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Revue de Presse du 6/05 au 12/05

Comprendre, confronter, concrétiser

Revue de Presse du 6/05 au 12/05

Citoyenneté / 9 Mai 2019 :Célébrations de la Journée de l’Europe

« Choosing your own future ». Ce jeudi 9 Mai 2019, les mots de la 34e journée de l’Europe retentissaient l’Atlantique à l’Oural, de Bucarest à Bruxelles.

Instaurée en 1985, la journée de l’Europe participe de la politique de « mise en symbole » de l’Union Européenne, aux côtés du drapeau de l’Union ou encore de l’Ode à la Joie (devenu hymne européen en 1972) (Toute l’Europe). Stratégie classique, implémentée avec succès dans la grande majorité des pays européens (Emmanuelle Loyer Une Brève Histoire Culturelle de l’Europe), le choix d’une date nationale, vise à célébrer l’assise d’un régime politique et à accompagner la construction d’une fiction nationale.

Aussi, le 9 Mai 2019 fait-il référence aux racines mêmes de l’édification de l’UE, à la déclaration de Robert Schuman en 1950 (Toute l’Europe) qui permis la mise en commun sous l’autorité d’une « Communauté Européenne » des productions françaises et allemande de charbon et d’acier et incarne cette garantie de paix et stabilité entre des états si souvent concurrents et ennemis (Toute l’Europe). Près de 70 ans après la signature de la CECA, et à deux semaines d’un scrutin décisif pour le paysage institutionnel européen, le 9 mai était l’occasion pour les chefs d’Etat de se réunir à Sibiu (France24) en Roumanie afin de définir un agenda stratégique européen pour les années à venir. Un avenir de plus en plus incertain, selon le Président Jean-Claude Juncker, qui proposait à l’occasion de ce sommet sa vision des défis et accomplissements européens : « L’Europe en mai 2019: poser les jalons d’une Union plus unie, plus forte et plus démocratique » Au delà du sommet de Sibiu, le 9 mai a été une occasion pour les territoires comme pour les institutions européennes et « démystifier les processus institutionnels et de sensibiliser les citoyens aux opportunités qu’offrent l’Union Européenne dans leur quotidien » (Government Europa). Autant de manifestations citoyennes et associatives qui incarnent le désir de Robert Schuman « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble: elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait.». En 2019, si le thème « Choosing your own future » se déclinait en France avec la précision des intentions de vote et des taux absentions en vue du scrutin 26 Mai (IFOP), le porte parole de la Commission Européenne l’affirmait « Five amazing years. A Europe of hope and opportunity. No fear. » (Twitter).

crédits photo : @MargSchinas@Twitter

Environnement / Le Conseil de l’Arctique se solde par un échec

Le réchauffement climatique serait un désastre pour la terre et tous les écosystèmes existant? Pas selon Mike Pompeo. En effet, dans un élan d’optimisme, le secrétaire d’Etat américain (chef du département chargé des affaires étrangères) a déclaré que la fonte des glaces était une “opportunité pour le commerce” (BBC) tout en réussissant l’exploit de ne pas utiliser une seule fois le mot “changement climatique” (Le Monde).

Pourtant, l’atmosphère de ce Conseil de l’Arctique à Rovaniemi (Finlande), où les huits Etats membres et les douze autres observateur se sont réunis, n’invitait pas à l’optimisme. Stratégique, la fonte progressive de glace de l’océan Arctique (230 000 km2 de moins que le précédent record) ouvre la voie maritime du Nord qui relie l’Europe à l’Asie, et attise donc les convoitises et les inévitables tensions géopolitiques inhérentes, alors que d’aucun suggèrent que le “sort de l’humanité se jouerait ici” (Pierre Haffner, Club de Mediapart). Pour la première fois en 20 ans et 11 réunions ministérielles, les pays membres n’ont pas su s’accorder sur la déclaration finale, et pour cause, le refus des Etats-Unis d’y mentionner le changement climatique (Libération). Alors que ces derniers sont en train de se retirer de l’accord COP21, le destin du Conseil de l’Arctique, organe qui s’était démarqué par sa capacité à canaliser les intérêts et réunir autour d’une table les principales puissances concernées, Mike Pompeo a préféré ressortir la traditionnelle carte de l’unilatéralisme, si chère à la nébuleuse Trump: «Les objectifs collectifs, même bien intentionnés, ne sont pas toujours la solution», s’est-il exprimé, en marge de ce conseil à l’avenir bien incertain.

Crédits photo:Center for International Maritime Security

Politique Etrangère : Le résultat des élections municipales Turques annulé.

Comme nous vous l’indiquions dans la Revue du Presse du 7 avril dernier (EuH Toulouse), les élections municipales turques du 31 mars avaient été marquées par la victoire du Parti Républicain du Peuple (CHP) avec la conquête de la capitale, notamment, par le candidat Ekrem Imamoğlu.

Le parti de la justice et du développement (AKP) dénonce depuis la tenue du vote des « irrégularités massives » lors des élections en accusant notamment les responsables des bureaux de vote d’avoir adopté une stratégie de minimisation des voix remportées par l’AKP. (Les Echos) Cédant à cette demande, le Haut-comité électoral de Turquie (YSK) a annulé lundi le résultat des élections municipales du 31 mars au motif que certaines commissions électorales n’avaient pas été formées de fonctionnaires comme l’exige la loi. (Euractiv) La tenue de nouvelles élections est donc prévue pour le 23 juin. Le président Erdogan, membre du parti AKP, a jugé la décision du Haut-comité électoral comme une mesure propice à « un renforcement de la démocratie » (Eurotopics) tandis que les stambouliotes ont commencés à manifester depuis mardi.

La réaction ne s’est pas faite attendre du côté de l’opposition, Onursal Adıgüzel – vice-président du CHP – a dénoncé qu’un « système qui nie la volonté du peuple et ne respecte pas la loi n’est ni démocratique ni légitime ». Tandis E. Imamoğlu regrette que le Haut-Comité ait cédé face aux pressions politiques : « ce même comité qui a présidé à l’élection du président en juin dernier, au référendum et au changement de constitution ». (Euractiv) Le Financial Timesjuge que la réaction antidémocratique du président Erdogan représente un préjudice immense pour la Turquie. Il estime que « si la Turquie se montre incapable de préserver la démocratie, elle sera de plus en plus considérée comme un problème à gérer ». L’Union Européenne a d’ailleurs réagi sur ce point dans un communiqué de F. Mogherini – Haute-Représentante de l’UE – soulignant que « la justification de cette décision importante, prise dans un contexte hautement politisé doit être soumise au public sans délai ». Ainsi, tandis que le processus de démocratisation de la Turquie est au cœur des relations entre le pays et l’UE, le « pari électoral » d’Erdogan risque d’ébranler sa légitimité à négocier en tant que président (Politico) et porter « un coup à la confiance déjà ébranlée des Turcs dans le processus démocratique ». (NRC)

Source photo :AFP

Sommet européen de Sibiu :la question complexe de l’avenir de l’union

Les dirigeants européens ont fait vœu d’unité pour la campagne des élections européennes à l’occasion d’un sommet européen à Sibiu en Roumanie afin de discuter de la stratégie pour l’avenir de l’Union Européenne. Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept ont également lancé les grandes manœuvres pour désigner les principaux dirigeants des institutions bruxelloises en essayant de se mettre d’accord sans laisser le champ libre aux europhobes. (Le monde)

En effet, à la suite du Brexit, les rapports de force se sont rebattus, se pose alors la question de qui pour remplacer Jean-Claude Juncker, le président de la Commission ? Mais aussi Donald Tusk au Conseil européen, Antonio Tajani au Parlement. (Le monde)

Du point de vue climatique, le sommet n’a pas permis d’avancées sur la lutte contre le changement climatique. A l’issue de la réunion, le président français s’est tout de même félicité, d’avoir obtenu « neuf signatures », sur les 27 Etats membres présents, sur sa proposition de texte pour une politique européenne ambitieuse sur le climat. Il s’agit-là d’une faible victoire pour Emmanuel Macron, car seule la Lettonie s’est ajoutée à la liste des Etats membres qui soutenaient déjà ses mesures : la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède. (Libération) europhobes.

Ces pays ont lancé un appel pour inciter l’union à respecter l’objectif « d’atteindre zéro émission de gaz à effet de serre net d’ici à 2050 au plus tard ». Cependant cela reste compliqué parce que la chancelière allemande Angela Merkel n’a en effet pas répondu à l’appel lancé par huit pays de l’UE pour atteindre ce but. (20 minutes). En effet, l’Allemagne, reste dans un groupe d’opposants qui rechignent à s’engager sur la voie de Macron. Ils argumentent notamment sur les problèmes économiques que cela pourrait causer à certains, notamment aux pays de l’Est dont les économies sont encore très charbonnées.

Source photo : rtbf.be

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