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Revue de presse du 18 au 24 novembre 2019

Comprendre, confronter, concrétiser

Revue de presse du 18 au 24 novembre 2019

Un trentième anniversaire de la Révolution de Velours sous le signe de la protestation contre le gouvernement Tchèque

Le premier ministre Tchèque Andrej Babiš.
CREDIT PHOTO : Pixabay.

Le 17 Novembre dernier marquait le trentième anniversaire de la Révolution de Velours en République Tchèque et en Slovaquie (vidéo Euronews) et de nombreuses personnes se sont réunies pour commémorer cet événement historique dans un contexte de fin de la Guerre froide (Le Monde). 

Mais le 16 Novembre avait aussi lieu à Prague une énième manifestation de protestation contre le premier ministre Andrej Babiš, accusé de corruption et de détournement de fonds européens (Le Monde). La police tchèque a d’ailleurs recommandé d’inculper le premier ministre en avril dernier pour conflits d’intérêts (The Financial Time). En effet, il aurait collecté des dizaines de millions d’euros de subventions en 2018 (The New York Times). Un audit de la Commission Européenne suggère que la République Tchèque devrait rembourser 17 millions d’euros à l’Union Européenne (The Guardian).

Près de 250 000 personnes (L’Express) se seraient rassemblées au parc Letna, un lieu chargé de symbole depuis la Révolution de Velours (The Guardian) pour réclamer le départ du chef de gouvernement. Selon France 24, cette manifestation est d’une ampleur sans précédent depuis la Révolution de Velours. La manifestation a été organisée par le mouvement The Million Moment for Democracy Group, une initiative étudiante (BBC News avec une vidéo de la manifestation).

Ce n’est pas la première fois que les Tchèques se rassemblent cette année pour manifester contre leur premier ministre, à la tête du parti ANO. Le 29 avril dernier, des milliers d’entre eux avaient protesté contre la nomination du nouveau ministre de la justice par le président Milos Zeman, proche d’ Andrej Babiš (L’Express) et contre la corruption. Le 5 juin dernier, une autre manifestation avait réuni près de 120 000 personnes (BBC News). 

Pour certains manifestants, Andrej Babis leur rappelle le temps du communisme, pour d’autres il n’est rien de plus qu’ un oligarque, comme Silvio Berlusconi (The Guardian). Le 16 Novembre, plusieurs manifestants déclarent être venu se battre pour la démocratie en danger, et évoquent avec nostalgie l’ancien président tchèque Vaclav Havel, qui a été fervent opposant au régime communiste (L’Express).


Thirtieth anniversary of the Velvet Revolution under the sign of the protest against the Czech government

Czech Prime minister, Andrej Babiš.
CREDIT PHOTO : Pixabay.

Last November 17th was the thirtieth anniversary of the Velvet Revolution in the Czech Republic and Slovakia (Euronews video) and many people gathered to commemorate this historic event in the context of the end of the Cold War (Le Monde). 

But on 16th of November, there was also another protest demonstration in Prague against Prime Minister Andrej Babiš, accused of corruption and embezzlement of European funds (Le Monde). The Czech police recommended that the Prime Minister be charged last April with conflict of interest (The Financial Time) Indeed, he is said to have collected tens of millions of euros in subisidies in 2018 (The New York Times). An audit by the European Commission suggests that the Czech Republic should reimburse 17 million euros to the European Union (The Guardian).

Nearly 250,000 people (L’Express) are reported to have gathered at Letna Park, a symbolic place since the Velvet Revolution (The Guardian) to demand the departure of the head of government. According to France 24, this demonstration is of an unprecedented scale since the Velvet Revolution. The demonstration was organized by the Million Moment for Democracy Group, a student initiative (BBC News with a video of the demonstration).

This is not the first time that Czechs have gathered this year to demonstrate against their Prime Minister, the leader of the ANO party. On 29th April, thousands of them protested against the appointment of the new Minister of Justice by President Milos Zeman, close to Andrej Babiš (L’Express) and against corruption. On 5th June, another demonstration brought together nearly 120,000 people (BBC News). 

For some demonstrators, Andrej Babiš reminds them of the communist era, for others he is an oligarch, like Silvio Berlusconi (The Guardian). On November 16th, several demonstrators declared that they had come to fight for democracy in danger, and recalled with nostalgia the former Czech President Vaclav Havel, who had been an opponent and dissident during the communist regime (L’Express).

Le Brexit comme enjeu majeur des élections législatives anticipées au Royaume-Uni 

CREDIT PHOTO : @L’EXPRESS 19/11/2019 

Alors que le Parlement britannique a été dissous le 6 novembre dernier et en attendant les élections législatives anticipées, le constat reste sans appel : le Brexit demeure au centre de cette ferveur. Il suffit de se pencher sur l’ensemble des déclarations entourant cette campagne anticipée pour constater que la sortie hors de l’Union Européenne est sur toutes les lèvres et polarise toute l’attention médiatique. C’est d’ailleurs devenu l’argument principal cité dans les sondages par les électeurs pour déterminer le candidat pour lequel ils voteraient.  

Le débat télévisé du mercredi 20 Novembre dernier n’a pas échappé à cette tendance. Confrontant directement les leaders politiques des partis conservateur et travailliste, il se révéla fortement focalisé sur leurs positionnements respectifs vis-à-vis de ce sujet brûlant. Ainsi, Boris Johnson est resté campé sur ses positions et a renouvelé une fois de plus son souhait de “réaliser le Brexit” coûte que coûte, dénonçant l’indécision de son rival direct. De son côté, Jeremy Corbin a affirmé qu’il renégocierait un meilleur accord avec Bruxelles afin de le soumettre à un second référendum avec lequel le peuple pourra se prononcer sur un retrait définitif selon les nouveaux termes ou un maintien dans l’UE. 

Quoiqu’il en soit, ce face-à-face aura permis de corroborer plusieurs suppositions. D’abord, malgré une avance pour les Tories d’après les sondages, ceux réalisés à la suite du débat confirment, avec 51%Johnson et 49%Corbin, que l’issue du vote le 12 décembre est plus que jamais incertaine. D’autant qu’il faut compter sur la montée d’autres partis mineurs pour venir brouiller encore plus les résultats (libéraux-démocrates, Brexit Party … etc). Ensuite, il souligne combien les autres thématiques de discussions comme l’environnement, les services publics ou la santé sont relégués au second plan. Enfin, cette “élection Brexit”, orchestrée comme un moyen d’obtenir une majorité confortable pour promulguer une fois pour toute le retrait du Royaume-Uni, réveille les volontés sécessionnistes : la Première Ministre Écossaise a promis un référendum sur l’indépendance de sa région en cas de Brexit … 


The Brexit : the major stake of UK’s anticipated legislative elections 

CREDIT PHOTO : @L’EXPRESS 19/11/2019 

While the British Parliament was dissolved on the 6th November, followed by the official beginning of the anticipated legislative campaign, there is one striking observation : the Brexit remains prominent amid this fervor. Taking a glance at the set of statements referring to these anticipated elections underlines how the British withdrawal from the European Union is on every lips and polarize all the mediatic attention. Besides, it has become the main assertion the polls mentioned for the constituents to figure out which candidate they would vote for. 

The TV debate, which occurred on last Wednesday (on the 20th November), didn’t evade this trend. Confronting directly the political leaders of both conservative and labour parties, it turned out to be thoroughly focused on their respective standing vis-à-vis this burning issue. Thus, Boris Johnson stood on his positions and renewed once more his wish to “get the Brexit done” whatever it takes, criticizing the indecision of his rival. For his part, Jeremy Corbin stated that he would renegotiate a better deal with Brussels in order to submit a second referendum where the people could decide either a definitive withdrawal in accordance with the new terms or the maintain within the EU. 

Anyway, this face-to-face has enabled to validate several assumptions. First, despite an advantage for the Tories according to the polls, the ones carried out following the debate attest, with 51%Johnson and 49%Corbyn, that the outcome of the 12th December vote is more than ever bleak. Especially observing the rise of minor parties that would make the results even blurrier (liberal-democrats, UKIP … etc). Then, it underlines how other topics like environnement, public services or health have become secondary. At last, “this Brexit election”, engineered as a mean to obtain a convenient majority to enact once and for all the the withdrawal of the United Kingdom, has also awakened again the secessionist wills : the Scottish Prime Minister promised she would trigger a referendum about the Scotland independence in case of effective Brexit … 


Grèce : le berceau de la démocratie se bat toujours pour celle-ci 

 Des étudiants marchant à Athènes pour commémorer le soulèvement du 17 novembre 1973 
CREDITS PHOTO : @AFP-Archive

Le 17 novembre dernier ont eu lieu en Grèce des manifestations à l’occasion de la commémoration du soulèvement des étudiants de l’Ecole  Polytechnique d’Athènes, marquant la fin de la dictature des colonels, et qui avaient été réprimés par l’intrusion de chars militaires dans l’établissement universitaire le 17 novembre 1973 et fait au moins 24 morts. Selon Euronews, Plus de 20 000 personnes ont marché dans Athènes dimanche dernier, tenant le drapeau grec tâché de sang qui flottait devant l’école polytechnique en 1973. 

Si cette commémoration dégénère souvent en émeutes, le 46ème anniversaire s’annonçait d’autant plus tendu face à la situation économique et sociale du pays et après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de droite mené par le Premier Ministre Kyriakos Mitsotakis. En effet, depuis les élections législatives de juillet dernier, le gouvernement a souligné que son objectif était d’assurer « la sécurité » des citoyens. L’été dernier, la police est intervenue plusieurs fois dans le quartier contestataire d’Exarchia à Athènes, pour évacuer des squats occupés par des migrants et des militants de gauche. (Le Point). 

Il s’agissait également de la première manifestation depuis l’abolition de la loi dite de « l’asile universitaire », héritée du soulèvement de 1973 et interdisant à la police de pénétrer au sein des universités, et qui symbolisait pour les grecs le retour de la démocratie dans sa terre d’origine. 

Un important dispositif de sécurité avait donc été déployé dimanche dernier, et des heurts ont eu lieu avec les forces de l’ordre, qui ont arrêté 28 personnes. Un manifestant, Nikos Koukoufilipou, a déclaré à Euronews « Le message de la lutte contre la dictature est intemporel. La lutte pour une vraie démocratie ne finit jamais. Chaque génération doit travailler dur pour réaliser ses rêves ». Aujourd’hui, pour une partie de la population grecque, « la dictature ne s’est pas terminée en 1973 » (Mediapart). 


Greece: the birthplace of democracy, still fighting for it

Greek students walking in Athens to commemorate the 1973 November 17th uprising
CREDITS PHOTO : @AFP-Archive

Last 17th of November, several demonstrations took place in Greece to commemorate the uprising of the students from the Polytechnic School in Athens against the Colonels’ dictatorship. During this revolt in 1973, at least 24 persons died after a tank entered into the university. Last Sunday, more than 20 000 persons walked in Athens, holding the Greek flag covered with blood stain that was floating in front of Polytechnic in 1973. 

If this commemoration often leads to riots, it was predicted that the 46th anniversary would be even more strained, because it was the first demonstration after the new government was formed last July, led by new Prime Minister Kyriakos Mitsotakis. Indeed, the conservative government underlines that its main goal was to guarantee the security of the citizens. The police have intervened several times since last summer in Exarchia neighbourhood, to evacuate squats occupied by migrants and left activists. 

This was also the first demonstration since the abolition last August, of the so-called “university asylum” law, coming from the 1973’s uprising and which used to prohibit the police to enter in universities. For Greek people, this law was the symbol of the come back of the democracy to its birthplace. 

Thus, important security measures were deployed across the capital city.  Some riots took place and 28 persons were arrested. A demonstrator, Nikos Koukoufilipou, has stated to Euronews that “the message of the fight against the dictatorship is timeless. The fight for a real democracy never ends. Each generation has to work hard to achieve its dreams”. Nowadays, for a part of the Greek population, “the dictatorship has not ended in 1973”. 

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