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Revue de presse du 3 au 9 février 2020

Revue de presse du 3 au 9 février 2020

Visite d’Emmanuel Macron en Pologne en vue de renforcer l’unité de l’Union européenne

@CREDIT PHOTO : Kacper Pempel.

Lors de sa première visite officielle en Pologne, les 3 et 4 février 2020, le président français a eu deux jours pour tourner la page sur deux ans d’antagonisme entre les deux pays et a appelé à un « tournant » dans les relations entre Paris et Varsovie.

Alors qu’Emmanuel Macron a, cet automne, accusé Varsovie de «  bloquer  » l’agenda européen pour la neutralité carbone en 2050 (Euractiv) et que trois jours avant sa venue, la Pologne signait un contrat de 4,6 milliards de dollars avec Washington pour l’achat de 32 Lockheed Martin F-35, le Président français a parlé de « cheminer ensemble » vers la transition énergétique et a promis de plaider pour que Bruxelles soutienne financièrement les efforts de la Pologne (Euractiv).

Quelques jours à peine après le Brexit, c’est en particulier lors de deux conférences de presse qu’Emmanuel Macron a évoqué le renforcement de l’unité de l’Union européenne par la relance de la coopération en matière de défense européenne et par l’ouverture du dialogue sur la transition climatique et la coopération industrielle en Europe.

Outre les sujets clivants comme le climat, l’État de droit ou la politique migratoire avec la Pologne (France Culture) Emmanuel Macron vante « l’Europe, un bloc de valeurs, un bloc de textes, un bloc d’ambitions » . Malgré cela, il met en garde Varsovie contre « une résurgence nationaliste en négation des principes politiques européens » en avertissant que les subventions de l’UE en vue de la transition énergétique auront pour contrepartie un changement des politiques polonaises (Le Monde).

Cristiana FINZI


English translation

Emmanuel Macron’s visit to Poland to strengthen the unity of the European Union

@CREDIT PHOTO : Kacper Pempel

During his first official visit to Poland on the 3rd and 4th of February 2020, the French President had two days to turn the page on two years of antagonism between the two countries and called for a « turning point » in relations between Paris and Warsaw.

While Emmanuel Macron this autumn accused Warsaw of « blocking » the European agenda for carbon neutrality in 2050 (Euractiv) and three days before his visit, Poland signed a $4.6 billion contract with Washington for the purchase of 32 Lockheed Martin F-35s, the French president spoke of « walking together » towards energy transition and promised to plead for Brussels to financially support Poland’s efforts (Euractiv).

Just a few days after Brexit, it was particularly at two press conferences that Emmanuel Macron spoke of strengthening the unity of the European Union by relaunching cooperation on European defence and opening dialogue on climate transition and industrial cooperation in Europe.

Besides divisive subjects such as the climate, the rule of law or migration policy with Poland (France Culture) Emmanuel Macron praised « Europe, a block of values, a block of texts, a block of ambitions ». In spite of this, he warns Warsaw against a nationalist resurgence in negation of European political principles’ by warning that the EU subsidies for the energy transition will be matched by a change in Polish policies (Le Monde).

Cristiana FINZI


La répartition des sièges britanniques au Parlement Européen

@CREDIT PHOTO : Parlement européen

Depuis le 23 juin 2016 l’annonce du Brexit a suscité de vifs émois, tant chez la classe politique, que chez les citoyens britanniques. Le divorce officiel entre le Royaume Uni et l’Union Européenne du 31 Janvier 2020 marque un tournant décisif pour le Royaume Uni, qui redevient l’îlot voisin indépendant du continent Européen. Cette séparation a conduit à repenser la répartition des sièges au sein de l’hémicycle du Parlement Européen. (Touteleurope)

L’analyse de la répartition s’évalue en deux temps. Il est opportun de constater que certains pays plus en retrait du pouvoir décisionnel gagnent à être représentés, c’est aussi l’occasion pour des pays très exposés comme la France d’avoir davantage de voix. Ce phénomène peut paraître discutable. Cette nouvelle répartition induit également l’émergence de certaines couleurs politiques, notamment celles de l’extrême droite.

Le Brexit c’est 73 élus qui cèdent leur place dans l’hémicycle, cependant, seulement 27 sièges ont été redistribués de manière « équitable » sur la plupart des Etats membres. L’intérêt était de promouvoir la voix des pays « sous-représentés ». Or on observe que très peu de sièges leur ont été attribués, on relève un gain d’un seul siège pour le Danemark, l’Autriche, l’Estonie, la Croatie, la Pologne, la Suède, la Roumanie et la Slovaquie, et deux sièges pour l’Irlande. La France voit son nombre d’élus augmenter de manière plus significative, puisque la révision de la répartition des sièges lui accorde 5 sièges, c’est aussi le cas de l’Espagne. Les deux pays passent respectivement de 74 à 79 élus pour la France, et de 54 à 59 élus pour l’Espagne. (Médiapart)

L’intérêt de cette nouvelle organisation au Parlement, est l’occasion de voir des couleurs politiques qui gagnent du terrain au sein de l’hémicycle. C’est le cas du parti Identité et démocratie (ID), affilié à un courant d’extrême droite. A l’occasion du Brexit, le parti a vu son nombre d’élus augmenter, il dispose désormais de 76 contre 73 sièges auparavant, le faisant ainsi passer devant les Verts qui ne représentent plus que 68 élus contre 75. Soit, lors des plénières, les Verts verront leur temps de parole diminué, et interviendront après les élus du parti Identité et démocratie. Leur budget sera réduit également en conséquence. Une situation peu inquiétante pour certains députés européens écologistes qui s’estiment encore assez puissants pour faire entendre plus que jamais leurs prétentions, selon Reinhard Bütikofer, député Allemand du groupe politique les Verts. D’autres semblent plus sceptiques, comme le Député François David Cormand qui s’inquiète de l’ampleur du parti ID dans l’hémicycle, et appelle à la discussion notamment avec les non-inscrits qui représentent 27 élus. Les non-inscrits ont vu leur nombre d’élus réduit de moitié suite au Brexit. (Médiapart)

Dans l’ensemble la répartition des sièges parait discutable, la plupart des sièges britanniques sont encore vacants, on en décompte une quarantaine, et ces derniers n’ont été que très peu répartis sur les sièges des Etats membres les plus en retrait. De plus la progression de l’extrême droite dans l’hémicycle amène à repenser la discussion avec d’autres groupes politiques, à un ère où la politique écologique a toute sa place dans les débats politique et ne peut être négligée.

Célia RESTOIN


English translation

The distribution of British seats in the European Parliament

@CREDIT PHOTO : European Parliament

Since the 23rd of June 2016, the announcement of the Brexit has aroused strong emotions, both among politicians and British citizens. The official divorce between the United Kingdom and the European Union on the 31st of January 2020 marks a decisive turning point for the United Kingdom, which becomes again the independent neighbouring island of the European continent. This separation has led to a rethinking of the distribution of seats in the hemicycle of the European Parliament. (Touteleurope)

The analysis of the distribution is assessed in two stages. It is appropriate to note that some countries that are further away from the decision-making power gain from being represented, it is also an opportunity for highly exposed countries such as France to have more votes. This phenomenon may seem debatable. This new distribution also leads to the emergence of certain political colours, particularly those of the extreme right.

The Brexit represents 73 elected representatives who give up their place in the hemicycle. However, only 27 seats have been redistributed in a « fair » way over most member states. The interest was to promote the voice of « under-represented » countries. However, very few seats were allocated to them, with a gain of only one seat for Denmark, Austria, Estonia, Croatia, Poland, Sweden, Romania and Slovakia, and two seats for Ireland. France sees its number of elected representatives increase more significantly. Since the revision of the distribution of seats gives it 5 seats, which is also the case of Spain. The two countries increase respectively from 74 to 79 elected members for France and from 54 to 59 elected members for Spain. (Médiapart)

The interest of this new organisation in Parliament is an opportunity to see the political colours that are gaining ground in the hemicycle. This is the case of the Identity and Democracy (ID) party, affiliated to an extreme right-wing current. During the Brexit, the party saw its number of elected representatives increase, it now has 76 seats compared to 73 before, putting it ahead of the Greens who now only represent 68 elected members compared to 75. Then, during the plenary sessions, the Greens will see their speaking time reduced, and will speak after the elected members of the Identity and Democracy Party. Their budget will also be reduced accordingly. This is not a worrying situation for some Green MEPs who still feel powerful enough to make their claims heard more than ever, according to Reinhard Bütikofer, German MEP from the Green group. Others seem more sceptical, such as François David Cormand who is worried about the size of the ID party in the Chamber and calls for discussion with the Non-attached Members who represent 27 MEPs. The Non-attached Members saw their number of elected representatives halved following the Brexit. (Mediapart)

On the whole, the distribution of seats seems questionable, most of the British seats are still vacant, there are about 40 of them, and they have been distributed very little among the seats of the Member States furthest behind. Moreover, the rise of the extreme right in the Chamber is leading to a rethinking of the discussion with other political groups, at a time when environmental policy has a full place in political debates and cannot be neglected.

Célia RESTOIN


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