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Revue de presse du 27 janvier au 3 février 2020

Revue de presse du 27 janvier au 3 février 2020

Le déploiement de la 5G en Europe : l’affaire Huawei

En plus d’être un enjeu commercial, la 5G constitue aujourd’hui un enjeu géopolitique majeur. Le groupe chinois Huawei s’est vu refusé l’entrée sur le marché national américain suite à des soupçons d’espionnage de masse (rtbf). Donald Trump fait aussi « pression sur tous ses alliés” pour qu’ils interdisent Huawei (Touteleurope). La question divise les Etats européens. Rompre publiquement avec Huawei reviendrait à prendre le risque de froisser Pékin, dont les investissements en Europe sont loin d’être négligeables. A l’inverse, lui donner sa bénédiction pourrait nuire aux relations avec les américains (Le monde).

L’Union européenne a cependant décidé de ne pas suivre cette recommandation. Des règles pour “éliminer les risques” ont toutefois été établies. Par exemple, les États doivent évaluer les profils de risque des fournisseurs en appliquant des “restrictions pertinentes” pour ceux considérés à haut risque (Francetvinfo). De plus, il faut veiller à ce que chaque opérateur se dote d’une stratégie multi-fournisseur. Toutes ces règles ne sont que des recommandations.  De nombreux pays, comme l’Espagne, la Pologne, le Portugal ou la Hongrie ont déjà décidé de donner leur feu vert au groupe de Shenzhen. D’autres, comme l’Allemagne, se montrent plus divisés.

Si Huawei se félicite de la décision européenne, il est difficile de trouver un gagnant ou un perdant. Thierry Breton rappelle que l’Europe est loin d’être à la traîne dans ce domaine. L’Europe détient plus de 50% des brevets mondiaux dans le réseau 5G et l’on se prépare déjà, indique-t-il, à la 6G. Le commissaire européen est aussi convaincu que « donner un cadre strict à l’utilisation des technologies dans l’Union est un atout à moyen terme ». Ce dernier a d’ailleurs réaffirmé la nécessité pour l’Europe de préserver sa « souveraineté technologique ». 

Claire GAILLARD


English translation

The deployment of 5G in Europe: the Huawei affair

In addition to being a commercial issue, 5G is now a major geopolitical challenge. The Chinese group Huawei was refused entry to the US domestic market on suspicion of mass espionage (rtbf). Donald Trump is also « putting pressure on all his allies » to ban Huawei (Touteleurope). The question divides the European states. Breaking publicly with Huawei would be tantamount to taking the risk of offending Beijing, whose investments in Europe are far from negligible. Conversely, giving him his blessing could harm relations with the Americans (Le monde).

However, the European Union has decided not to follow this recommendation. However, rules to « eliminate risks » have been established. For example, states must assess the risk profiles of suppliers by applying « relevant restrictions » for those considered high-risk (Francetvinfo). In addition, it should be ensured that each operator has a multi-vendor strategy. All these rules are only recommendations.  Many countries, such as Spain, Poland, Portugal or Hungary have already decided to give their green light to the Shenzhen Group. Others, such as Germany, are more divided.

While Huawei welcomes the European decision, it is difficult to find a winner or a loser. Thierry Breton reminds us that Europe is far from lagging behind in this area. Europe holds more than 50% of the world’s patents in the 5G network and preparations are already underway, he says, for 6G. The European Commissioner is also convinced that « giving a strict framework for the use of technology in the Union is an asset in the medium term ». He also reaffirmed the need for Europe to preserve its « technological sovereignty ». 

Claire GAILLARD


La Pologne s’équipe de 32 F-35 américains pour une valeur de 4,6 milliards de dollars

Ce vendredi 31 janvier les négociations entamées en septembre 2019 sont venues à terme avec la signature par le Ministre de la Défense polonais Mariusz Blaszczak, et l’Ambassadeur des Etats-Unis en Pologne Georgette Mosbacher, d’un contrat d’une commande de 32 F-35 pour une valeur de 4.6 milliards de dollars (Ouest-France).

Les premières livraisons prévues pour 2024 viendront renouveler une flotte principalement composée de MIG-29 et SU-22 soviétiques permettant alors une plus grande interopérabilité avec les forces américaines et de l’Otan (Les echos). Cette commande fait suite à l’achat du système de défense anti aérien américain Patriot pour une valeur de 4,75 milliards de dollars. Ainsi, la Pologne se dote de moyens de réponse en lien avec la présence de missiles russes à Kaliningrad.

L’opposition polonaise a pointé le manque de compensations industrielles du contrat, qui bien qu’elles participent à la réduction du montant initial du contrat évalué à 6,5 milliards de dollars, marquent l’échec du pays de s’inscrire dans la chaîne d’approvisionnement du F-35. La Pologne voyait pourtant une opportunité d’y accéder avec la possible fin du contrat d’approvisionnement des Etats-Unis avec la Turquie.  La maintenance des appareils sera réalisé par exemple aux Pays-Bas. De plus, certains posent la question de l’indépendance du pays au vu des multiples contrats avec les Etats-Unis. Pourtant, les députés européens avaient publiés un rapport en faveur d’une plus grande indépendance des Etats membres envers l’armée américaine (Capital). 

Philemon AUROUET


English translation

 Poland equips 32 US F-35s worth $4.6 billion

This Friday, January 31, negotiations that began in September 2019 came to an end with the signing by Polish Defense Minister Mariusz Blaszczak and U.S. Ambassador to Poland Georgette Mosbacher of an order for 32 F-35s worth 4.6 billion dollars (Ouest-France).

The first deliveries, scheduled for 2024, will renew a fleet consisting mainly of Soviet MIG-29s and SU-22s, thus enabling greater interoperability with US and NATO forces (Les echos). This order follows on from the purchase of the US Patriot air defence system worth $4.75 billion. Then Poland arms up in response to the presence of russian missiles stocked in Kaliningrad. 

The Polish opposition has pointed to the lack of industrial compensation in the contract, which, although it helps to reduce the initial contract value of $6.5 billion, marks the country’s failure to enter the F-35 supply chain. Yet Poland saw an opportunity to gain access to it with the possible termination of the US supply contract with Turkey.  Aircraft maintenance will be carried out, for example, in the Netherlands. Moreover, some people questioned the country’s independence in view of the multiple contracts with the United States. However, MEPs had published a report in favour of greater independence of Member States from the US military (Capital). 

Philemon AUROUET

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