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Revue de Presse du 13 au 19 octobre

Revue de Presse du 13 au 19 octobre

Empoisonnement d’Alexeï Navalny : l’Union européenne appelle à des sanctions contre Moscou

Alexeï Navalny, leader de l’opposition russe, lors d’une marche en mémoire à Boris Nemtsov, opposant à Vladimir Poutine, le 29 février 2020. Crédits :@ Pavel Golovkin / AP

Le 20 août, l’opposant russe Alexeï Navalny a été hospitalisé dans un hôpital d’Omsk en raison d’un empoisonnement. Il a ensuite été évacué vers l’Allemagne, à la demande de sa famille. Il a dénoncé l’implication du Kremlin, car selon lui, il n’y a aucun doute puisque « seules trois personnes peuvent (…) décider d’utiliser du Novitchok », et les médecins ont apporté des preuves sans équivoque de la présence de ce produit toxique dans l’organisme de Navalny (Le Monde). Alors que Berlin demande des « éclaircissements urgents », le Kremlin a rétorqué qu’il n’y avait « aucune raison d’accuser l’Etat russe » (Le Monde).

  • Un gel d’avoirs et une interdiction de voyager en Europe

La France et l’Allemagne ont demandé à plusieurs reprises à la Russie d’apporter des explications sur les circonstances de ce crime et sur ceux qui l’ont perpétré, mais la Russie refuse catégoriquement de répondre, en réaction l’UE hausse le ton et sanctionne des responsables (France Diplomatie). La liste des sanctions nominales de l’UE, publiée au Journal officiel de l’Union européenne jeudi 15 octobre à Bruxelles, dévoile les individus ciblés, principalement des collaborateurs et des proches de Vladimir Poutine. Cette liste implique un gel d’avoirs et une interdiction de voyager en Europe. Mais cette sanction a une haute portée politique.

  • La suspension de tous les contacts politiques avec l’Union européenne ?

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, envisage la suspension de tous les contacts politiques avec l’Union européenne. Pour la Russie, il n’y a pas d’affaire Navalny et elle exige d’obtenir les résultats des analyses réalisées sur l’opposant russe avant toute ouverture d’enquête (Financial Times). Dans les médias, l’affaire est présentée comme un complot, une invention de l’Occident pour nuire à la Russie. Elena Panina, députée membre du comité des affaires étrangères de la Douma, estime même que toutes ces sanctions sont infligées dans le but « de discréditer les succès de la science russe dans la mise au point d’un vaccin contre le coronavirus » (Le Monde).

L’UE ne souhaite pas que ces sanctions entraînent de trop graves détériorations des relations avec le Kremlin. Cependant, selon Norbert Röttgen, président de la Commission des affaires étrangères du Bundestag en Allemagne, la France réagit « trop timidement » face à la Russie, qui continue sa politique agressive et expansionniste.  L’empoisonnement de Navalny représente une véritable épreuve pour l’Europe qui, si elle veut s’affirmer face à la Russie, doit avoir une stratégie cohérente (Le Monde). 


English translation

Poisoning of Alexei Navalny: European Union calls for sanctions against Moscow

On August 20, Russian opponent Alexei Navalny was hospitalized in Omsk due to poisoning. Then, he was evacuated to Germany at the request of his family. He denounced the involvement of the Kremlin, as « only three people can (…) decide to use Novitchok », and doctors have provided unequivocal proof of the presence of this toxic product in Navalny’s body (Le Monde). While Berlin asked for « urgent clarifications », the Kremlin retorted that there was « no reason to accuse the Russian state » (Le Monde).

  • An asset freeze and a travel ban in Europe

France and Germany have repeatedly asked Russia to explain the circumstances of this crime and those who perpetrated it, but Russia categorically refuses to respond, leading the EU to raise its voice and punish those responsible (France Diplomacy). The EU nominal sanctions list, published in the Official Journal of the European Union on Thursday, October 15 in Brussels, reveals the targeted individuals, mainly collaborators and relatives of Vladimir Putin. This list implies an asset freeze and a travel ban in Europe. But this sanction has a high political impact.

  • The suspension of all political contacts with the European Union

Russian Foreign Minister Sergei Lavrov is considering the suspension of all political contacts with the European Union. For Russia, there is no Navalny affair and it demands to obtain the results of the analyses carried out on the Russian opponent before an investigation is opened (Financial Times). In the media, the case is presented as a conspiracy, an invention of the West to harm Russia. Elena Panina, a deputy member of the Duma’s foreign affairs committee, even believes that all these sanctions are being imposed with the aim of « discrediting the success of Russian science in developing a vaccine against the coronavirus » (Le Monde).

The EU does not want these sanctions to lead to a serious deterioration of the relations with the Kremlin. However, according to Norbert Röttgen, chairman of the Foreign Affairs Committee of the Bundestag in Germany, France reacts « too timidly » to Russia, which continues its aggressive and expansionist policy.  The poisoning of Navalny represents a real test for Europe which, if it wants to assert itself against Russia, must have a coherent strategy (Le Monde).

Charlotte BOUCHEX


Elections au sein du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies : La Chine et la Russie parmi les nouveaux membres

Siège du Conseil des Droits de l’Homme à Genève. © 2019 Magali Girardin/Keystone via AP

Mardi 13 octobre 2020 ont été élus de nouveaux membres au sein du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Le Conseil,  créé en 1946 pour renforcer la promotion et la protection des droits humains dans le monde (Le Monde), regroupe 47 Etats membres, élus par l’Assemblée générale des Nations Unies. 

  • Des résultats critiqués

Quinze sièges étaient en jeu, et leur attribution a été critiquée par les organisations de défense des droits de l’Homme et par les États-Unis (qui se sont retirés du Conseil en 2018), car on y trouve des pays accusés de violer ces mêmes droits (France 24). Parmi les nouveaux Etats membres, qui prendront leur fonction en janvier 2021 pour une période de 3 ans, on trouve la Chine, la Russie et Cuba. Ces deux derniers font partie des onzes pays élus sans opposition. En effet, la plupart des candidats, à l’exception de ceux du groupe Asie-Pacifique – Chine, Arabie Saoudite, Népal, Pakistan et Ouzbékistan – étaient pratiquement assurés de leur place car ils n’avaient pas de concurrents (El Comercio). 

L’Arabie Saoudite, en lice pour siéger en tant que membre, n’a finalement pas été élue, ce qui constitue un soulagement pour les organisations internationales de défense des Droits de l’Homme et une décision saluée par Bruno Stagno, directeur exécutif adjoint de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, qui a souligné que « Le Conseil des droits de l’homme a aujourd’hui envoyé une réprimande spectaculaire à l’Arabie saoudite de Mohammed Ben Salman » (Le Monde). 

Néanmoins, cette nouvelle composition du Conseil a été vivement dénoncée par les organisations de défense des Droits de l’Homme, notamment du fait de l’élection de la Chine. Pour le directeur exécutif de l’ONG UN Watch, Hillel Neuer, « élire ces dictatures comme juges des droits de l’homme de l’ONU, c’est comme transformer un gang de pyromanes en pompiers” (El Comercio). La Chine a obtenu 139 voix lors du vote à bulletin secret, une chute spectaculaire au regard des 180 votes recueillis la dernière fois qu’elle avait été élue en 2016 (France 24). 

  • Un système de vote controversé

Elus en fonction de leur région géographique, le système de vote fait que les pays négocient et se mettent d’accord pour décider qui se présente, souvent sans rencontrer d’opposition (Le Monde). 

Pierre Haski, dans sa chronique de géopolitique du mardi 13 octobre sur France Inter, met en avant une “évolution sinistre: la capacité des prédateurs des droits de l’homme à réunir des coalitions d’États autour d’eux, pour leur garantir l’impunité ; réduisant ainsi à néant les mécanismes prévus internationalement pour faire face aux violations”.

Du côté de l’Europe, le groupe d’Europe Orientale a vu l’élection de la Russie et de l’Ukraine confirmée, et ce sont la France et le Royaume-Uni qui rejoignent le Conseil du côté de l’Europe Occidentale.


English translation

Elections to the United Nations Human Rights Council : China and Russia among the new members

On Tuesday 13 October 2020 new members were elected to the United Nations Human Rights Council. The Council, created in 1946 to strengthen the promotion and protection of human rights in the world (Le Monde), brings together 47 Member States, elected by the United Nations General Assembly. 

  • Criticised results

Fifteen seats were at stake, and their allocation was criticised by human rights organisations and by the United States (which withdrew from the Council in 2018), as it included countries accused of violating these same rights (France 24). Among the new member states, which will take office in January 2021 for a period of 3 years, are China, Russia and Cuba. The latter two are among the eleven countries elected without opposition. Indeed, most of the candidates, with the exception of those from the Asia-Pacific group – China, Saudi Arabia, Nepal, Pakistan and Uzbekistan – were practically assured of their place because they had no competitors (El Comercio). 

Saudi Arabia, which was in the running for membership, was finally not elected, a relief for international human rights organisations and a decision welcomed by Bruno Stagno, deputy executive director of the non-governmental organisation Human Rights Watch, who pointed out that « The Human Rights Council today sent a spectacular reprimand to the Saudi Arabia of Mohammed Ben Salman » (Le Monde). 

Nevertheless, this new composition of the Council has been strongly denounced by human rights organisations, particularly because of China’s election. For the executive director of the NGO UN Watch, Hillel Neuer, « electing these dictatorships as UN human rights judges is like turning a gang of arsonists into firemen » (El Comercio). China received 139 votes in the secret ballot, a dramatic drop from the 180 votes it received the last time it was elected in 2016 (France 24). 

  • A controversial voting system

Elected according to their geographical region, the voting system means that countries negotiate and agree to decide who runs, often without encountering opposition (Le Monde). 

Pierre Haski, in his geopolitical column on Tuesday 13 October on France Inter, highlights a « sinister development: the ability of human rights predators to bring together coalitions of states around them to guarantee impunity, thus destroying the mechanisms provided internationally to deal with violations ».

On the European side, the Eastern European group has seen the election of Russia and Ukraine confirmed, and France and the United Kingdom are joining the Council on the Western European side. 

Victoire BANCONS-DARGELAS

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