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Revue du presse du 21 au 27 septembre

Revue du presse du 21 au 27 septembre

Le nouveau pacte européen sur les migrations

  • Un nouveau plan à géométrie variable…

Mercredi 23 septembre, la Commission européenne a présenté son projet pour un nouveau pacte européen pour les migrations et l’asile dans le but d’assurer « le partage équitable des responsabilités et la solidarité entre les États membres tout en offrant une sécurité aux demandeurs individuels ». 

Le nouveau plan, imaginé pour remplacer l’Accord de Dublin, a notamment pour objectifs : d’instaurer de nouveaux contrôles obligatoires avant l’entrée sur le territoire, comprenant des contrôles de santé, d’identité et de sécurité ; une procédure d’asile à la frontière plus rapide, impliquant des décisions dans un délai de 12 semaines et le retour rapide des demandeurs déboutés ( BBC).

Consciente des réticences de certains États pour accueillir des migrants et demandeurs d’asile, notamment de la part de la Hongrie et de la Pologne, la Commission propose différents degrés d’implication dans le processus : la prise en charge de nouveaux arrivants, le « parrainage » des retours soit d’assurer, au nom d’autres États, le renvoi des personnes dont la demande d’asile a été rejetée, la fourniture d’un soutien opérationnel immédiat (bateau, matériels techniques, etc.) Toutefois chaque État serait légalement tenu de contribuer à sa « juste part » – basée pour moitié sur le PIB et pour moitié sur la taille de la population « options » (Financial Time).

  •  …qui provoque l’insatisfaction de tous bords

Ces annonces ont reçu un accueil assez mitigé, les pays du groupe de Višegrad ont en effet dès jeudi rejeté la proposition de la Commission (Euroactiv). Des ONG tel que Save the Children ou Amnesty International ont quant à eux estimé que le plan ne ferait rien pour alléger les souffrances des personnes dans les camps. Certaines personnalités de gauche, notamment Sophie in’t Veld, députée européenne libérale néerlandaise, ont dénoncé une « dérive autoritaire » de la politique migratoire européenne. Pour les pays de première ligne comme l’Italie et le parti populaire européen, ce projet est « une étape importante vers une véritable politique migratoire de l’UE » (The Guardian).

Pour prévenir les refoulements abusifs auxquels se livrent certains pays, un nouveau mécanisme de surveillance serait défini avec l’Agence européenne des droits fondamentaux, basée à Vienne. Par ailleurs le très vaste ensemble qu’elle a élaboré, la Commission suggère d’autres innovations : le regroupement familial serait facilité ; la participation à un sauvetage en mer ne pourrait être, à elle seule, un motif pouvant déclencher des poursuites judiciaires.

Enfin les Etats ne disposeraient pas d’un temps illimité – comme le prévoyait le dernier projet de réforme de Dublin – pour renvoyer vers le pays de première entrée un migrant séjournant illégalement sur leur territoire (Le Monde).

Encore marquée par le récent et terrible incendie du camp de Moria en Grèce, devenu le symbole de l’échec de la politique migratoire européenne :

« La Commission européenne espère surmonter, sans trop y croire, les divergences entre les Etats membres apparues au plus fort de la crise de 2015 » 

Le Monde

English translation

EU’s new migration pact 

  •  A plan based on variations of involvement…

On Wednesday, September 23rd, the European Commission presented its project for a new European Pact on Migration and Asylum with the aim of ensuring « fair sharing of responsibilities and solidarity between Member States while providing security for individual applicants ». 

The new plan, designed to replace the Dublin Agreement, aims to introduce new mandatory pre-entry checks, including health, identity and security checks ; a faster asylum procedure at the border, involving decisions within 12 weeks and the rapid return of rejected applicants (BBC).

Aware of the reluctance of some States to receive migrants and asylum seekers, notably Hungary and Poland, the Commission proposes different degrees of involvement in the process: taking charge of new arrivals, « sponsoring » returns, either to ensure, on behalf of other States, the return of people whose asylum applications have been rejected, providing immediate operational support (boat, technical equipment, etc.), or to provide a « sponsorship » of returns. However, each state would be legally obliged to contribute its « fair share » – based half on GDP and half on the size of the « option » population (Financial Time).

  • …that was already highly criticised 

These announcements have received a rather mixed reception, the countries of the Visegrad Group have indeed rejected the proposal of the Commission (Euroactiv) as early as Thursday. NGOs such as Save the Children or Amnesty International, for their part, considered that the plan would do nothing to alleviate the suffering of the people in the camps. Some left-wing personalities, notably Sophie in ‘t Veld, a Dutch liberal MEP, denounced an « authoritarian drift » in European migration policy. For frontline countries such as Italy and the European People’s Party, the project is « an important step towards a genuine EU migration policy » (The Guardian).

To prevent abusive refoulement by some countries, a new monitoring mechanism would be defined with the Vienna-based European Agency for Fundamental Rights. In addition to the very broad set of measures it has drawn up, the Commission suggests other innovations: family reunification would be facilitated; participation in a sea rescue could not, on its own, be a reason to trigger legal proceedings;

Finally, States would not have unlimited time – as provided for in the latest Dublin reform project – to send back to the country of first entry a migrant residing illegally on their territory (Le Monde).

Still marked by the recent and terrible fire in the camp of Moria in Greece, which has become the symbol of the failure of European migration policy :

The European Commission hopes to overcome, without too much faith, the divergences between member states that appeared at the height of the 2015 crisis

Le Monde

Léa Socheleau


Vaccins contre le Covid-19 : La course au meilleur vaccin, négociations et concurrence entre les États européens

  • Une course effrénée pour un vaccin, mais à quel prix ?

Depuis le début de la crise du Covid-19, la course au vaccin a largement compromis toute réponse cohérente et solide à la pandémie. En effet, au détriment de la santé et des besoins des populations, les Etats se sont lancés dans une course effrénée pour produire plus rapidement un vaccin, et ce, selon des logiques de pouvoir, de rivalité, de géopolitique, le fameux soft power (Le Monde).

Récemment, cette course est devenue une réelle compétition. L’idée qu’un État devrait être le premier à gagner cette course, en oubliant tous les efforts nécessaires pour développer et commercialiser un vaccin, semble satisfaire des intérêts financiers et géopolitiques. Dans la course au vaccin Covid-19, les autorités britanniques vont lancer le premier « challenge infectieux humain », une méthode d’injection du virus à des sujets sains auxquels on a préalablement administré un vaccin expérimental pour observer l’efficacité de la protection.

Théoriquement ingénieux, il en est autrement dans la pratique. D’une part, il est difficile de trouver des personnes prêtes à contracter le virus, et d’autre part, on connaît encore très mal ce virus. Ce challenge infectieux semble être éthiquement indéfendable (The Guardian). 

  • Des fragilités dans la course européenne

La Commission européenne a conclu, au nom des 27 États membres de l’UE, des accords avec cinq entreprises pharmaceutiques travaillant sur le vaccin. Les équipes de négociation sont tenues secrètes, compte tenu de l’explosion du budget européen injecté dans cette course (Europa).

Compte tenu de la pression politique actuelle, les laboratoires financés par la Commission européenne ne divulguent pas l’état de leurs recherches, car des pays concurrents travaillent également sur le vaccin. Il a été révélé qu’en France, Sanofi, qui a reçu un important financement du gouvernement pour le développement d’un vaccin contre le virus, a menacé de fournir en priorité les États-Unis afin d’obtenir davantage de financement européen.

La Commission européenne a finalement conclu un accord avec le laboratoire garantissant l’achat de 300 millions de doses (Le Monde). Il est clair que cette compétition a des conséquences dramatiques à l’échelle mondiale. Urgence et rentabilité ne « vont pas de pair », comme le rapporte la presse étrangère (Courrier international).


English translation

Vaccines against Covid-19: The run for the best vaccine, negotiations, and competition between European States

  • A frantic race for a vaccine, but at what price ?

Since the beginning of the Covid-19 crisis, the vaccine run has largely compromised any coherent and sound response to the pandemic. In fact, to the detriment of the health and the needs of the populations, the States launched into a frantic race to produce a vaccine more quickly, and this, according to logics of power, rivalry, geopolitics, the famous soft power (Le Monde).

Recently, this race has become a real competition. The idea that a state should be the first to win this run, forgetting all the effort required to develop and market a vaccine, seems to satisfy financial and geopolitical interests. In the run for the Covid-19 vaccine, British authorities will launch the first « human infectious challenge, » a method of injecting the virus into healthy subjects who have previously been given an experimental vaccine to observe the effectiveness of protection.

Theoretically ingenious, but practically hugely different. On the one hand, it is difficult to find people who are ready to contract the virus, and on the other hand, there is still a lack of knowledge about the virus. This infectious challenge seems to be ethically indefensible (The Guardian). 

  • Fragilities in the run of the EU

For its part, the European Commission, on behalf of the EU-27, has entered into agreements with five pharmaceutical companies working on the Covid vaccine. The negotiating teams are being kept secret in light of the fact that the European budget for vaccine research has exploded (Europa).

Given the current political pressure, European Commission-funded laboratories are not disclosing the status of their research, as competing countries are also working on the vaccine. It was revealed that in France, Sanofi, which has received a large amount of government funding for the development of a vaccine against Covid, threatened to supply the United States as a priority in order to obtain more government funding from the European Union. 

The European Commission finally reached an agreement with the laboratory guaranteeing the purchase of 300 million doses (Le Monde). It is clear that this competition has dramatic consequences on a global scale. Urgency and profitability do not « go hand in hand », as reported in the foreign press (Courrier international).

Charlotte Bouchex


L’Union européenne refuse de reconnaître Loukachenko comme président de la Biélorussie

Source : Le président biélorusse Alexandre Loukachenko prête serment, @anygator.com

  • L’UE ne reconnaît pas les résultats falsifiés »

Ce jeudi 24 septembre, Joseph Borrell, Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré que l’Union européenne refusait de reconnaître Alexandre Loukachenko comme président de la Biélorussie malgré sa prestation de serment : « L’élection du 9 août n’était ni libre ni équitable. L’UE ne reconnaît pas les résultats falsifiés. En conséquence, la soi-disant « prestation de serment » du 23 septembre et le nouveau mandat dont se réclame Alexandre Loukachenko n’ont aucune légitimité démocratique » et « contredisent directement la volonté de larges pans de la population biélorusse ».

En effet, M. Loukachenko a prêté serment pour un sixième mandat de président ce mercredi 23 septembre lors d’une cérémonie qui s’est déroulée sans annonce préalable et qui n’a été rendue publique qu’après coup (Politico). L’annonce a entraîné une nouvelle manifestation de l’opposition à Minsk, réprimée par de nombreuses interpellations. A ce propos, Joseph Borrel a déclaré : « Nous réitérons que nous attendons des autorités biélorusses qu’elles s’abstiennent de toute répression et violences supplémentaires contre le peuple de Biélorussie et qu’elle libèrent immédiatement et sans conditions tous ceux qui ont été arrêtés » (Le Monde).

  • Un accord difficile à trouver autour des sanctions

En conséquence, l’UE réexamine actuellement ses relations avec la Biélorussie. Selon Le Monde, l’UE serait en effet en train de préparer des sanctions contre une quarantaine de personnes jugées responsables de la répression et envisage également de sanctionner Alexandre Loukachenko. Mais les Etats ne sont pas parvenus à trouver un consensus. Ainsi, le gouvernement chypriote conditionne son accord à l’adoption de mesures à l’encontre de la Turquie, pour contraindre cette dernière à cesser ses explorations dans ses eaux territoriales (Les Echos). De plus, la Suède et la Finlande refusent de sanctionner M. Loukachenko pour permettre une médiation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe qui sera présidée par la Suède. La question sera discutée à Bruxelles lors du prochain sommet des dirigeants européens les 1er et 2 octobre.


English translation

European Union refuses to recognise Lukashenko as President of Belarus

  • “The European Union does not recognise their falsified results”

On Thursday 24 September, Joseph Borrell, High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy, said that the European Union refused to recognise Alexander Lukashenko as President of Belarus despite his swearing in: “The 9 August Belarus Presidential elections were neither free nor fair. The European Union does not recognise their falsified results. On this basis, the so-called ‘inauguration’ of 23 September 2020 and the new mandate claimed by Alexander Lukashenko lack any democratic legitimacy » and “contradicts the will of large parts of the Belarusian population”. 

Indeed, Mr. Lukashenko was sworn in for a sixth term as president on Wednesday 23 September at a ceremony that took place without prior announcement and was only made public afterwards (Politico). The announcement led to a new demonstration by the opposition in Minsk, which was repressed by numerous arrests. On this subject, Joseph Borrel declared: “We reiterate our expectation that the Belarusian authorities immediately refrain from any further repression and violence directed against the Belarusian people and immediately and unconditionally release all those detained, including political prisoners” (Le Monde).

  • Difficulties to build a common position on sanctions

Hence, the EU is currently reviewing its relations with Belarus. According to Le Monde, the EU is indeed preparing sanctions against some 40 people deemed responsible for the repression and is also considering sanctioning Alexander Lukashenko. But the states have not been able to reach a consensus. The Cypriot government is making its agreement conditional on the adoption of measures against Turkey to force the latter to stop its explorations in its territorial waters (Les Echos). Furthermore, Sweden and Finland refused to sanction Mr Lukashenko in order to allow mediation by the Organisation for Security and Cooperation in Europe, which will be chaired by Sweden. The issue will be discussed in Brussels at the next summit of European leaders on 1 and 2 October.

Claire Gaillard

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