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Revue de presse du 17 au 24 février 2020

Revue de presse du 17 au 24 février 2020

L’UE agrandit sa “liste noire” des paradis fiscaux

Drapeau des Îles Caïmans

Le Mardi 18 février, l’Union européenne a adjoint un 13e territoire à sa “liste noire” des paradis fiscaux. Alors que la liste “grise” des territoires candidats à y figurer s’est réduite, en raison de promesses de modifications législatives par les Etats, les Îles Caïmans se voient inscrites en tant que paradis fiscal (Le Monde).

Il s’agit de la première fois qu’un territoire d’un Etat membre, ou ex-Etat membre, y figure et certains y voient un avertissement lancé à la Grande-Bretagne. L’eurodéputé allemand Markus Ferber (PPE) déclare qu’il s’agit bien d’une alerte de la part de l’Union européenne à son ancien État membre, afin qu’il ne se constitue pas en paradis fiscal suite à sa sortie, il y a 3 semaines, de l’Union. Les institutions européennes ont quant à elle déclarées que les Îles Caïmans n’avaient pas “mis en place de mesures appropriées” avant échéance suite à leur inscription sur la liste “grise” de l’UE (Toute L’europe) .

Cet ajout fait suite à l’inscription, une nouvelle fois, du Panama qui avait pourtant bénéficié de l’aide de l’Espagne pour pouvoir en sortir. Cependant, l’élargissement de la liste est pour l’organisation Oxfam insuffisante, qui déplore de ne pas voir apparaître les Bahamas, les Bermudes et les Îles Vierges britanniques à la suite des Iles Caïmans pourtant considérés comme les lieux d’évasion fiscale “les plus nuisibles au monde”. L’Union européenne a répondu en mentionnant le fait que ces territoires auraient réalisés les mesures nécessaires pour ne plus appartenir à la liste “grise”(Le Figaro).

En parallèle, les regards se tournent sur la Turquie qui a bénéficié d’un délai supplémentaire à son échéance, semblable à celle des Îles Caïmans, dans la conduite de changement, cette fois, sur l’échange d’informations. La “liste noire” des paradis fiscaux de l’UE reste sujette à l’état des relations entre l’UE et les pays tiers.    

Philémon AUROUET


English translation :

EU expands its ‘black list’ of tax havens

Caimans Islands Flag

On Tuesday 18th of February the European Union added a 13th territory to its « black list » of tax havens. While the « grey » list of candidate territories to be included in the list has been reduced, due to promises of legislative changes by the states, the Cayman Islands are listed as a tax haven (Le Monde).

This is the first time that a territory of a Member State, or former Member State, has been listed and some see it as a warning to Britain. German MEP Markus Ferber (EPP) says it is indeed a warning from the EU to his former Member State to not register itself as a tax haven following its exit from the Union 3 weeks ago. The European institutions have declared that the Cayman Islands have not « put in place appropriate measures » before the deadline following their inclusion on the EU’s « grey » list (Toute L’europe).

This follows the inclusion, once again, of Panama, which had benefited from Spanish assistance in order to leave the list. However, its expansion is insufficient for the organisation Oxfam, which deplores the fact that the Bahamas, Bermuda and the British Virgin Islands have not been added after the Cayman Islands, which are considered to be the « most harmful places of tax evasion in the world ». The European Union replied by mentioning that these territories would have taken the necessary steps to be removed from the « grey » list (Le Figaro).

At the same time, attention is turning to Turkey, which has been given an extension to its deadline, similar to that of the Cayman Islands, in leading the change, this time, on the exchange of information. The « black list » of EU tax havens remains subject to the state of relations between the EU and third countries.

Philémon AUROUET


L’Union Européenne : Un plan pour conserver sa souveraineté technologique dans la course mondiale du numérique

Code HTML numérique, image libre de droit, @ Pixabay.com

Depuis une trentaine d’années le numérique a transformé nos sociétés, il est ancré dans nos vies quotidiennes et est au cœur des individus. Bien que pratique et novateur, il est aussi politique. C’est là toute la difficulté qui se pose à l’Union Européenne, qui veut consolider sa stratégie numérique pour rattraper son retard face à des modèles politiques beaucoup plus avancés sur la question, tel que ceux des Etats Unis ou de la Chine. (Euractiv).

Le mercredi 19 février Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission Européenne a affirmé dans un communiqué de presse qu’elle souhaitait « que l’Europe numérique reflète le meilleur de notre continent : l’ouverture, l’équité, la diversité, la démocratie et la confiance ». Sur la base de ces propos la commission a donc défini quelques grands axes de la stratégie numérique à venir de l’Union Européenne (Euractiv) qui sont les suivants :

  • La volonté d’une intelligence artificielle « responsable » et maitrisée par l’humain. (Médiapart – Par Agence France  Presse).

Qu’entend Ursula Von Der Leyen par une intelligence artificielle responsable ? C’est une intelligence artificielle à promouvoir,  tout    en maintenant une certaine vigilance dans son utilisation. Une intelligence artificielle « éthique » dans son exploitation, qui doit aussi être respectueuse des règles posées par l’Union Européenne, et veiller à la confidentialité des données et de la vie privée. (Maddyness)

  • Un plan solide dans le secteur des données pour rattraper le retard accumulé face aux Etats Unis et à la Chine.

Pour se faire la commission propose la création d’un « espace européen des données et un marché unique des données », notamment pour les marchés B2B. C’est à dire qu’il est prévu de faciliter la circulation des données au sein de l’Union Européenne entre les entreprises grâce à l’instauration d’un cadre  règlementaire,  qui  serait moins contraignant. (Euractiv)

Pourquoi une telle mesure ? Pour redorer le blason de l’Europe dans le secteur de l’innovation. Cette libre circulation des données, serait un levier pour la production, la consommation : un moyen de changer notre manière de produire, de consommer, de vivre. Cette mesure d’accès simplifié aux données est une ouverture aux marchés pour les petites et moyennes entreprises, mais aussi un moyen d’investir et d’innover. L’objectif étant de mettre en lumière les petites structures pour qu’elles puissent développer des applications d’intelligence artificielle, participer à l’innovation et construire la croissance de demain. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de performance.

  • Un meilleur financement pour l’Intelligence artificielle

La Commission voudrait une « coopération entre les États et le privé » (Euractiv) pour obtenir un budget annuel d’une valeur de 20 milliards d’euros consacré à l’intelligence artificielle. Elle prévoit aussi un fonds d’investissement pilote de 100 millions d’euros dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la blockchain. (Maddyness)

Ce projet ambitieux de la commission européenne de s’aligner aux grandes puissances sur la question du numérique répond à un véritable équilibre entre investissement et régulation, cependant, encore faut il que les entreprises européennes acceptent de donner accès à leurs données.

Célia RESTOIN


English translation:

The European Union: A plan to preserve its technological sovereignty in the global digital race

Digital HTML code, royalty free image, @ Pixabay.com

Over the last 30 years or so, digital technology has transformed our societies, it is anchored in our daily lives and is at the heart of individuals. Although practical and innovative, it is also political. This is the challenge facing the European Union, which wants to consolidate its digital strategy in order to catch up with much more advanced political models on the issue, such as those of the United States or China. (Euractiv)

On Wednesday 19 February Ursula Von Der Leyen, President of the European Commission, stated in a press release that she wanted « digital Europe to reflect the best of our continent: openness, fairness, diversity, democracy and trust ». On the basis of these words, the Commission has therefore defined some of the main lines of the European Union’s future digital strategy (Euractiv), which are as follows :

  • The desire for a « responsible » artificial intelligence controlled by humans. (Médiapart – Par Agence France Presse).

What does Ursula Von Der Leyen mean by responsible artificial intelligence? It is an artificial intelligence to be promoted, while maintaining a certain vigilance in its use. An artificial intelligence that is « ethical » in its use, which must also respect the rules laid down by the European Union and ensure the confidentiality of data and privacy. (Maddyness)

  • A solid plan in the data sector to catch up with the United States and China.

To achieve this, the committee proposes the creation of a « European data space and a single data market », especially for B2B markets. That is to say that it is planned to facilitate the circulation of data within the European Union between companies through the establishment of a regulatory framework, which would be less restrictive. (Euractiv)

Why such a measure? To raise Europe’s profile in the innovation sector. This free circulation of data would be a lever for production and consumption: a means of changing the way we produce, consume and live. This measure of simplified access to data is an opening to markets for small and medium-sized enterprises, but also a means of investing and innovating. The aim is to highlight small structures so that they can develop artificial intelligence applications, participate in innovation and build tomorrow’s growth. This strategy is part of a performance-based approach.

  • Better funding for Artificial Intelligence

The Commission would like « cooperation between states and the private sector » (Euractiv) to obtain an annual budget of 20 billion euros for artificial intelligence. It is also planning a pilot investment fund of 100 million euros in the field of artificial intelligence and blockchaining. (Maddyness)

This ambitious project of the European Commission to align itself with the major powers on the digital issue is a real balance between investment and regulation, however, European companies still need to agree to give access to their data.

Célia RESTOIN

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