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Revue de Presse du 25/03 au 31/03

Revue de Presse du 25/03 au 31/03

Brexit: un possible quatrième vote du Brexit avant le 12 avril ?

Le troisième échec du Brexit : « 344 contre 286 » C’est le nombre de voix par lequel les députés britanniques de la Chambre des communes ont rejeté une fois encore l’accord négocié par Theresa May avec l’Union européenne. Un troisième vote qui aurait pourtant pu mener à trouver une solution pour essayer de clore cette saga débutée en juin 2016. En effet, comme en avait convenu le Conseil européen le 21 mars dernier, si l’approbation de l’accord de retrait par la Chambre des communes avait été votée le 29 mars, un report automatique du Brexit au 22 mai 2019 avait alors été prévu. Theresa May, pourtant prête à présenter sa démission comme elle l’avait annoncé le 28 mars dans l’hypothèse de l’obtention du vote positif de l’accord, n’a pas su par cette démarche convaincre les partisans du « Leave » les plus radicaux.

Hypothèse d’un quatrième vote ?Dès demain, il reviendra donc aux députés de la Chambre des communes d’étudier de nouvelles perspectives concernant l’issue du Brexit tandis que Theresa May continue à « plaider en faveur d’un Brexit ordonné », mais elle a reconnait également l’importance d’envisager une « autre voie ».Ainsi, comme l’auraient relayé plusieurs journaux d’Outre-Manche, les députés pourraient se voir confronter dans un quatrième acte au dilemme de voter l’accord de MmeMay, ou de choisir « un projet alternatif qui recueillerait le soutien de nombreux députés lundi et pencherait pour un Brexit plus doux que le texte actuel ».

Quelle suite ? Le deal ayant été une nouvelle fois rejetée, si l’hypothèse d’un quatrième vote par la Chambre des communes n’est pas avérée alors deux issues se présentent. D’une part, comme l’a prévu le Conseil européen, le Brexit sera reculé au plus tard à la date limite du 12 avril pour un Brexit sans deal avec l’Union européenne. Le spectre d’une sortie sans accord se dessine donc de plus en plus comme en témoignele premier ministre irlandais, Leo Varadkar: le « no deal » est une « possibilité croissante ». D’autre part, Theresa May pourrait également demander à Bruxelles « un report long du Brexit, impliquant l’organisation d’un scrutin européen afin d’éviter une chaotique sortie sans accord ». « un report long du Brexit, impliquant l’organisation d’un scrutin européen afin d’éviter une chaotique sortie sans accord »

photo : https://pixabay.com/fr/illustrations/brexit-carte-ciseaux-europe-gap-3873554/

Politique / Ukraine : Elections présidentielles – Dernière semaine de campagne.

Cette semaine, la campagne des élections présidentielles ukrainiennes a connu certains débordements, notamment par l’annonce, mardi 26 mars, de l’assignement en justice de la chaîne 1+1 TV par Petro Poroshenko, président ressortissant.

Il accuse la chaine d’avoir diffusé à plusieurs reprises des informations mensongères à son sujet. Il justifie ses accusations par un passé tumultueux entretenu entre l’Etat et la chaîne en question. En effet, le propriétaire de la chaine, Ihor Kolomoyskyy était précédemment propriétaire de la PrivatBank, qui, en 2016 a connu une nationalisation à la suite d’accusations de fraude.

Cette chaine diffuse notamment la série dans laquelle Volodymyr Zelenskyy incarne un président ukrainien ; l’acteur est aujourd’hui candidat à la présidentielle. Si la série apparait comme une fiction, les sondages, eux, n’ont rien de tel : selon trois enquêtes indépendantes, Volodymyr Zelenskyy s’impose en tant que leader incontesté. Simultanément, Poroshenko rivalise avec l’ancien Premier Ministre Yulia Tymoshenko, leader du mouvement populiste pour la seconde place.

En vue des élections de ce dimanche 31 mars, à moins qu’un des candidats ne s’impose à la majorité absolue (ce qui s’avère peu probable comme le suggèrent les sondages), les deux premiers au scrutin atteindront un second tour le 21 Avril.

Le prochain président héritera d’un pays ayant connu de grandes avancées depuis ces cinq dernières années mais plus largement ayant échoué à réduire une corruption ancrée et, de ce fait, demeurant une cible majeure de la politique de déstabilisation russe.

Photo :https://foreignpolicy.com/2019/03/29/ukraines-election-will-test-the-strength-of-its-democracy/

Politique /Espagne : des élections sous haute tension

Après l’irruption impromptue du parti d’extrême-droite Vox aux élections andalouses de décembre1, Ciudadanos (libéraux), le Partido Popular (conservateurs) et Vox (national-populistes) ont constitué un bloque de derechas qui gouverne l’Andalousie après 36 ans de règne ininterrompu du PSOE.

Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a tenté de reprendre en main l’agenda politique saturé par la crise catalane avec la présentation d’un budget anti-austéritaire appuyé par Podemos2, mais les indépendantistes catalans qui l’avaient propulsé à la Moncloa il y a quelque mois l’ont mis en minorité.

Résultat : de nouvelles élections anticipées, les troisièmes en moins de quatre ans3. Le vainqueur du scrutin sera probablement le PSOE, crédité de 25 à 30% des intentions de vote, mais la gouvernabilité du pays est encore au centre de toutes les questions4. Le bloc des droites comme le bloc des gauches PSOE-Podemos semblent incapables de rassembler une majorité absolue, dépendant de l’apport des petits partis catalans, basques et valenciens. Le scénario le plus probable serait la reconduction de la majorité socialiste-Podemos-régionaliste qui a permis à Sánchez de réussir sa motion de censure contre Rajoy en juin dernier5. De ces élections sous haute tension dépendront les élections européennes, autonomiques et municipales du mois de mai, qui risquent de voir le PSOE de passer devant le SPD6, devenant la première délégation nationale au sein du Parti socialiste européen…

1 https://www.theguardian.com/world/2018/dec/09/far-right-andalucia-seville-vox-party-shockwave-spanish- politics

2 https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/10/12/en-espagne-le-gouvernement-socialiste-s-allie-avec- podemos-pour-presenter-le-budget_5368430_3214.html?fbclid=IwAR3JD9nkuRQ4psE- pGrW4wn_SUFDcvKJZYl7mcWut5GLoD8OQ-tEhoddPpI

3 https://elpais.com/politica/2019/02/15/actualidad/1550216540_890788.html

4 https://www.elperiodico.com/es/politica/20190325/encuestas-elecciones-generales-2019-7315136

5 https://elpais.com/politica/2018/06/01/actualidad/1527833707_590950.html

6 http://www.rtve.es/noticias/20190329/psoe-ganaria-europeas-19-escanos-mientras-pp-se-mantiene-cs-vox- retroceden/1912808.shtml

Politique / Les élections présidentielles en Slovaquie et la montée en puissance de Zuzana Caputov

Samedi 30 mars s’est tenue le deuxième tour de l’élection présidentielle slovaque. Après sa victoire éclatante au premier tour le 16 mars, Zuzana Caputova, avocate, libérale qui défend l’environnement était donnée favorite pour décrocher la palme de la présidence. En effet cette illustre inconnue a obtenu 40,5% des voix contre 18,7% pour le commissaire européen Maros Sefcovic, candidat du parti social-démocrate.

Zuzana Caputova est avocate libérale qui défend l’environnement. D’où peut bien venir ce score sans partage ni ambiguïté ? Selon Ouest-France, d’un ras-le-bol généralisé à l’encontre de dirigeants mouillés depuis des années dans plusieurs scandales de corruption. En outre, cette femme politique dénote dans le paysage politique d’Europe centrale plutôt composé de partis conservateurs et nationalistes. Le système partisan est très fragmenté en Slovaquie puisqu’il est aisé de se présenter à la présidentielle : 15000 signatures suffisent ou celles de 15 députés (contre 500 signatures d’élus en France).

Son succès est aussi dû au fait qu’elle a axé sa campagne sur le thème de la lutte contre la corruption qui, soit dit en passant, n’est pas nouveau puisque l’actuelle président Andrej Kiska l’avait constamment utilisé en 2014.Mais elle incarne également des idées jugées progressistes en prenant position en faveur du mariage gay et de l’avortement, se plaçant ainsi en rupture avec plusieurs des partis slovaques traditionnellement conservateurs sur ces sujets, donc opposés à la légalisation de l’un comme de l’autre.

Sa réussite surprend d’autant plus que la Slovaquie était connue jusque-là pour ses valeurs catholiques traditionnelles. C’est ce qui a fait dire à madame Caputova selon des propos relayés par Le Monde : « Mon résultat prouve que la Slovaquie n’est pas aussi conservatrice que certains le pensaient ». Une autre originalité de cette élection, c’est que ce sont, en définitive, deux partis de gauche qui se sont affrontés le 30 mars puisque Zuzana Caputova concourt sous la bannière du parti « Slovaquie progressiste » (PS) et son opposant qui n’est autre que Maros Sefcovic, commissaire européen, est le candidat d’un parti considéré comme populiste de gauche, le « SMER social-démocratie ».

Tandis que ce dernier a tenté ces dernières semaines de se rapprocher de l’Eglise catholique, au moins dans sa rhétorique, sans doute pour conquérir un électorat rural majoritairement catholique, Zuzana Caputova s’est vue créditée d’un appel à voter pour elle du parti « Most-Hid », issu de la minorité hongroise. C’est elle qui a été élue avec plus de 58% des voix même si le dépouillement n’est pas totalement terminé. Zuzana Caputova devient la première femme présidente de la Slovaquie et la troisième femme présidente au sein de l’UE. Les promesses d’intégrité et de progrès, notamment social et environnemental, qu’elle a présenté dans son programme seront attendus par un peuple en demande de changement.

image: https://www.zuzanacaputova.sk/

sources

www.lemonde.fr/international/article/2019/03/17/slovaquie-la-liberale-caputova-affrontera-sefcovic-au-second-tour-de-la-presidentielle_5437216_3210.html

https://www.ouest-france.fr/europe/slovaquie/presidentielle-en-slovaquie-zuzana-caputova-la-generation-montante-en-tete-au-premier-tour-6267929

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