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Revue de presse du 14 au 20 septembre

Revue de presse du 14 au 20 septembre

Unis dans la diversité et dans l’adversité ? Ursula Von Der Leyen prononce son discours de 2020 sur l’Etat de l’Union

Ursula Von Der Leyen, Présidente de la Commission Européenne, 19 juillet 2019. Wikimedia Commons. Creative Commons Licence.

Mercredi 16 Septembre, la présidente de la Commission Européenne, Ursula Von Der Leyen, a prononcé son discours sur l’état de l’Union, près d’un an après l’entrée en fonction du nouvel exécutif européen. Chaque année, ce discours met en lumière les objectifs de l’UE pour les années à venir, et dresse un bilan des réalisations accomplies. Au début de son discours, elle a rendu hommage à l’ensemble des personnes qui ont aidé la population pendant la pandémie, dont de jeunes réfugiés .(Les Echos).

  • Les priorités de la Commission Européenne

Selon le Figaro, la présidente a définie trois priorités pour la communauté européenne : Le pacte vert européen, la transition numérique et les questions géopolitiques (envers la Chine, la Turquie, la Russie, les problématiques du Brexit et le partenariat avec les Etats-Unis, ndlr).

Bloomberg montre que l’Union européenne est toujours fragile, en dépit désormais d’une réduction qui est plus ambitieuse du gaz à effet de serre (une réduction de 55% et non de 40%, comme cela avait été annoncé lors de la présentation du Pacte Vert, ndlr) et d’un plan de relance, Next Generation EU, qui est une manière de construire une communauté plus résiliente. De même, Liberation estime que l’UE est en « soin intensif », et Ursula Von Der Leyen a évité de parler des sujets désagréables, comme la suspension de la liberté de circulation durant la pandémie.

  • Une nouvelle politique migratoire ?

Sur un autre sujet, la présidente veut mettre un terme au règlement de Dublin sur les migrations et les demandeurs d’asile. Elle a annoncé que la Commission Européenne va présenter un nouveau pacte sur les migrations d’ici un an (Le Monde). Cependant, La Croix souligne que depuis 2015, chaque tentative de réforme de ce règlement a échoué.

Pour continuer, elle a pris une position claire dans son discours pour la protection des minorités. Un des exemples les plus marquants concerne les récentes déclarations du parti Polonais Droit et Justice sur les zones sans LGBT dans le pays. Pour elle, ces zones sont des territoires sans humanité et qui n’ont pas leur place dans l’Union européenne.

Pour finir, Ouest France donne la parole à Véronique Auger, la présidente de l’association des journalistes européens. Elle critique le manque de couverture médiatique du discours sur l’état de l’Union par les chaines d’informations en continue françaises, comme BFM, CNEWS ou LCI, qui manquent à leur devoir d’informer les citoyens.


English translation

United in diversity and adversity ? Ursula Von Der Leyen delivers her 2020 State of the Union speech

Wednesday, September 16th, Ursula Von Der Leyen, president of the European Commission, addressed her state of the union speech, almost one year after the new EU executive took office. Every year, it highlights the EU’s goals for the years to come and it reviews the achievements made. At the beginning of her speech, she paid tribute to all the people who helped the population during the pandemic, including young refugees (Les Echos).

  • The priorities of the European Commission

According to the Figaro, the president of the European Commission has defined three priorities for the community : the Green Deal, the digital transition and geopolitics (towards China, Turkey, Russia, or the Brexit issue and partnership with the US, Editor’s Note).

Bloomberg shows that it is a still fragile European Union, even if the reduction of greenhouse gas emissions is more ambitious now (a reduction of 55% and not 40%, as announced during the presentation of the Green Deal, Editor’s Note) and the new recovery plan, Next Generation EU, is a way to build a more resilient community. In the same way, Liberation estimates that EU is in “intensive care”, and Ursula Von Der Leyen has avoided unpleasant topics, as the suspension of freedom of movement during the pandemic.

  • A new migration policy ?

On another topic, the president wants to abolish the Dublin Regulation on migrations. She announced that the European Commission will present a new pact on migration and asylum in one year (Le Monde). Nonetheless, La Croix points out that since 2015, every attempt of reforms has failed.

To continue, she took a clear position on her speech regarding the protection of minorities. One of the more striking examples concerns the recent statement on “LGBT free zones” of the Polish Law and Justice party. She said that those “zones” are areas without humanity that have no place within the European Union.

Finally Ouest France gives the floor to Véronique Auger, Association of European Journalist’s president. She criticizes the lack of media coverage of the State of the Union address, by the French TV media as BFM, CNEWS or LCI, who fail in their duty to inform citizens.

Simon Zenou


La Grèce devient le premier État européen à acheter le Rafale

Rafale en vol, @Dassault Aviation.

Un pays d’Europe s’apprête, pour la première fois, à commander l’avion de combat français de Dassault Aviation. Le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a annoncé le 12 septembre son intention d’acquérir dix-huit Rafales afin d’en équiper son armée de l’air. Cette annonce prend place dans le cadre d’un important programme d’armement et de renforcement militaire du pays sur fond de tension avec la Turquie voisine. 

  • Maintenir un rapport de force équilibré avec la Turquie

Le contexte diplomatique entre les deux États n’a en effet jamais été aussi critique après que des navires de guerre turcs aient été aperçus dans une zone maritime disputée en Méditerranée orientale (BFM.TV).

En modernisant son arsenal aérien, la Grèce frappe le point faible de la Turquie qu’est son aviation. Face à d’antiques chasseurs bombardiers turcs F-4 issus de la guerre du Vietnam, la Grèce se verra livrer d’ici 2022 six appareils neufs et douze d’occasions, probablement munis du standard moderne F3R capable d’équiper les missiles à longue portée « Meteor » (Le Point).

Ces aéronefs vont remplacer les plus vieux appareils (également de conception française), de quoi assurer à la Grèce le contrôle des espaces aériens ainsi qu’un rééquilibrage des rapports de force en cas de conflit ouvert avec la Turquie (Capital).

  • Renforcer les liens de confiance avec la France

Ce n’est pas la première fois que la Grèce effectue de telles commandes auprès de l’État français. Entre 1974 et 2000, Dassault Aviation a pu fournir à Athènes 95 avions de chasse Mirage qui composent aujourd’hui son armée de l’air. 

Pourtant, si les pays européens ont été dernièrement confrontés au besoin de moderniser leur flotte aéronavale, c’est vers la firme américaine Lockheed Martin et son chasseur furtif F-35, concurrent direct du Rafale, qu’ils se sont tournés. C’est donc à contre pied de ses alliés occidentaux que la Grèce a choisi d’entretenir cette dynamique de confiance entamée avec la France (Le Monde).

La ministre française des Armées, Florence Parly s’est ainsi félicitée de cette décision :

Ce choix en faveur d’un avion de combat Dassault Aviation, au plus haut niveau de la technologie mondiale, vient renforcer le lien entre les forces armées grecques et françaises, et permettra d’intensifier leur coopération opérationnelle et stratégique

Ministère des Armées.

English translation

Greece becomes the first European state to acquire the Rafale

For the first time, a European country is getting ready to order Dassault Aviation’s French fighter aircraft. The Greek Prime Minister, Kyriakos Mitsotakis, announced on 12 September his intention to acquire eighteen Rafales to equip his air force. This announcement is part of a major armament and military reinforcement programs for the country within a background of tension with Turkey.

  • A necessarily rebalanced lack of power against Turkey

Indeed, the diplomatic context between the two states has never been so critical after Turkish warships were sighted in a disputed maritime zone in the Eastern Mediterranean (BFM.TV).

By modernising its air arsenal, Greece is hitting Turkey’s weakest point which is its aviation. Against old Turkish F-4 fighter-bombers from the Vietnam War, Greece will have six new and twelve second-hand aircraft delivered by 2022, probably equipped with the modern F3R standard capable of equipping the long-range « Meteor » missiles (Le Point).

These aircraft will replace the oldest aircraft (also of French design), enough to ensure Greece’s control of air space and a rebalancing of the balance of power in the event of open conflict with Turkey (Capital).

  • A strengthening of the ties of trust with France

This is not the first time that Greece has placed such orders with the French state. Between 1974 and 2000, Athens ordered 95 Mirage fighter aircraft from Dassault Aviation, which today make up its air force.

However, while European countries have recently been faced with the need to modernise their naval air fleets, they have turned to the American firm Lockheed Martin and its F-35 stealth fighter, a direct competitor of the Rafale, for help. Thus, contrary to its Western allies, Greece chose to maintain this dynamic of confidence begun with France (Le Monde).

The French Minister of the Armed Forces, Florence Parly, welcomed the Greek Prime Minister’s decision:

This choice in favour of a Dassault Aviation fighter aircraft, at the highest level of world technology, strengthens the link between the Greek and French armed forces and will enable them to intensify their operational and strategic cooperation

Ministère des Armées

Rémi Huchet


Brexit : Violation du droit international et projet de loi sur “le marché intérieur” adopté

Le lundi 14 septembre, le controversé projet de loi sur “le marché intérieur” a été adopté en seconde lecture à 340 voix pour, et 263 voix contre, par la Chambre des Communes (Le Monde).

  • « Assurer l’intégrité du marché britannique »

La mention : “Certaines provisions seront appliquées nonobstant l’inconsistance ou l’incompatibilité avec le droit international ou d’autres aspects du droit intérieur” du  projet de loi annoncé le mercredi 9 septembre avait alors suscité d’amples réactions à ce qu’il revendique violer consciemment le droit international (Libération).

En revenant sur des termes de l’accord de retrait de l’Union européenne signé le 17 octobre 2019, entre la Grande-Bretagne et l’UE, le Ministre anglais chargé de l’Irlande du Nord confirmait que ce projet de loi “[violait] le droit international de manière spécifique et limitée”. Boris Johnson accuse le processus de négociation des conditions de sortie de l’UE d’avoir été réalisé dans la précipitation et veut, au travers de celle-ci, “assurer l’intégrité du marché intérieur britannique” en revenant sur les futures conditions douanières à la suite de la période post-brexit prévue pour décembre 2020 (Le Parisien).

  • Une rupture de la confiance avec l’UE ?

Le projet de loi avait alors entraîné de fortes contestations au niveau européen, la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen avait dénoncé une loi qui “violerait le droit international et saperait la confiance” avec l’UE, ainsi qu’en interne puisque la cheffe de l’exécutif écossais décriait une “tentative limpide de prise de pouvoir” sur les prérogatives de l’Ecosse.

Au coeur de la discorde réside la question de la matérialité de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, entre maintien de l’accord de paix entre les deux Irlandes et fluidité des échanges commerciaux au sein de la Grande-Bretagne, les réunions du comité mixte ont de beaux jours devant eux (Le Monde).


English translation

Brexit: Violation of international law and draft law on « the internal market » adopted

On Monday, September 14, the controversial « internal market » bill passed second reading in the House of Commons (Le Monde) with 340 votes in favour and 263 against.

  • « Ensuring the integrity of the UK market »

The statement: « Certain provisions will be applied notwithstanding the inconsistency or incompatibility with international law or other aspects of domestic law » of the bill announced on Wednesday, September 9, had by then elicited wide reactions to its claim that it consciously violates international law (Libération).

In going back on the terms of the European Union withdrawal agreement signed on 17 October 2019 between Britain and the EU, the British Minister for Northern Ireland confirmed that the bill « [violated] international law in a specific and limited way ». Boris Johnson accuses the process of negotiating the conditions of exit from the EU of having been carried out in haste and wants, through it, to « ensure the integrity of the British domestic market » by going back on the future customs conditions following the post-brexit period planned for December 2020 (Le Parisien).

  • A breach of trust with the EU ?

The bill had then led to strong protests at the European level, as the President of the European Commission Ursula Von der Leyen denounced a law that would « violate international law and undermine confidence » with the EU, as well as internally, as the head of the Scottish executive described a « clear attempt to take power » over Scotland’s prerogatives.

At the heart of the discord lies the question of the materiality of the border between Northern Ireland and the Republic of Ireland, between the maintenance of the peace agreement between the two Irishmen and the fluidity of trade within Great Britain, the meetings of the joint committee have bright days ahead (Le Monde).

Philémon Aurouet

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