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Revue de presse du 9 au 15 décembre 2019

Comprendre, confronter, concrétiser

Revue de presse du 9 au 15 décembre 2019

L’adoption réussie du Green New Deal européen pourrait ouvrir la voie à son équivalent américain

Crédits : REUTERS / Denis Balibouse

 « C’est le moment de l’homme sur la lune en Europe », a déclaré Ursula Von Der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne à la suite de l’adoption de Green New Deal (GND) pour l’Europe (Forbes). Un mois après que le Parlement européen a déclaré « l’urgence climatique » (The Guardian), la Commission européenne a adopté cette stratégie de lutte contre le changement climatique pour les 30 prochaines années le 11 décembre 2019. Ce projet prévoit de faire de l’Union européenne (UE) un espace sans carbone d’ici le milieu du siècle.

Un plan de transition ambitieux

La nouvelle présidente de la Commission européenne s’est engagée à ce que son administration soit la « plus respectueuse de l’environnement » de l’histoire (The Financial Times) à un moment où l’électorat se tourne vers les partis politiques verts en Europe et dans le monde (CS Monitor). Ainsi, le Green New Deal pour l’Europe est un plan à la fois décrit comme « ambitieux » et « pragmatique » pour passer à zéro émission de gaz à effet de serre et transformer inévitablement l’Europe – et l’économie européenne – (GND for Europe). Il s’agit avant tout d’un ensemble d’actions concrètes qui devrait immédiatement nous aider à progresser rapidement vers nos objectifs climatiques. Le GND contient un total de 50 mesures politiques (communication de la Commission Européenne), comprenant notamment un objectif juridiquement contraignant de réduction des émissions de l’UE à zéro net d’ici 2050 et une taxe sur la « frontière » carbone pour empêcher les entreprises de se délocaliser en dehors de l’UE.

La Commission européenne fait face à moins de résistance

Un engagement politique en faveur de l’objectif de décarbonisation à l’horizon 2050, également appelé « épreuve de force nette zéro », fait l’objet d’un veto de la Pologne, de la Hongrie et de la Tchéquie depuis juin dernier (Forbes). Malgré la création d’un fonds de transition de 100 milliards d’euros (83 milliards de livres sterling) pour aider à répartir le fardeau de ces régions tributaires du charbon, le 13 décembre, la Pologne s’est retirée de la pièce maîtresse de l’accord (The Guardian). « La Pologne atteindra la neutralité climatique à son propre rythme », a déclaré le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki. Après avoir obtenu la garantie que l’énergie nucléaire serait reconnue comme un moyen pour les États de l’UE de réduire les émissions de gaz à effet de serre, la République tchèque et la Hongrie ont abandonné leur résistance (Al Jazeera).

Une ligne directrice pour les démocrates américains

Le Green New Deal for Europe englobe tout, du resserrement des restrictions sur les émissions fossiles aux interdictions en plastique, aux alternatives de transport maritime ou non, la transition énergétique des bâtiments, l’augmentation des sources d’énergie renouvelables, la protection de la biodiversité et une agriculture plus durable (The Rising). De plus, le Deal inclut également la limitation des accords de libre-échange avec les pays non coopératifs qui n’ont pas accepté l’accord de Paris sur le climat (Financial Times). Cette décision indique clairement aux États-Unis, le seul pays qui ne fait pas partie de l’accord, qu’il devrait rejoindre le mouvement pour ne pas être laissé pour compte. Les moyens portés par l’Europe sont bien différents de ceux portés par la résolution de la législatrice américaine, Alexandria Ocasio-Cortez.  Le GND pour l’Europe est strictement axé sur le climat, l’industrie, l’énergie et les marchés publics (Financial Post). Le Green New Deal américain associe plutôt un ensemble plus large de domaines (comme les soins de santé universels et l’emploi) contestés par la sphère politique américaine.

Malgré les inconvénients susmentionnés, la Commission européenne prévoit d’introduire ces mesures en mars 2020, en les transformant en la première loi européenne sur le climat (The Verge). Alors que la COP25 s’éteint, le 15 décembre et qu’aucun accord sur les marchés du carbone n’a été conclu au niveau international, le Green New Deal européen peut au moins prendre (un peu) la tête pour le climat (France 24).


English translation :

The successful adoption of the Green New Deal for Europe could pave the way for its U.S equivalent

Crédits : REUTERS / Denis Balibouse

“This is Europe’s man on the moon moment,” said Ursula Von Der Leyen, the new EU Commission President who took office at the start of this month, following the adoption of the Green New Deal (GND) for Europe (Forbes). A month after the European parliament declared the “climate emergency” (The Guardian), the European Commission adopted this vast strategy to combat climate change over the next 30 years on December 11th, 2019. The plan is to make the European Union (EU) carbon-free by mid-century. 

An ambitious plan for transition

The new president of the European Commission has pledged that her administration will be the “most environmentally aware” in history (The Financial Times) at a time where there is a big electoral swing to green parties in Europe and around the world (CS Monitor). Thus, the Green New Deal for Europe is a plan both described as “ambitious” and “pragmatic” to transition to zero greenhouse gas emissions and inevitably transform Europe -and Europe’s economy- (GND for Europe). It is above all a set of concrete actions and should help us move quickly towards our climate goals. The EU Green Deal strategy contains a total of 50 policy measures (European Commission communication), including a legally binding target of reducing EU emissions to net-zero by 2050, a carbon border tax to prevent companies from relocating outside the EU to avoid climate legislation. 

The European Commission is facing less resistance

A political commitment to the 2050 decarbonisation target, known also as “net-zero showdown”, has been vetoed by Poland, Hungary, and Czechia since last June (Forbes). Despite creating a €100 billion (£83bn) just transition fund to help spread the burden of these coal-reliant regions, on December 13th, Poland withdrew from the legally binding centerpiece of the European Green deal (The Guardian). “Poland will be reaching climate neutrality at its own pace,” said the Polish prime minister, Mateusz Morawiecki. After winning a guarantee that nuclear energy would be recognized as a way for EU states to reduce greenhouse gas emissions, the Czech Republic and Hungary dropped their resistance (Al Jazeera).

A guideline for U.S democrats

The European Green Deal encompasses everything from tightening restrictions on fossil emissions to plastic bans,  exploring a new area for transportation and shipping companies, making buildings more energy efficient, increasing renewable energy sources, protecting biodiversity, and making agriculture more sustainable (The Rising). Moreover, the Green Deal also includes the limitation of a free trade agreement with uncooperative countries that haven’t agreed upon the Paris climate agreement (Financial Times). This decision is making clear to the U.S, the only country, which is not part of the Paris agreement, that they should join the movement to not be left over The U.S Green deal resolution coined by the American lawmaker, Alexandria Ocasio-Cortez has a different mean of delivery than the European version. The latter is strictly focused on climate, industry, energy and public procurement (Financial Post). The American Green deal instead is tying together a broader set of areas (like universal health care and employment) that are contested by the U.S political sphere.

Despite the aforementioned drawbacks, the European Commission plans to introduce its measures in March 2020, turning them into the first European climate law (The Verge).  As COP25 goes into the night on the 15th of December and no deal on carbon markets has been made at the international level, the European Green New Deal can at least take (a short) lead for climate (France 24). 


Les “Sardines” défilent à Rome

Ce samedi plus de 35 000 manifestants antifascistes se sont rassemblés place Saint-Jean de Latran, à Rome pour célébrer le premier mois d’existence des « Sardines ». (Le Parisien.fr)

Ce mouvement antifasciste est né d’une initiative populaire le 14 novembre à Bologne. En marge de la venue de Matteo Salvini, leader de la Ligue du Nord, quatre personnes avaient organisés une contre-manifestation rassemblant 15 000 personnes. (LeMonde.fr) Depuis, plus de 300 000 personnes se sont déjà retrouvés dans les grandes villes italiennes pour protester contre le « discours de haine et de division » du leader d’extrême-droite. Qualifié de « protestation sereine » par la Repubblica, ce mouvement pacifiste pourrait être à même de déconcerter Matteo Salvini car il repose sur l’idée que les individus n’ont pas besoin de tribun pour descendre dans la rue. Un autre chroniqueur de la Repubblica souligne par ailleurs l’intelligibilité de la mobilisation, qui découle de revendications claires : que les élus jouent leur rôle dans le cadre de leur mandat institutionnel, que la violence verbale soit classée au même niveau que la violence physique, etc (Eurotopics).

Selon le philosophe Paolo Flores d’Arcais, il serait souhaitable que le mouvement commence à s’organiser politiquement, au vue de l’ampleur des mobilisations (HuffPost Italia). Celui-ci considère en effet qu’une « liste citoyenne promue par les sardines pourrait faire la différence » pour contrer la victoire de « ces forces de la haine et de l’exclusion » contre lesquelles le mouvement s’est dressé. 


English translation :

The « Sardines » are marching in Rome

This Saturday more than 35,000 antifascist demonstrators gathered in St. John Lateran Square in Rome to celebrate the first month of the « Sardines » movement (Le Parisien.fr).

As a result of a popular initiative, this antifascist movement was born on November 14 in Bologna. On the sidelines of the visit of Matteo Salvini, leader of the Northern League, four people organized a counter-demonstration bringing together 15,000 people. (LeMonde.fr) Since then, more than 300,000 people have already gathered in major Italian cities to protest against the « hate and division speech » of the far-right leader. Described as a « serene protest » by the Repubblica, this pacifist movement could be able to disconcert Matteo Salvini since it is based on the idea that individuals do not need a tribune to take to the streets. Another columnist from the Repubblica also underlines the intelligibility of the mobilization, which results from clear demands: that elected officials play their role within their institutional mandate, that verbal violence be classified at the same level as physical violence, etc. (Eurotopics).

According to the philosopher Paolo Flores d’Arcais, it would be desirable for the movement to begin to organize itself politically, given the scale of the mobilizations (HuffPost Italia). The latter considers that a « citizen list promoted by the sardines could make the difference » to counter the victory of « those forces of hatred and exclusion » against which the movement has stood up against.


Vers un “Airbus des batteries” ? L’Union Européenne donne son accord pour 7 Etats membres de subventionner le consortium d’industriels appelé par la l’Allemagne et la France

Lundi dernier l’Union Européenne (UE) est allée dans le sens du projet de constitution d’un ”Airbus des batteries” (Toute l’Europe). Expression utilisée à plusieur reprises, elle marque notamment un échec de l’UE de constituer un “Airbus du numérique”, se retrouvant ainsi dépendante des innovation technologiques des puissances étrangères. C’est pourquoi dans le courant de l’année, le Ministre de l’économie français Bruno Le Maire et son homologue allemand se sont réunis à Bercy, en mai, pour mettre sur pied un consortium d’industriels pour la production de batteries électriques, notamment dans le domaine automobile (Libération). Ce sont ainsi environ 6 milliards d’euros qui seront investis dans un consortium de 17 entreprises, dont PSA en France et BMW en Allemagne, qui ont reçu une autorisation de Bruxelles d’être subventionnés par les 7 Etats membres parties au projet ( Allemagne, France, Italie, Pologne, Belgique, Suède et Finlande) à hauteur de 3.2 milliards d’euros avec en tête de financement l’Allemagne pour 1.25 milliard suivi de la France avec 960 millions (Usine nouvelle).

C’est alors un franc succès pour le projet Franco-Allemand qui appelait en mai dernier à être rejoint par d’autres pays membres. D’ici 2020 l’objectif est de “sécuriser” la production de batteries lithium-ion liquides classiques afin ensuite de transiter vers une production de batteries électriques de “quatrième génération” plus performante que sont les batteries solides. Elles sont en effet plus stables, et nécessitent moins, voire pas, de refroidissement, à l’inverse de certaines batteries liquides. L’exemple le plus marquant restant celui du smartphone Galaxy note 7 de Samsung qui avait fini par être interdit des courriers aériens. De plus, dans le domaine automobile ces batteries de nouvelles générations commencent à faire leurs preuves, à l’instar de la batterie de l’entreprise Fisker qui nécessiterait 1 minute de charge pour 800 km d’autonomie (Les Numériques).

L’UE tend ainsi à faire sa place dans ce marché des batteries électriques, qui représenterait 45 milliards d’euros potentiels selon les estimations du cabinet BCG, en implantant une usine pilote en Nouvelle-aquitaine d’ici fin 2019, et en installant un site de production en France dès 2022 puis 2024 en Allemagne (L’Usine nouvelle). L’objectif est alors explicite de rattraper le retard de l’UE face aux géants chinois CATL, japonais Panasonic et coréens Samsung et LG qui produisent jusqu’à 70% des cellules de batteries électriques pour l’automobile, ce qui constitue un tiers de la valeur ajoutée de la production d’automobile électrique (Les Echos).  

A voir si les incitations économiques industrielles et les préoccupations environnementales récemment renforcées par la Commission européenne viendront à créer des dispositions favorables à l’élaboration d’un “Airbus des batteries”.


English translation :

To a “Battery Airbus” ? The European Union gave its consent to 7 members states to subsidies a consortium of manufacturers called by Germany and France

Last Monday the European Union (EU) supported the project to create a « Battery Airbus » (Toute l’Europe). An expression used on several occasions that marks in particular a failure by the EU to establish a « Digital Airbus », thus becoming dependent on the technological innovations of foreign powers. That is why, later this year, French Minister of Economy Bruno Le Maire and his German counterpart met in Bercy in May to set up a consortium of manufacturers for the production of electric batteries, particularly in the automotive sector (Libération). Around €6 billion will be invested in a consortium of 17 companies, including PSA in France and BMW in Germany, which have received authorisation from Brussels to be subsidised by the 7 Member States involved in the project (Germany, France, Italy, Poland, Belgium, Sweden and Finland) for €3.2 billion, with Germany leading the way with €1.25 billion followed by France with €960 million (Usine nouvelle).

It was a great success for the Franco-German project, which called last May for other member countries to join it. By 2020, the objective is to « secure » the production of conventional liquid lithium-ion batteries in order to then move on to a production of « fourth generation » electric batteries that are more efficient than solid batteries. They are more stable, and require less or no cooling, unlike some liquid batteries. The most striking example being Samsung’s Galaxy smartphone note 7, which had ended up being banned from air flights. In addition, in the automotive sector, these new-generation batteries are beginning to prove their worth, like the Fisker battery, which would require 1 minute of charging for a range of 800 km (Les Numériques).

The EU is thus aiming to make its place in this market for electric batteries, which according to BCG’s estimates represents a potential 45 billion euros. To do so, it is planned to set up a pilot plant in New Aquitaine by the end of 2019, and by setting up a production site in France from 2022 and 2024 in Germany (L’Usine nouvelle). The objective is then explicit to catch up with the EU against the Chinese giants CATL, Panasonic from Japan and Samsung and LG from Korea, which produce up to 70% of the electric battery cells for the automotive industry, which represents one third of the added value of electric car production (Les Echos).  

It remains to be seen whether the industrial economic incentives and environmental concerns, recently reinforced by the European Commission, will create favourable provisions for the development of a « Battery Airbus ».

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