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Revue de Presse du 25 novembre au 1er décembre

Comprendre, confronter, concrétiser

Revue de Presse du 25 novembre au 1er décembre

La nouvelle Commission européenne élue avec une large majorité

CREDIT PHOTO : @WIKIMEDIA.org

Le 27 novembre, le Parlement européen à Strasbourg a élu, au deuxième essai, la nouvelle Commission avec une majorité de 461 votes contre 157 et 89 abstentions. Alors qu’elle a obtenu un plus grand nombre de votes que son prédécesseur Jean-Claude Juncker, la nouvelle présidente Ursula Von der Leyen devra faire face à des tensions internes dans les mois qui viennent.

« Vive l’Europe » – c’est avec ces mots que la présidente de la Commission européenne nouvellement élue, Ursula Von der Leyen, a conclu son discours devant le Parlement européen mercredi dernier. « Regardez ces chiffres – c’est impressionnant ! » – sa joie était évidente suite à ce résultat supérieur aux attentes. Toutefois, comme l’indique le journal allemand Süddeutsche Zeitung, celui-ci comporte certains défis: pour la première fois, les groupes conservateurs et sociaux démocrates ne pourront plus former une majorité commune dans le Parlement, tandis que les deux groupes perdent de l’influence dans le Conseil européen. 

Le Monde considère que les conflits intérieurs au sein de l’organe exécutif pourraient mettre Mme Von der Leyen sous pression : après la révocation des trois commissaires proposés par la France, la Hongrie et la Roumanie par une majorité des députés européens en l’absence d’un commissaire nommé par le Royaume-Uni, le travail des nouveaux membres sera observé de près. Tandis que le français Thierry Breton, ancien PDG du groupe Atos sera chargé du portefeuille du numérique,  le hongrois Olivér Varhelyi, à qui a été confié le portefeuille de l’élargissement, évaluera la fidélité aux principes démocratiques des pays candidats à l’adhésion à l’Union. La Roumanie, quant à elle, n’a toujours pas nommé de commissaire en raison de la crise institutionnelle dans le pays.

Selon le journal espagnol El Pais, le rejet des trois commissaires était la réponse à l’élection de Von der Leyen à la tête de la Commission par les chefs d’État, malgré la proposition initiale de trois autres candidats. Enfin, suite au recours au vote nominal et en raison du nombre de postes à pourvoir par les groupes parlementaires, les commissaires désignés ont finalement été approuvés.Les membres du “Brexit Party” ont eu le droit à un adieu particulier de la part de la présidente, comme le rapporte le Guardian: « je n’ai jamais fait un secret du  fait que je serai toujours une remainer « . Et ajoute: « une grande majorité dans cette maison semble se réjouir du fait qu’un très, très, très petit groupe ne sera plus capable d’applaudir aussi fort. » 


English translation

Large majority elects new European Commission

CREDIT PHOTO : @WIKIMEDIA.org

On Wednesday, the 27th of November, the European Parliament in Strasbourg has approved the new college of commissioners by 461 votes to 157 with 89 abstentions with the second attempt. Despite the larger majority of votes given by the MEPs than to her predecessor, Jean-Claude Juncker, the newly elected president Ursula Von der Leyen will have to deal with internal disputes in the coming months.

« Long live Europe » – with these words, Ursula Von der Leyen, the President of the newly elected European commission concluded her speech in front of the EU-Parliament last Wednesday. « When you look at these numbers – that is impressive ! » –  her joy over the surprisingly positive outcome of the vote was obvious. Nevertheless, as the German newspaper Süddeutsche Zeitung points out, the new college will have to face certain challenges : for the first time, conservatives and social democrats in the Parliament are not able to form a joint majority, while both groups lost power in the European council. 

France’s Le Monde warns that internal conflicts among the Commission may put Von der Leyen under pressure : after the three candidates of France, Hungary and Romania have been rejected by the MEPs, and with one missing commissioner from the United Kingdom, the new members’ actions will be observed from a close angle. While the french nominee, Thierry Breton, will be in charge of digital technology while he is keeping close ties with Atos, an IT company formerly under his direction, the Hungarian Olivér Varhelyi, entrusted with the neighbourhood and enlargement portfolio will evaluate candidates for EU-membership as to their loyalty to democratic principles. And because of the institutional crisis in the country, a commissioner from Romania is still to be nominated.

According to the Spanish newspaper El Pais, the rejection of three commissioner-designates was also a response to Von der Leyen being elected by the heads of states despite the initial nomination of three other candidates. Finally, the nominal vote as well as the large number of seats to be obtained by the dominant parties led to the large approval of the new members.

A « waspish farewell » was addressed by the new woman in charge to the members of the Brexit party, clapping and cheering at the mention of Brexit, replying she has « never, ever made any secret about that fact that I will always be a remainer », as the Guardian reports.  « A vast majority of this house seems to be happy about the fact a very, very, very small group would not be able to clap as loud any more. » 


Le Parlement déclare l’urgence climatique et environnementale 

Le Parlement européen réunit en session plénière à Strasbourg
CREDIT PHOTO @FREDERICK FLORIN / AFP), le 28 /11/ 2019

A quatre jours de l’ouverture de la COP25 sur le climat qui se tiendra du 2 au 13 décembre et à deux semaines de l’ouverture du Conseil européen le 12 décembre, le Parlement européen déclare symboliquement l’urgence climatique et environnementale. Se basant sur les trois derniers rapports du GIEC et sur le premier rapport d’évaluation de l’IPBES, la résolution a été adoptée par les députés européens, ce jeudi 28 novembre, à une majorité confortable (429 pour, 225 contre et 19 abstentions). 

Elle affirme l’engagement du Parlement pour «limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C et éviter une perte massive de biodiversité». La Commission et les États membres sont donc invités à adopter de toute urgence un plan « cohérent et global prévoyant des engagements financiers suffisants […] qui engagerait tous les États membres sur une trajectoire stratégique réalisable en vue de parvenir à zéro émission nette d’ici à 2050 ». Cela fait suite à des votes similaires dans plusieurs Parlements nationaux de l’UE, notamment en France, au Royaume-Uni ou en Autriche. Pour Pascal Canfin, eurodéputé et président de la commission Environnement du Parlement européen, « le fait que l’Europe soit le premier continent à déclarer l’urgence climatique et environnementale, juste avant la COP25, alors que la nouvelle Commission entre en fonction, et trois semaines après que Donald Trump a confirmé le retrait des États-Unis de l’accord de Paris, est un message fort envoyé aux citoyens et au reste du monde. »  

Lors du Conseil européen à venir, les États membres devront décider s’ils veulent s’engager sur la voie de la neutralité carbone à l’horizon de 2050. Un objectif sur lequel ils ont déjà buté, notamment en raison de l’opposition du gouvernement polonais. A la suite de la confirmation de la nouvelle Commission, le Parlement s’adresse également à sa présidente, Ursula von der Leyen, qui avait lors de sa campagne électorale indiqué vouloir conduire l’UE sur la voir de la neutralité carbone, et lui enjoint d’inclure tous ses objectifs, nécessaires pour se conformer à l’accord de Paris, dans son « Pacte vert européen ». 


English translation :

Parliament declares climate and environmental emergency

The European Parliament in Plenary Session in Strasbourg
CREDIT PHOTO @FREDERICK FLORIN / AFP), 28 /11/ 2019

With four days to go before the opening of COP25 on climate change, which will take place from 2 to 13 December, and two weeks to go before the opening of the European Council on 12 December, the European Parliament is symbolically declaring climate and environmental emergency. Based on the last three IPCC reports and the first IPBES assessment report, the resolution was adopted by MEPs on Thursday 28 November by a comfortable majority (429 in favour, 225 against and 19 abstentions).


It affirms Parliament’s commitment to « limit global warming to 1.5°C and avoid a massive loss of biodiversity« . The Commission and Member States are therefore urged to adopt as a matter of urgency a « coherent and comprehensive plan with sufficient financial commitments[…] that would commit all Member States to a feasible strategic trajectory towards achieving zero net emissions by 2050 ». This follows similar votes in several EU national parliaments, notably in France, the United Kingdom and Austria. Pascal Canfin, MEP and Chairman of the European Parliament’s Environment Committee, said: « The fact that Europe is the first continent to declare climate and environmental emergency, just before COP25 – when the new Commission takes office, and three weeks after Donald Trump reaffirmed the United States’s withdrawal from the Paris Agreement – is a strong message to citizens and the rest of the world. »


At the forthcoming European Council, Member States will have to decide whether they want to move towards carbon neutrality by 2050. This is an objective they have already come up against, particularly because of the Polish government’s opposition. Following the confirmation of the new Commission, Parliament also addressed its President, Ursula von der Leyen, who had indicated during her election campaign that she wanted to lead the EU towards carbon neutrality, and urged her to include all her objectives, necessary to comply with the Paris Agreement, in her « European Green Pact ».


Election présidentielle en Roumanie : victoire du candidat pro-européen

Klaus Iohannis lors du vote du premier tour à l’élection présidentielle . CREDIT PHOTO : @ Daniel MIHAILESCU (10/11/ 2019, Bucarest)

Le libéral Klaus Iohannis a remporté dimanche 24 novembre un second mandat présidentiel en Roumanie, infligeant une défaite sévère à la candidate du Parti social-démocratie (PSD), Viorica Dancila. Jamais un candidat du PSD n’avait obtenu un score aussi faible. 

V. Dancilia a dirigé le gouvernement pendant près de deux ans avant d’être renversée en octobre par le Parlement, et remplacée par le Parti national libéral (PNL) dont est issu K. Iohannis. Le PSD, qui domine la vie politique roumaine depuis 1990, fait les frais de son impopularité croissante, liée notamment à ses tentatives d’affaiblissement de la justice anti-corruption et aux scandales touchant nombre de ses élus (Euractiv). En effet, les multiples réformes de la justice, officiellement destinées à limiter les abus des procureurs, ont en réalité directement profitées à l’ancien président du parti, Liviu Dragnea (LeMonde). Cette formation issue de l’ex-parti communiste a donc été accusée de saper l’Etat de droit et d’isoler la Roumanie sur la scène européenne. 

A l’opposé du PSD, Klaus Iohannis s’est notamment illustré pour son engagement pro-européen (Touteleurope). Cependant, le PNL ne peut pas mener toutes les réformes qu’il souhaiterait puisque le PSD reste majoritaire au Parlement. Les prochaines législatives sont prévues fin 2020. V. Dancila reste quant à elle optimiste quant à ces futures élections.


English translation :

Presidential election in Romania : Victory of the pro-European candidate

Klaus Iohannis during the first round vote in the presidential election CREDIT PHOTO : @ Daniel MIHAILESCU (10/11/2019, Bucharest)

Romania’s centrist president, Klaus Iohannis, has easily won a second presidential term on Sunday (24 November),inflicting a severe defeat on Social Democratic Party (PSD) candidate, Vitoria Dancila. Never before has a PSD candidate achieved such a low score. 

V. Dancilia led the government for nearly two years before being overthrown by Parliament in October and replaced by the National Liberal Party (PNL) of which K. Iohannis is a member. The PSD, which has dominated Romanian political life since 1990, is suffering from its growing unpopularity, linked in particular to its attempts to weaken the anti-corruption justice and the scandals affecting many of its elected representatives (Euractiv). Indeed, the many justice reforms carried out, officially aimed at limiting prosecutors’ abuses, actually directly benefited former party president Liviu Dragnea (LeMonde). As a result, this formation from the former communist party has been accused of undermining the rule of law and isolating Romania on the European scene. 

In contrast to the PSD, K. Iohannis has distinguished himself for this pro-European commitment (Touteleurope). However, the NLP cannot carry out all the reforms it would like to see since the PSD remains the majority in Parliament. The next legislative elections are scheduled for the end of 2020. V. Dancilia remains optimistic about her party’s chances of winning these future elections.


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