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Revue de presse du 6 au 12 janvier 2020

Revue de presse du 6 au 12 janvier 2020

La City : grande absente des négociations post-Brexit


CREDIT PHOTO : @The independants

Mercredi 8 Janvier, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen se rendait au 10 Downing Street afin de rencontrer le Premier Ministre britannique, Boris Johnson. À la veille du vote parlementaire de l’accord de sortie conclu précédemment par Londres et Bruxelles, les deux responsables politiques se sont réunis afin d’entamer les négociations sur les futures relations commerciales qu’allaient entretenir le vieux continent et Londres. 

Étrangement, la City, qui est le cœur névralgique des affaires au Royaume Uni et qui représente plus de 10,5% des recettes fiscales à Londres semble être pratiquement absente de ces discussions. Quatre ans auparavant – en pleine campagne du Brexit, celle-ci était pourtant au centre des débats. La crainte d’une sortie de l’Union européenne (UE) était telle pour les milieux d’affaires que de nombreux grands patrons de banques (notamment ceux de HSBC et de JPMorgan) avaient laissé entrevoir la délocalisation de milliers d’emplois en cas de Brexit. (Le Monde)

Aujourd’hui, cette absence d’intérêt pour le secteur financier et d’autant plus inquiétante dans la mesure où la durée prévue des négociations post-Brexit est très courte. En effet, à partir du 31 Janvier 2020 – date officielle de sortie de l’UE – s’ouvrira une période de 11 mois durant laquelle les accords entre Londres et Bruxelles continueront de s’appliquer. Après ce délai, les acteurs de la City ne seront plus liés à l’UE. 

Le quartier d’affaires pourrait donc perdre – fin 2020 – son fameux « passeport financier » qui permet actuellement aux banques et entreprises de la City de travailler dans l’ensemble de l’Espace économique européen (qui comprend les 28 États membres de l’UE + Islande, Liechtenstein et Norvège). Ce sésame est aussi accompagné de tout une série d’accords de branches (banques, assureurs, sociétés de gestions d’actifs…). La fin de ce système pourrait donc entraîner de lourdes pertes estimées entre 23 et 27 milliards par le cabinet de conseil en stratégie, Oliver Wyman. (Les Echos)

(Selon eux 1/5ème du chiffre d’affaires du secteurs bancaires britanniques repose sur ces droits). (Oliver Wyman)

Dans un discours à Londres, Ursula Von der Leyen a néanmoins laissé entrevoir la possible obtention « d’équivalences » pour le Royaume Uni. Pour autant, elle rappelle que celles-ci seront accordées de manière unilatérale par l’UE. En effet, ces équivalences peuvent être délivrées par l’UE secteur par secteur, à la seule condition que les réglementations entre États tiers et États membres soient similaires ou compatibles. Bruxelles garde donc une mainmise d’autant plus qu’elle a le pouvoir de retirer ces « équivalences » unilatéralement et avec un préavis de très courte durée (voir le cas de la Suisse et de la Bourse de Zurich en 2019). 

Les britanniques devront donc tenter de convaincre les européens afin de résoudre le casse-tête réglementaire qui se profile. Pour se faire, ils font notamment valoir le poids économique que représente la City en tant que première place financière d’Europe et deuxième dans le monde selon le Global Financial Centres Index. 


English translation:

The City: a major absentee in the post-Brexit negotiations

CREDIT PHOTO: @The independants

On Wednesday 8 January, the President of the European Commission, Ursula Von der Leyen, was at 10 Downing Street to meet the British Prime Minister, Boris Johnson. On the eve of the parliamentary vote on the earlier exit agreement between London and Brussels, the two politicians met to start negotiations on future trade relations between the Old Continent and London.

Strangely, the City, which is the nerve centre of business in the UK and accounts for over 10.5% of London’s tax revenue, seems to be virtually absent from these discussions. Four years earlier – in the midst of the Brexit campaign – it was nevertheless at the centre of the debate. The fear of an exit from the European Union (EU) was such for the business community that many big bank bosses (notably those of HSBC and JPMorgan) had hinted that thousands of jobs would be relocated if Brexit was allowed to leave. (Le Monde)

Today, this lack of interest in the financial sector is all the more worrying as the expected duration of the post-Brexit negotiations is very short. Indeed, from 31 January 2020 – the official date of exit from the EU – there will be a period of 11 months during which the agreements between London and Brussels will continue to apply. After this period, the City’s stakeholders will no longer be linked to the EU.

The business district could therefore lose – at the end of 2020 – its famous « financial passport » which currently allows the City’s banks and companies to work throughout the European Economic Area (which includes the 28 EU Member States + Iceland, Liechtenstein and Norway). This sesame is also accompanied by a whole series of industry agreements (banks, insurers, asset management companies, etc.). The end of this system could therefore lead to heavy losses estimated at between 23 and 27 billion by the strategy consulting firm, Oliver Wyman. (Les Echos)

(According to them 1/5th of the turnover of the UK banking sector is based on these rights). (Oliver Wyman)

In a speech in London, Ursula Von der Leyen nevertheless hinted at the possibility of obtaining « equivalences » for the United Kingdom. However, she pointed out that these would be granted unilaterally by the EU. Indeed, these equivalences can be granted by the EU sector by sector, on the sole condition that the regulations between third countries and Member States are similar or compatible. Brussels thus retains a stranglehold, all the more so as it has the power to withdraw these « equivalences » unilaterally and at very short notice (see the case of Switzerland and the Zurich Stock Exchange in 2019).

The British will therefore have to try to convince the Europeans in order to solve the regulatory puzzle that is looming. In order to do so, they will have to convince Europeans of the economic weight that the City represents as Europe’s leading financial centre and the second largest in the world according to the Global Financial Centres Index.


La Croatie : une future adhésion à l’espace Schengen et à la zone euro ?


Andrej Plenković, Premier ministre croate, CREDIT PHOTO : @ Euractiv (10/01/2020)

Lors d’une rencontre avec les journalistes pour inaugurer la présidence croate de l’UE, le Premier ministre Andrej Plenković a souligné que son pays s’était fixé deux objectifs, l’adhésion à Schengen et à la zone euro (Euractiv).

Andrej Plenković s’est félicité du rapport rédigé par la Commission européenne en octobre dernier jugeant apte le pays à intégrer l’espace Schengen. Le pays aurait réalisé des progrès suffisants en matière de coopération policière et judiciaire, ainsi qu’en matière de politique de délivrance des visas et de protection des données. Bruxelles considère également que le pays possède le personnel et les infrastructures nécessaires pour assurer le contrôle des frontières extérieures de l’Union (rfi). Il est vrai que le pays veille à bloquer ses frontières aux réfugiés, quitte à s’attirer les remontrances du Conseil de l’Europe et de nombreuses ONG de défense des droits de l’Homme qui accusent la police croate d’actes de torture. Malgré l’élection d’un président social-démocrate le 5 janvier dernier, tout porte à croire que la politique migratoire va rester la même. Les fonctions du président sont en effet principalement protocolaires (infomigrants).

Pour intégrer l’espace Schengen, les Etats membres doivent donner leur accord à l’unanimité. La Roumanie et la Bulgarie, qui ont obtenu le feu vert de la Commission européenne il y a huit ans, attendent toujours. Leur candidature a été rejetée par certains États membres au motif que ces pays toujours soumis au mécanisme de coopération et de vérification (CMV) qui mesure les progrès réalisés, notamment en matière de lutte contre la corruption. La Croatie n’étant pas soumise à un tel dispositif, le Premier ministre estime bénéficier d’un avantage.


English translation:

Croatia: a future accession to the Schengen area and the euro zone?


Andrej Plenković, Croatian Prime Minister, CREDIT PHOTO : @ Euractiv (10/01/2020)

At a meeting with journalists to inaugurate the Croatian EU Presidency, Prime Minister Andrej Plenković stressed that his country had set itself two goals, accession to Schengen and membership of the eurozone (Euractiv).

Andrej Plenković welcomed the report drawn up by the European Commission last October, which deemed the country fit to join the Schengen area. The country would have made sufficient progress in police and judicial cooperation, as well as in visa policy and data protection. Brussels also considers that the country has the necessary staff and infrastructure to control the Union’s external borders (rfi). It is true that the country takes care to blocks its borders to refugees, even if it means being reprimanded by the Council of Europe and many human rights NGOs, which accuse the Croatian police of acts of torture. Despite the election of a social-democratic president on 5 January, everything suggests that migration policy will remain the same. Indeed, the president’s functions are mainly protocolary (infomigrants).

In order to join the Schengen area, the Member States must give their agreement unanimously. Romania and Bulgaria, which received the green light from the European Commission eight years ago, are still waiting. Their applications have been rejected by some member states on the grounds that these countries are still subject to the Cooperation and Verification Mechanism (CVM), which measures progress made, particularly in the fight against corruption. As Croatia is not subject to such a mechanism, the Prime Minister considers that he has an advantage.

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