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Revue de presse du 2 au 8 décembre 2019

Revue de presse du 2 au 8 décembre 2019

Tensions en Méditerranée orientale : une histoire de frontières maritimes et gisements gaziers

CREDIT PHOTO : @OSM, NED

A l’occasion du sommet de l’OTAN à Londres les 3 et 4 décembre derniers, une des situations sujettes à discorde était celle qui anime la région est-méditerranéenne. En effet, après la découverte de réserves de gaz en Méditerranée orientale, une course à l’exploitation de ces ressources a vu le jour et provoqué un litige entre la Turquie d’un côté et la Grèce et Chypre de l’autre (EURACTIV).

A l’origine des récentes tensions entre les pays limitrophes se trouve la signature d’un protocole d’accord entre la Turquie et la Lybie visant à délimiter les zones maritimes de la région. Or, selon Athènes, Nicosie et le Caire, cet accord signifie que la Turquie fait comme si ces trois pays n’existaient pas (RFI), alors que les eaux économiques de ces derniers se trouvent entre la Turquie et la Lybie, et que les champs gaziers ont été découverts dans cette zone. Cela constitue selon Athènes, « Une atteinte à la logique et à la géographie ».  

La Grèce et la Turquie n’ont jamais trouvé de terrain d’entente concernant leurs frontières maritimes. Contrairement à la Turquie, la Grèce est signataire de la Convention des Nations-Unies sur le Droit de la mer et respecte les règles de la Zone Economique Exclusive, qui constituent un atout considérable pour ses nombreuses îles en mer Egée et Méditerranée, mais non reconnu par la Turquie (Aljazeera). 

Suite à l’annonce de l’accord conclu entre la Turquie et la Lybie, la Grèce et l’Egypte ont à leur tour décidé d’accélérer les discussions pour la démarcation de zones économiques exclusives entre elles.  

Selon une estimation du United States Geological Survey, la Méditerranée orientale pourrait produire à terme 350 billions de pieds cubes de gaz et 3,5 milliards de barils de pétrole, ce qui suffirait à alimenter la région pendant des décennies. Le Premier Ministre grec, Kyriakos Mitsotakis a déclaré lors d’une réunion en marge de la COP25 que « la Turquie sape les efforts de l’UE pour lutter contre le changement climatique, et qu’il était donc indispensable que l’UE se préoccupe de la situation et des politiques d’exploitation des nouveaux gisements de la région » (EURACTIV). Concernant l’OTAN, celle-ci n’a jamais pris de position en ce qui concerne les problématiques de souveraineté en mer Egée et Méditerranée entre la Turquie et la Grèce. 


English translation :

Tensions in eastern Mediterranean Sea : a history of maritime boundaries and gas deposit

CREDIT PHOTO : @OSM, NED

During the NATO summit last 3rd and 4th of December, a situation subject to disagreements was the one of the eastern Mediterranean Sea. Indeed, the discovery of gas deposit in the area led to a conflict between Turkey on one side and Greece and Cyprus on the other (EURACTIV).

Recently, Turkey signed an agreement with Libya which defines the maritime zones in the region. But according to Athens, Nicosia and Cairo, this agreement means that Turkey ignores the existence of those three countries (RFI), whereas their economic waters are located between Turkey and Libya, and also that the gas deposits were found in this specific area. For Athens, this constitutes “an infringement to logic and geography”. 

Greece and Turkey have never found an agreement regarding their maritime boundaries. Unlike Turkey, Greece has signed the UN International Law of the Sea and respects the rules of the EEZ, which constitutes a considerable advantage for its islands in Aegean and Mediterranean Sea, but not recognized by Turkey (Aljazeera). 

After the announcement of the agreement passed between Libya and Turkey, Greece and Egypt have decided to speed up the discussions for the demarcation of the EEZ between them. 

According to the United States Geological Survey, eastern Mediterranean Sea could ultimately yield 350 trillion cubic feet (about 10 trillion cubic metres) of gas and 3.5 billion barrels of oil. That is enough to power the region for decades. Greek Prime Minister, Kyriakos Mitsotakis has declared during a meeting to prepare the COP25 that “Turkey undermines EU’s efforts to fight against the climate change, and therefore that EU is concerned about the situation and the exploitation policies of the new deposits in the region” (EURACTIV).  NATO has never taken position regarding the issues of sovereignty in Aegean and Mediterranean Sea between Turkey and Greece. 


 La COP 25 : La dernière chance pour le climat ?

CREDIT PHOTO : @20minutes.fr

La COP 25 (Conférence des Parties) qui a débuté le 2 décembre dernier se tiendra jusqu’au 13, à Madrid. Cette convention de l’ONU adoptée en 1992 afin de « maîtriser l’augmentation des gaz à effet de serre causée par l’homme, dans le but d’éviter un dérèglement dangereux du climat » réunit les 195 États ayant ratifié la Convention. Sous présidence chilienne, celle-ci a pour but premier de mettre en œuvre les objectifs définis par l’accord de Paris sur le changement climatique de 2015. Par ailleurs, celle-ci a comme visée de motiver les pays parties à communiquer les « nouveaux plans nationaux d’action climatique » pour l’année 2020. 

S’inscrivant dans le contexte actuel d’action contre le réchauffement climatique, les citoyens, plus que jamais préoccupés, militent aux côtés de Greta Thunberg pour inciter les États à respecter leurs engagements. A l’occasion de cette conférence, les populations ont motivé leur envie de faire bouger les choses, de prévoir un avenir meilleur pour leur descendance. Ainsi, « 222 organisations de parents de 27 pays » ont lancé un appel aux États signataires ce jeudi.  Quant à l’ONU, elle voit en cette réunion la dernière possibilité « d’agir réellement ».


COP 25 : The last chance for climate ?

CREDIT PHOTO : @20minutes.fr

COP 25 (Conference of the Parties), which began on 2 December last, will be held until 13 December in Madrid. This UN convention, adopted in 1992 to « control the increase in greenhouse gases caused by mankind, in order to avoid dangerous climate change« , brings together the 195 States that have ratified the Convention. Under the Chilean Presidency, its main objective is to implement the objectives defined by the Paris Agreement on Climate Change of 2015. In addition, it aims to motivate country Parties to communicate the « new national climate action plans » for the year 2020.

In the current context of action against global warming, citizens, more concerned than ever, are campaigning alongside Greta Thunberg to encourage States to respect their commitments. During this conference, the populations motivated their desire to make things happen, to plan a better future for their descendants. Thus, « 222 parents’ organizations from 27 countries » launched an appeal to the signatory states on Thursday. As for the UN, it sees this meeting as the last opportunity to « take real action« .


Antisémitisme au Labour party (GB) : le coup de grâce pour Corbyn ? 

CREDIT PHOTO @LAPRESSE.CA

À une semaine des ‘general elections‘ convoquées par Boris Johnson un nouveau scandale a éclaté au sein du parti d’opposition de Jeremy Corbyn. En effet, le Jewish Labour Movement, un mouvement ouvrier juif lancé en 1903 en tant que branche britannique du mouvement international Poale Zion, a annoncé qu’il ne supporterait pas le parti travailliste, une première depuis sa création. En cause ? Le comportement de Jeremy Corbyn qualifié de laxiste envers certains des membres du parti qui ont été accusés d’antisémitisme. En février déjà une vague de démissions de députés et de Lords pour cause d’antisémitisme a alarmé de nombreux collègues travaillistes.

Ensuite, Chris Williamson, député travailliste et allié de Corbyn, a provoqué un tollé pour avoir déclaré que le parti avait «présenté trop d’excuses» au sujet des plaintes pour antisémitisme. Finalement le coup de grâce a eu lieu lorsque la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme a annoncé qu’elle soumettait le parti à une enquête officielle sur l’antisémitisme.

Selon the Guardian, les conséquences pourrait être désastreuses pour le parti en vue des prochaines élections où les britanniques choisiront leurs députés, élisant ainsi indirectement un nouveau gouvernement formé soit par un des deux partis majoritaires (travailliste et conservateur) soit par une coalition en cas d’absence claire de majorité.En effet, les trois journaux juifs les plus influents du Royaume-Uni ont publié un éditorial conjoint disant qu’un gouvernement dirigé par Corbyn représenterait une menace existentielle pour la vie juive au Royaume-Uni. La perte du soutien de la communauté juive est ainsi un nouveau revers pour les travaillistes dans une campagne déjà entachée de scandales.  


English translation :

Antisemitism at the Labour Party (GB): the final blow for Corbyn ?

CREDIT PHOTO @LAPRESSE.CA

A week before the general elections called by Boris Johnson, a new scandal broke out in Jeremy Corbyn’s opposition party. Indeed, the Jewish Labour Movement, a Jewish workers’ movement launched in 1903 as the British branch of the international Poale Zion movement, announced that it would not support the Labour Party, a first since its creation. In question? Jeremy Corbyn’s lax attitude towards some of the party members who have been accused of anti-Semitism. Already in February a wave of resignations of MPs and Lords on grounds of anti-Semitism alarmed many Labour colleagues.

Then, Chris Williamson, Labour MP and Corbyn’s ally, provoked an outcry for saying that the party had « made too many excuses » about complaints of anti-Semitism. Finally, the coup de grâce came when the Commission for Equality and Human Rights announced that it was subjecting the party to an official investigation into anti-Semitism.

According to the Guardian, the consequences could be disastrous for the party in the upcoming elections where the British will choose their MPs, indirectly electing a new government formed either by one of the two majority parties (Labour and Conservative) or by a coalition in the absence of a clear majority, as the three most influential Jewish newspapers in the United Kingdom have published a joint editorial saying that a government led by Corbyn would pose an existential threat to Jewish life in the UK. The loss of support from the Jewish community is thus another setback for Labour in an already scandalous campaign.

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