latter did not hesitate to break out of his silence to discuss his vision of Brexit. In an interview with the international press, the young political retiree described on June 23, the 2016 vote as « the United Kingdom’s biggest foreign policy mistake since the Second World War ». A position he justifies by considering that today’s world is composed of « blocks of power and exchanges » to which it is better to belong.

A statement that is making noise across the Channel, particularly from the Eurosceptic press, which accuses him of being biased throughout his term of office. Indeed, the speaker is conventionally bound to neutrality, but has important prerogatives in return. The Brexiters blame the former Conservative representative from Buckinghamshire for sometimes hindering the government’s work by selecting anti-Brexit amendments. The person concerned refutes these allegations and emphasises the defence of Parliament’s interests: « I have always remained impartial in my position as President, but I was not impartial when it came to defending Parliament ».


La Commission européenne attaque en justice le Royaume-Uni

La commission européenne, à Bruxelles.
CREDIT PHOTO : @Pixabay, Dimitri Vetsikas.

Jeudi 14 Novembre, la commission européenne a entamé une procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni, qui n’a toujours pas proposé de candidat pour la commission  européenne (lire ici). Elle a d’ailleurs rappelé son rôle de gardienne des traités, malgré le Brexit à venir, dans son communiqué (Ouest France). En effet, la nouvelle commission européenne de Ursula Von der Leyen souhaite entrer en fonction le 1er Décembre prochain. Or le gouvernement britannique a indiqué ne pas pouvoir proposer de candidat avant les élections législatives anticipées du 12 Décembre prochain (L’echo). Le Royaume-Uni a jusqu’au 22 novembre pour proposer un candidat, sous peine d’amende. 

Euractiv souligne que cette procédure met seulement en évidence les tensions entre Bruxelles et Londres, et que cela ne changera que peu de choses à la mise en place de la nouvelle Commission. De plus, cette procédure ne semble pas être une surprise, car l’extension du délai du Brexit ne signifie pas que le Royaume-Uni ne doit pas respecter les traités.

 Enfin elle dénote que la mise en place de la nouvelle Commission européenne au 1er Décembre reste un objectif tout à fait réalisable, malgré les rejets des premiers candidats proposés par d’autres pays de l’UE, comme la France, la Hongrie ou la Roumanie (The Guardian). The Independent estime que la commission européenne offre un cadeau à Boris Johnson, qui pourra capitaliser sur la défiance des institutions européennes, lors des élections anticipées, afin de faire gagner le Brexit Party.


English Translation :

The European Commission sues the UK

European Commission, Brussels
CREDIT PHOTO : @Pixabay, Dimitri Vetsikas.

On Thursday 14 November, the European Commission opened an infringement procedure against the United Kingdom, the latter has still not proposed a candidate for the European Commission (read here). It also recalled its role as guardian of the treaties, despite the upcoming Brexit, in its press release (Ouest France). Indeed, the new European Commission of Ursula Von der Leyen wishes to take office on 1 December. However, the British government has indicated that it will not be able to propose a candidate before the early parliamentary elections on 12 December (L’echo). The United Kingdom has until November 22 to propose a candidate, the country will be fined.


Euractiv points out that this procedure only highlights the tensions between Brussels and London, and that it will make little difference to the establishment of the new Commission. Moreover, this procedure does not seem to come as a surprise, as the extension of the Brexit deadline does not mean that the United Kingdom should not comply with the Treaties.


Finally, it shows that the establishment of the new European Commission on 1 December remains a very achievable objective, despite the rejection of the first candidates proposed by other EU countries, such as France, Hungary or Romania (The Guardian). The Independent believes that the European Commission is offering a gift to Boris Johnson, who will be able to capitalise on the mistrust of the European institutions in the early elections to win the Brexit Party.


Les gilets jaunes : premier anniversaire d’un soulèvement

CREDIT PHOTO : @Flickr

En ce samedi 16 novembre, les gilets jaunes ont célébré le premier anniversaire du mouvement : 270 actions ont eu lieu un peu partout en France à l’occasion de cet Acte 53. Après un an, les revendications sont toujours aussi prégnantes : retour de l’ISF ou encore baisse de la TVA pour les produits de première nécessité.

A Toulouse, depuis le début du mouvement, les manifestations ont été récurrentes. Le samedi 16 novembre, on a dénombré une centaine de manifestants dans la Ville Rose. Les autres grandes villes de France ont aussi vu affluer les gilets jaunes comme à Nantes, Bordeaux, Lyon ou Marseille. C’est cependant à Paris que les manifestations ont fait le plus de dégâts avec des affrontements entre casseurs et forces de l’ordre. Il est à noter que très peu d’entre eux étaient vêtus du gilet jaune sur la place d’Italie; sans doute le signe de la progressive récupération partisane de ce mouvement populaire.  


English translation :

Yellow vests : the come back of a movement

CREDIT PHOTO : @Flickr

On Saturday November 16, the yellow vests celebrated the first anniversary of the movement : 270 actions took place all over France at the occasion of « Act 53 ». After one year, the demands are still as strong as ever : return of the ISF or even a reduction in VAT for essential products.

In Toulouse, since the beginning of the movement, demonstrations have been recurrent. Last Saturday November 16, there were about a hundred demonstrators in the « Pink City ». Other major cities in France have also seen the influx of yellow vests, such as Nantes, Bordeaux, Lyon and Marseille. However, it was in Paris that the demonstrations caused the most damage, with clashes between breakers and police forces. It should be noted that very few of them were wearing the yellow vest on the Italian square; undoubtedly a sign of the progressive partisan recovery of this popular movement.