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Revue de presse du 13 au 19 janvier 2020

Revue de presse du 13 au 19 janvier 2020

Perspectives futures pour le Royaume-Uni au lendemain d’un Brexit devenu inévitable


CREDITS : @banksy (Street-Art artist)

Des plus fervents europhiles aux plus virulents eurosceptiques, personne ne l’aurait cru finalement possible et pourtant toute chose a une fin : le 9 Janvier 2020 fût scellé officiellement le sort du Royaume-Uni au sein de l’Union Européenne avec l’adoption du projet de loi Brexit par le Parlement britannique. Après avoir remporté les élections anticipées en Décembre avec 80 députés d’avance, Boris Johnson est parvenu à terme à imposer sa volonté de “réaliser le Brexit”. S’il reste à attendre la ratification du Parlement Européen avant le 31 Janvier pour rendre cette décision pleinement effective, la procédure à ce stade ne tient plus que de la simple formalité.

Néanmoins, si le texte expose les termes du retrait et les orientations qui seront impulsées à un Royaume-Uni hors de l’Union, il faut se pencher sur les intentions politiques exprimées dernièrement pour esquisser plus nettement le destin de la nation britannique.


En termes de relations externes, le gouvernement a souligné à multiples reprises son désir de privilégier en priorité d’autres partenaires que les 27. Deux actions récentes correspondent à cet état d’esprit. D’un côté, le rapprochement commercial avec les Etats-Unis, entamé durant le processus de retrait, devrait s’accentuer dans les semaines à venir avec un voyage à Washington. De l’autre côté, le refus catégorique exprimé par Londres d’étendre au-delà du 31 décembre 2020 la période de transition ou de s’aligner sur les réglementations européennes sont particulièrement signifiantes. Par exemple, l’abandon discuté de mesures d’origine européenne tels que le programme Erasmus ou le rapprochement familiale des enfants réfugiés suscitent la controverse.


Dans un autre registre, ce vote historique fût aussi l’occasion pour les mouvements indépendantistes de saisir leur chance … immédiatement confisquée par le Premier Ministre Johnson. Dans un communiqué de réponse à la Première Ministre Ecossaise Nicola Sturgeon, il réitéra son refus de tout nouveau référendum d’indépendance au sein du pays, quel qu’en soit le motif et étant donné les résultats de celui de 2014.

Pour conclure, ces différents positionnements n’ont rien d’anodin ou de banale ; bien au contraire, en refrénant les tendances sécessionnistes et en s’alliant à un partenaire commercial de taille, le Royaume-Uni de Johnson entend renforcer son unité et son poids pour peser dans la balance des négociations qui demeurent à être finalisées avec l’Union Européenne …


English translation:

UK future perspectives after a decision that makes Brexit inevitable

CREDITS : @banksy (Street-Art artist)

From the fiercest Europhiles to the most virulent Eurosceptics, nobody expected it to eventually occur and yet everything has an end: on the 9th January 2020 was officially sealed the fate of the United Kingdom within the European Union because of the adoption of the Brexit bill by the British Parliament. After winning the anticipated elections on December with 80 deputies more, Boris Johnson succeeded at last to impose his will of “getting Brexit done”. If the European Parliament ratification has yet to be awaited before the 31th January to render this decision fully effective, the procedure at this step is pure formality.

Nonetheless, if the text sets out the terms of the withdrawal and the orientations to be propelled for one UK outside the Union, it is important to look into the political intents expressed lately to draw more clearly the fate of the British Nation.
In terms of external relations, the government has underlined multiple times its desire to favour in priority other partners than the “EU-27”. Two recent actions match with this mindset. On one hand, the trade rapprochement with the USA, initiated during the withdrawal process, should expedite in the next few weeks as a trip to Washington is planned. On the other hand, the categorical refusal expressed by London to expand beyond the 31st December 2020 the transition period or to adapt to European rules is particularly significant. For instance, the debated abandon of European norms such as the Erasmus program or family reunification for refugee children is sparking controversy.


On another topic, this historic vote gave the opportunity for independentist movements to grasp their chance … immediately seized by Prime Minister Boris Johnson. In a communiqué meant to respond to Scottish Prime Minister Nicola Sturgeon, he renewed its refusal to any new independence referendum within the country, whatever the motive and considering the outcomes of the one set in 2014.

To conclude, these different standings are far from trivial or banal ; on the contrary, by refraining secessionist tendencies and by teaming-up with a powerful trade partner, Johnson’s UK is willing to reinforce its unity and its weight to constrain the balance of negotiations, still to be  finalized by the EU …


Initiation du débat sur un “SMIC” européen à Bruxelles


CREDIT PHOTO : @NEWS EUROPEAN PARLIAMENT

La Présidente de la Commission européenne a tenu sa promesse faite aux eurodéputés en lançant le 14 janvier 2020 une consultation sur l’imposition d’un “salaire minimum équitable en Europe” (toutel’europe). Alors que le projet est encore dans une phase de consultation avec les partenaires sociaux la Commission bruxelloise a déjà assuré qu’il ne s’agirait pas d’un salaire universel  et conforme aux spécificités nationales (communiqué).

Vingt-deux des vingt-huit Etats membres disposent déjà d’un salaire minimum avec des écarts entre ceux-ci de 1 à 7, allant de 286€ mensuel brut en Pologne à 2071€ brut par mois au Luxembourg. Or, si l’on raisonne en parité de pouvoir d’achat l’écart se réduit à un rapport de 1 à 3 (Le Monde). Il peut être observé une baisse progressive du revenu minimum plus on se situe vers l’est de l’Union, mais ce sont ces pays qui ont vu en même temps le plus augmenter leur salaire minimum depuis 2004, soit de près de 200% en Pologne, 556% en Roumanie et 367% pour 25% en France.

Les avis des différents États membres s’opposent déjà avec force notamment la Suède, le Danemark et la Finlande dont leurs partenaires sociaux ont déclaré leur volonté d’user de “tous les instruments politiques et juridiques” à leur disposition afin de conserver leur modèle social par accord de branche (Le Monde). En parallèle, en France, le sujet avait été repris par les candidats aux élections européennes de 2019, avec des propositions d’un salaire minimum calculé en fonction du revenu moyen ou médian allant à rebours des conceptions des pays nordiques.  


English translation:

Initiation of the debate on a European « minimum wage » in Brussels

CREDIT PHOTO : @NEWS EUROPEAN PARLIAMENT

The President of the European Commission has kept her promise to MEPs by launching on the 14th of January 2020 a consultation on the imposition of a « fair minimum wage in Europe » (toutel’europe). While the project is still in a consultation phase with the social partners, the Brussels Commission has already assured that it will not be a universal wage in line with national specificities (communique).

Twenty-two of the twenty-eight Member States already have a minimum wage with differences between them of between 1 and 7, ranging from €286 gross per month in Poland to €2071 gross per month in Luxembourg. However, if we look at purchasing power parity, the gap narrows to a ratio of 1 to 3 (Le Monde). A gradual fall in minimum income can be observed the further east in the Union, but it is these countries that have seen the most increases in their minimum wage since 2004, i.e. by almost 200% in Poland, 556% in Romania and 367% in France.

The opinions of the various Member States are already strongly opposed, particularly Sweden, Denmark and Finland, whose social partners have declared their willingness to use « all the political and legal instruments » at their disposal in order to maintain their social model by branch agreement (Le Monde). At the same time, in France, the subject had been taken up by the candidates for the 2019 European elections, with proposals for a minimum wage calculated on the basis of average or median income, going against the conceptions of the Nordic countries.  

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