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Revue de presse du 5 au 12 octobre

Revue de presse du 5 au 12 octobre

Elections présidentielles à Chypre-Nord sous le regard d’Ankara

La ville de Varosha déserte depuis l’occupation turque de 1974

@AFP BIROL BEREK

Premier tour des élections présidentielles de RTCN en faveur du candidat pro-turc

Ce dimanche 11 Octobre a eu lieu le premier tour de l’élection présidentielle de l’Etat autoproclamé de République Turque de Chypre du Nord (RTCN) (Le Monde). Le pays est divisé en deux depuis l’occupation du tiers nord de celui-ci  par la Turquie en 1974 en réaction au coup d’Etat des Colonels en Grèce. La Turquie craignait alors de voir l’île rattachée à l’Etat hellénique. Ankara soutient ouvertement le candidat arrivé en tête de ce premier tour, Ersin Tatar, avec 32,46% des voix. Actuel chef de l’exécutif, et en faveur d’un rattachement à la Turquie, il faisait face entre autres au Président sortant, Mustafa Akinci, en seconde position avec 29,73% des voix, qui soutient une solution fédérale réunissant en un Etat les deux parties de l’île. Les deux candidats se retrouveront au travers d‘un second tour le 18 octobre (Les Echos).

Des élections sous tensions avec la Turquie

L’appel aux urnes des Chypriotes turcs s’effectue sur fond de tensions en zone méditerranéenne, entre la Grèce et la Turquie dans la recherche d’hydrocarbure, ainsi qu’avec l’annonce du Premier ministre M.Tatar de la réouverture de la ville de Varosha (Courrier international). Celle qui avait été appelée “Saint-Tropez de la méditerranée” dans les années 1970 était depuis l’occupation turque un no man’s land de la RTCN, vidée de ses habitants. Depuis la séparation en deux et l’autoproclamation de l’indépendance de Chypre Nord, reconnu depuis seulement par la Turquie, aucun accord n’a été trouvé entre les deux Etats chypriotes. Pour le Haut représentant de l’Union aux affaires étrangères Josep Borrell il s’agit ici d’une “violation grave” de l’accord de cessez-le-feu sous l’égide des Nations Unies (The Guardian). Le tiers nord compte toujours la présence de 30.000 soldats turcs, pierre d’achoppement des négociations face à ce qui est qualifié comme une stratégie d’extension des frontière maritimes de la Turquie (Le Figaro). 

Philémon Aurouet


English translation:

Presidential elections in Northern Cyprus under Turkish influence

First round of the polls in favor of the pro-Turkish solution candidate

This Sunday, October 11, the first round of the presidential election of the self-proclaimed state of the Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC) took place (Le Monde). The country has been divided in two since Turkey occupied the northern third of the country in 1974 in reaction to the coup d’état of the Colonels in Greece. At the time, Turkey feared that the island would become part of the Hellenic state. Ankara openly supports the candidate who came first in this first round, Ersin Tatar, with 32.46% of the votes. Current head of the executive, and in favor of a link to Turkey, he faced among others the outgoing President, Mustafa Akinci, in second position with 29.73% of the votes, who supports a federal solution uniting the two parts of the island into one state. The two candidates will meet in a second round on October 18 (Les Echos).

A Turkish delight ? 

The’ call to the polls comes against a backdrop of tensions in the Mediterranean zone, between Greece and Turkey in the search for hydrocarbons, as well as with the announcement by Prime Minister M. Tatar of the reopening of the city of Varosha (Courrier international). The city that had been called « The Mediterranean Saint-Tropez » in the 1970s had been since the Turkish occupation, a no-man’s land of the TRNC, emptied of its inhabitants. Since the separation in two and the self-proclamation of the independence of Northern Cyprus, recognized only since then by Turkey, no agreement has been reached between the two Cypriot states. For the High Representative of the Union for Foreign Affairs Josep Borrell, this is a « serious violation » of the ceasefire agreement under the aegis of the United Nations (The Guardian). The northern third still counts the presence of 30,000 Turkish troops, a stumbling block in the negotiations against what is described as a strategy to extend Turkey’s maritime borders(Le Figaro). 

Philémon Aurouet


Procédure d’infraction de la Commission Européenne à l’adresse du Royaume-Uni : le retour de la mésentente ?

Ursula Van Der Leyen, présidente de la Commission Européenne, annonce le lancement d’une procédure d’infraction contre le Royaume-Uni. CREDITS : L’Echo / REUTERS

Nouveau revirement dans le feuilleton du Brexit ! Alors que le retrait du Royaume-Uni avait enfin été réalisé au 31 Janvier 2020, sur la base d’un accord commun avec l’Union Européenne, le dernier projet de loi actuellement voté par le Parlement Britannique vient semer la discorde.

Une enfreinte aux négociations UE-Royaume-Uni


En effet, si le Protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord a de façon crucial permis de débloquer l’impasse dans laquelle se trouvaient les négociations depuis presque 4 ans, la législation déposée le 9 Septembre 2020 au Parlement Britannique, en étant adoptée, constituerait “une violation de l’obligation de bonne foi” (Le Monde).
Centrée sur le marché intérieur du Royaume-Uni, elle contrevient explicitement aux dispositions prévues dans le cadre de l’accord de retrait et le statut particulier concédé à l’Irlande du Nord. Non seulement ce texte octroie aux autorités britanniques compétence générale pour harmoniser le marché nord-irlandais en adéquation avec les règles en vigueur dans le reste du pays mais en plus il autorise sans détour de déroger aux clauses du protocole dès qu’elles impliquent une atteinte à l’intégrité du marché national (Presse de la Commission Européenne).
En d’autres termes, par cette législation, le gouvernement britannique fait fi des compromis qui ont été élaborés et renie les articles du Protocole qui établissait que les modalités de la libre circulation des marchandises entre les deux zones de libre-échange seraient fixées entre les deux partenaires en fonction du cadre des futures relations, restant à déterminer (Hypothèses). 

Des réactions possibles de l’Union européenne

Alors qu’au lendemain du dépôt de la proposition, le vice-président de la Commission européenne a réuni le Comité mixte UE-Royaume-Uni pour venir dissiper les préoccupations concernant ce texte et, à maintes reprises, appelé à la suppression des dispositions litigieuses, le gouvernement britannique n’y a prêté aucune attention. Ce faisant, en vertu de l’article 5 de l’accord de retrait, la Présidente de la Commission Ursula Van Der Leyen a annoncé jeudi 01 Octobre l’ouverture d’une procédure d’infraction envers le Royaume-Uni avec pour première étape l’envoie d’une lettre de mise en demeure. Il revient désormais au gouvernement britannique d’y répondre dans un délai d’un mois afin de régulariser leur position vis-à-vis de cette éventuelle violation du droit international. Autrement, l’affaire pourrait déboucher sur une plainte devant la Cour de Justice de l’Union Européenne et venir plus que jamais entailler la crédibilité, politique comme juridique, du gouvernement Johnson (Toute l’Europe).

Romain Giannini


English version:

European Commission infringement proceedings against the United Kingdom: renewed disagreement?

A new twist in the Brexit soap opera! While the withdrawal of the United Kingdom had finally been achieved on January 31, 2020, on the basis of a common agreement with the European Union, the latest bill currently voted by the British Parliament is sowing discord.  

A breach of former negotiations

Indeed, if the Protocol on Ireland and Northern Ireland has crucially helped to break the deadlock in which negotiations had been at a standstill for almost four years, the legislation tabled on 9 September 2020 in the British Parliament, if adopted, would constitute « a violation of the obligation of good faith » (Le Monde).
Focused on the UK’s internal market, it explicitly contravenes the provisions of the withdrawal agreement and the special status granted to Northern Ireland. Not only does this text grants the British authorities general competence to harmonise the Northern Irish market in line with the rules in force in the rest of the country, but it also authorises straightforward derogations from the clauses of the protocol as soon as they imply an attack on the integrity of the national market (European Commission Press).
In other words, by this legislation, the British government is disregarding the compromises that have been worked out and reneging on the articles of the Protocol which established that the modalities of the free movement of goods between the two free trade areas would be fixed between the two partners according to the framework of future relations, yet to be determined (Hypothèses).  

EU’s possibilities of action


While the day after the proposal was tabled, the Vice-President of the European Commission convened the EU-UK Joint Committee to address concerns about the text and repeatedly called for the deletion of the contentious provisions, the UK government paid no attention to it. In doing so, under Article 5 of the withdrawal agreement, Commission President Ursula Van Der Leyen announced on Thursday 01 October the opening of an infringement procedure against the United Kingdom with, as a first step, the sending of a letter of formal notice. It is now up to the British government to reply within a month in order to regularise their position regarding this possible violation of international law. Otherwise, the case could lead to a complaint before the Court of Justice of the European Union and more than ever undermine the credibility, both political and legal, of the Johnson government (Toute l’Europe).

Romain Giannini